Depuis lundi 7 octobre, le mouvement Extinction Rebellion occupe la place du Châtelet et ses environs à Paris pour inciter le gouvernement à agir contre l’effondrement écologique. Alors que la « ZAD de Châtelet » tient bon, les militants cherchent à étendre leur zone d’occupation. Reportage sur place.

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Des assemblées citoyennes décident de l’avancée des blocages. PHOTO//Matthieu Combe, Natura-sciences.com

[MAJ du 14 octobre 2019] : La levée de la « ZAD » décidée en Assemblée générale est effective depuis vendredi soir. Le Pont au Change et la Place du Châtelet sont de nouveau accessibles aux véhicules.

La place du Châtelet développe ces derniers jours des allures de ZAD. En témoignent les tentes, les espaces de dialogues et les assemblées citoyennes qui s’élèvent en plein cœur de la capitale. Le blocage se veut non violent. « Pas de détérioration, pas de dégradation », « pas de tag, pas de collage », « respectueux, non violent et sobres », peut-on lire sur les pancartes accrochées un peu partout. Il y a bien quelques abribus tagués, mais dans l’ensemble, les dégradations restent faibles pour l’instant et les forces de l’ordre se tiennent à distance.

Extinction Rebellion, proche de la Mairie de Paris

Comme plusieurs centaines d’autres militants de tous horizons, Benoît campe ici depuis lundi. Il participe au blocage de la rue de Rivoli au niveau de l’Hôtel de Ville depuis ce jeudi matin sous l’étiquette d’Extinction Rebellion. « Comme cela se passe bien, on a décidé d’étendre l’espace à la rue de Rivoli, explique-t-il. On est là pour rester aussi longtemps que possible, mais la suite de l’occupation sera décidée en assemblée générale (AG). » Objectif : bouleverser encore davantage la circulation automobile et obtenir une réaction du gouvernement. Pour l’instant, il semble tout simplement attendre que l’occupation s’essouffle et que les militants s’en aillent d’eux-mêmes.

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Des militants écologistes décident d’étendre le blocage à la rue de Rivoli ce jeudi. PHOTO//Matthieu Combe, Natura-sciences.com

De petits groupes se forment et décident en toute indépendance d’actions mobiles tout au long de la journée. D’un côté, quelques dizaines de personnes décident de bloquer un McDonald’s. De l’autre, c’est une action pour dénoncer les emballages en plastiques dans le Monoprix du Forum des Halles. Pendant ce temps, d’autres préfèrent échanger, sensibiliser les passants, animer des ateliers, jouer de la musique. Enfin, il y a ceux qui restent enchaînés pour bloquer les accès et défendre le camps.

Lire aussi : Extinction Rebellion : actions et occupations à Paris contre l’effondrement écologique

Un peu plus loin… sur la ZAD de Châtelet

L’accès du Pont au Change, côté Ile de la Cité est entièrement bloqué par la police, aussi bien pour les piétons que pour les véhicules. A l’autre bout du pont, la vie militante s’organise. Quelques centaines de militants occupent la zone. Au bout de trois jours d’occupation, ce jeudi lors d’une assemblée citoyenne, certains militants s’interrogent sur la suite à donner au mouvement. Faut-il rester sur place? Démultiplier les lieux d’occupation? Partir pour mieux revenir?

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Sur le Pont au Change, face au blocage de la police, des militants campent. PHOTO//Matthieu Combe, Natura-sciences.com

La suite à donner à l’occupation sera décidée en AG. « Il y a des AG locales par barrage , des AG centralisées et des discussions en parallèle« , explique Benoît. Dans ces conditions, difficile d’avoir une vision claire de ce qu’il va se produire dans les prochains jours. Mais pour l’instant, l’idée d’avoir « une base » sur la place du Châtelet séduisait.

Auteur : Matthieu Combe, journaliste du magazine Natura-sciences.com


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