Le rétrofit des véhicules thermiques en véhicules électriques à batterie ou à pile à combustible est désormais légal. Bientôt, votre garagiste pourra vous proposer de transformer votre véhicule thermique en électrique. Le coût devrait toutefois limiter dans un premier temps ces travaux aux véhicules haut-de-gamme et de collection.

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Le nouvel arrêté autorise le rétrofit de tous véhicules de plus de cinq ans. Ici une Austin mini rétrofitée par l’entreprise Ian Motion//PHOTO Ian Motion

Un nouvel arrêté daté du 13 mars autorise la transformation de tous les véhicules thermiques de plus de 5 ans et des deux et trois roues motorisés de plus de 3 ans en véhicules électriques. « La limite des cinq et trois ans constitue un compromis trouvé avec les constructeurs pour ne pas être en concurrence directe avec les véhicules neufs », précise Aliou Sow, secrétaire général de la Fédération Nationale de l’Artisanat Automobile (FNA). Cela concerne aussi bien les voitures particulières que les véhicules utilitaires, les camions, les bus et les cars.

Dans les faits, le rétrofit restera d’abord trop cher pour les particuliers qui se rendent dans un garage de quartier pour transformer des citadines classiques. « Payer 20.000 euros pour rétrofiter une Twingo n’est vraisemblablement pas très utile pour un particulier, lorsque vous avez des véhicules électriques neufs moins chers », concède Jérémy Cantin, PDG d’e-Néo, société spécialisée dans le rétrofit de tous véhicules. « Pour les particuliers, le rétrofit s’orientera dans un premier temps vers les véhicules haut-de-gamme, les véhicules de collection et les SUV, prévient-il. Nous pourrons également proposer des solutions pour les véhicules à 7 ou 9 places pour les familles nombreuses pour lesquels il n’existe pas d’offre en électrique. »

Créer une filière pour rétrofiter les véhicules des particuliers

Une dizaine de start-ups se lancent déjà sur ce marché. Regroupées au sein de l’association AIRe, leur offre varie. Certaines se spécialisent dans le rétrofit de véhicules utilitaires, d’autres dans les voitures anciennes, les scooters ou encore les motos. Leur modèle économique varie tout autant. Ian Motion propose aux particuliers de rétrofiter leur Austin mini. Retrofuture mise plutôt sur l’achat de véhicules thermiques, la conversion en série, et la revente des véhicules rétrofités. Retrofuture propose ainsi un large catalogue de véhicules historiques rétrofité : Rolls Royce, Range Rover, Mustang, coccinelle, etc. Transition-One fait le même pari pour les citadines. La société veut augmenter les volumes de transformation pour faire baisser les coûts. Elle se spécialise donc dans la revente de citadines rétrofitées en série.

Le développement du rétrofit dépendra du coût des dispositifs. « L’arrêté est paru, mais on ne sait pas encore exactement le coût d’homologation des véhicules donc le prix final pour le particulier reste encore incertain », précise Jérémy Cantin. Il n’y a pas encore de filière structurée, mais l’association AIRe et la FNA souhaitent faciliter le développement du rétrofit dans l’Hexagone et former les personnels dans les garages. « L’arrêté donne un cadre normé pour montrer que la transformation est faite dans les règles de l’art et ne pose aucun problème de sécurité, précise Aliou Sow, secrétaire général de la Fédération Nationale de l’Artisanat Automobile (FNA). La procédure sera menée par des installateurs agréés, avec des obligations de formation et l’achat d’équipements homologués. »

Concrètement, comment procéder ?

Les fabricants devront obtenir une homologation par type de véhicule transformé auprès de l’UTAC. « L’homologation par type est donnée pour un type de véhicule doté d’un dispositif qui pourra être reproduit par la suite », précise Jérémy Cantin. À l’issue de chaque transformation, l’installateur fournit une attestation de transformation au fabricant et un certificat de conformité au titulaire du certificat d’immatriculation pour sa mise à jour.

Les installateurs habilités devront vérifier que les conditions de transformation du véhicule sont compatibles avec les exigences en matière de sécurité conformément à son homologation. En plus, ils devront s’assurer que le véhicule à transformer est en bon état mécanique. « Si le choix de la conversion est retenu, le garagiste fait au préalable toutes les révisions nécessaires : les freins, la suspension, la direction, les pneus, etc. », conclut Jérémy Cantin.

Auteur : Matthieu Combe, journaliste du magazine Natura Sciences


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