C’est l’été et les Français profitent des piscines pour se rafraîchir. Entre 2000 et 2015, le parc est passé de 708.000 piscines privées à plus de 1,8 million sur le territoire. Mais peut-on construire une piscine écologique? C’est l’objectif de la Fédération des Professionnels de la Piscine pour répondre au défi de la transition écologique et construire des piscines basse consommation.

piscine écologique

Les piscines avec abri permettent de réduire les produits de traitement et le chauffage. PHOTO// Aladdinconcept

Les piscines sont de plus en plus petites et consomment moins d’énergie. La pompe devient moins puissante, il y a moins d’eau à chauffer et moins d’eau à traiter. Selon la Fédération des Professionnels de la Piscine (FPP), « en 30 ans, le volume d’eau nécessaire au remplissage d’une piscine moyenne a été divisé par trois, la consommation d’énergie annuelle nécessaire à la filtration par 4 et celle des chauffages par plus de 9 ». Sur les 1,8 million de piscines privées du territoire, 1,1 million sont enterrées et 733.200 sont hors-sol.

Une plus faible consommation en eau

En 1980, une piscine moyenne avait des dimensions imposantes : 12 x 6 m et 1,8 m de profondeur. En 2015, elle ne faisait plus que 8 x 4 m pour 1,4 m de profondeur. « Le volume d’eau utile à son remplissage a donc fortement diminué, passant de 130 m3 à seulement 45 m3, soit un volume d’eau trois fois moindre », insiste la FPP. « En 2025, les piscines pourraient faire en moyenne 7 x 3 m pour une profondeur de 1,30 m, représentant un volume d’eau de seulement 27 m3 », prévient la fédération qui estime que l’impact d’une piscine de 8 x 4 m est de 350 kg de CO2 par an.

Pour maîtriser la consommation d’eau, la FPP conseille de renouveler au maximum un tiers du bassin chaque année. Dans la moyenne des régions, le renouvellement d’eau peut même se faire grâce à la pluie. Par ailleurs, « les systèmes permettant de recouvrir les bassins comme les couvertures à bulles, à barres, les volets automatiques, les abris limitent l’évaporation et donc la consommation d’eau », estime l’organisme. Enfin, les nouveaux robots nettoyeurs nettoient le fond de la piscine automatiquement, et facilitent la filtration. Grâce à toutes ces astuces, la consommation annuelle pour les piscines de 4 x 8 m ne devrait pas excéder 15 m3.

Piscine écologique: mieux traiter l’eau pour moins polluer

La FPP assure que 80% du traitement de l’eau est effectué par la filtration mécanique. Le traitement avec des produits chimiques, indispensable pour éradiquer les bactéries et avoir une eau saine compte pour 20%. De nombreuses alternatives au chlore en galet, utilisé exclusivement dans les années 80, ont vu le jour. Il y a notamment l’électrolyse au sel et des dispositifs de traitement automatiques. Ces derniers traitent l’eau uniquement lorsque cela est nécessaire et injectent uniquement la dose utile de produits au traitement du bassin. Mais les moyens les plus propres restent les traitements alternatifs au chlore : à l’oxygène actif, à l’ozone ou encore aux UV.

En cas de doute sur la qualité de son eau, les propriétaires peuvent faire analyser leur eau auprès des pisciniers. Et se faire conseiller sur les produits adaptés et le dosage précis pour équilibrer l’eau.

Lire aussi : Où recycler vos produits chimiques ?

Une meilleure pompe et moins de chauffage

Les volumes d’eau des piscines diminuant, la consommation d’énergie des systèmes de filtration diminue également. Par ailleurs, les systèmes de filtration privilégient désormais l’allongement du temps de filtration sur la puissance. Les moteurs à faible puissance s’installent. En 1980, une pompe de filtration de 2 600 Watts permettait de filtrer 25 m3/h pour une consommation annuelle de 5 600 kilowattheures (kWh). Mais en 2015, un équipement de 700 Watts permet de filtrer 12 m3/h pour une consommation de 1 500 kWh/an. Des systèmes de filtration de 200 Watts à vitesse de filtration adaptable peuvent même limiter la consommation énergétique à 860 kWh/an.

chauffageMoins d’une piscine sur trois est quipée d’un système de chauffage. Pour les piscines équipées d’un tel système, la consommation énergétique est passée de 15 000 kWh par an en 1980, avec un réchauffeur électrique ou un échangeur, à 1 570 kWh/an en 2015, avec une pompe à chaleur. Pour une empreinte environnementale plus faible, en été, une simple couverture isotherme permet de préserver la température de l’eau. Il existe aussi des couvertures automatiques à lames solaires pour bénéficier d’une eau chauffée sans énergie fossile.

Des LED et un abri piscine pour une plus faible consommation énergétique

« Les abris peuvent également permettre de conserver une température de baignade idéale, car l’effet de serre apporte une augmentation de 6 à 10 degrés de la température de l’eau », assure la FPP. Par ailleurs, l’abri facilite l’entretien de la piscine en limitant la chute d’impuretés et protège de la pluie et du vent pendant la baignade.
Le nombre de nouveaux abris installés annuellement a doublé entre 2003 et 2015, pour atteindre un total de près de 180 000 abris sur le territoire. Dans le secteur des abris, le savoir-faire des 40 fabricants français qui se partagent le marché est largement reconnu. Les abris vendus sur le territoire sont en majorité « made in France », à 86,8% en 2015. Pour un prix compris entre environ 7 000 et 25 000 euros.

Enfin, l’éclairage des piscines était assuré en moyenne par deux ampoules de 300 watts chacune dans les années 1980. Aujourd’hui, une LED de 30 watts suffit à éclairer un bassin. Bientôt, une seule LED multicolore de 15 watts fera l’affaire.

Améliorer son installation existante

Plusieurs équipements peuvent être ajoutés ou remplacés sur les piscines existantes pour réduire son empreinte environnementale. Les axes prioritaires consistent à couvrir le plan d’eau lorsqu’il n’est pas utilisé, en utilisant une couverture ou un abri. Mais aussi de remplacer la pompe de filtration pour réduire sa consommation électrique. Trois autres axes sont également importants : assurer un bon équilibre de l’eau, faire appel à un robot-nettoyeur ou encore utiliser des systèmes alternatifs au chlore pour traiter l’eau.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

La rédaction vous conseille aussi :