Le mouvement international Extinction Rebellion lance la Rébellion Internationale d’Octobre. Le 7 octobre commence une série d’actions de désobéissance civile dans une soixantaine de grandes villes du monde entier. En France, plusieurs actions et occupations à durée indéterminée sont annoncées à Paris.

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Une action d’Extinction Rebellion à Londres en novembre 2018. PHOTO//Julia Hawkins, CC BY 2.0

Samedi 5 octobre, des centaines de militants écologistes, dont ceux d’Extinction Rebellion (XR) ont bloqué l’accès au centre commercial Italie 2 à Paris pendant 17 heures. C’était une avant-première. Désormais, le mouvement prévoit au moins une semaine d’actions de désobéissance civile dans la capitale. Si les lieux précis de blocage sont tenus secrets jusqu’au dernier moment, la teneur des actions est annoncée.

Des actions et occupations à Châtelet

Depuis le lundi 7 octobre, c’est l’ « occupation pour la suite du monde« . Au programme : des assemblées citoyennes, des ateliers permaculture, une action de sensibilisation à la surpêche, des animations pour enfants, des concerts, des conférences, de la cuisine collective… Elles se tiennent Place du Châtelet et dans les rues adjacentes. Le mouvement invite les citoyens à venir « quelques heures ou quelques jours sur ce blocage citoyen, festif et artistique« .

Jeudi 10 octobre, le mouvementa organisé un blocage de la circulation fluviale sur la Seine dans le cadre de son opération « Demain tous migrants!« . Objectif: alerter sur les déplacements à venir de plusieurs centaines de millions d’habitants obligés de fuir un climat devenu invivable. Le lendemain, « une vague immense et joyeuse de vélos » est invitée à venir remplacer le trafic motorisé. Départ à 14h30 de la Station de métro Boissière.

Tout au long de la semaine, l’action « Le plastique nous intoxique » organise des actions dans des supermarchés pour dénoncer les plastiques inutiles et proposer des alternatives. En parallèle, des militants mèneront une « une campagne d’affichage massive dans les rues de Paris« . Samedi 12 octobre, tous les emballages récupérés seront déversés « devant un lieu du pouvoir« . Ce même jour marquera le point d’orgue de la mobilisation. Le mouvement investira « un quartier de Paris en menant des actions de blocage – de grande ampleur – de la circulation et de réappropriation de l’espace public« . Tout au long de la journée, les groupes locaux XR proposeront « de multiples actions très mobiles tout au long de la journée« .

Extinction Rebellion : la désobéissance civile au coeur de la stratégie

Extinction Rebellion est un mouvement international de désobéissance civile en lutte contre l’effondrement écologique et le réchauffement climatique. Lancé en octobre 2018 au Royaume-Uni, il serait désormais présent dans une cinquantaine de pays. Il revendique 6 000 militants en France et 67 groupes locaux.

XR France défend 4 revendications pour « combattre la destruction du monde vivant par les gouvernements et les multinationales« . En premier lieu, « la reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet« . Il appelle à une « réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025 » et non en 2050 ou plus tard. Le mouvement demande « l’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant. » Enfin, il exige « la création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable« .

Des mouvements écologistes qui se radicalisent

Pour mener à bien ses actions, le mouvement se repose sur 10 principes fondateurs. Entre autres, l’action non-violente, la création de structures autonomes et décentralisées pour une mobilisation de masse organisée. XR défend le respect des individus, une participation équitable et la construction d’une culture régénératrice favorisant la résilience. Il se base sur les travaux d’Erica Chenoweth, professeure en Politiques publiques à la Harward Kennedy School et au Radcliffe Institute for Advanced Studies aux Etats-Unis, selon lesquels il suffit de mobiliser 3,5% de la population d’un État pour réussir une révolution non-violente.

Les mouvements écologistes appelant à des actions plus radicales pour forcer les gouvernements à agir se multiplient. Dans ce contexte, sur France Inter, l’ancienne ministre de l’écologie Ségolène Royal a appelé à « réprimer rapidement » les mouvements comme Extinction Rebellion. Malgré le caractère de non-violence revendiqué, elle estime qu’ « il y a une instrumentalisation de l’écologie par ces groupes violents et il faut les réprimer très rapidement, parce que c’est une dégradation de l’image de l’écologie. »

Auteur : Matthieu Combe, journaliste du webzine Natura-sciences.com


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