A l’occasion du Salon International de l’agriculture 2017, Airinov présente les dernières avancées de son drone agricole. Ce drone dresse un bilan de santé des plantes et optimise les engrais pour les cultures de blé, orge, triticale et colza.

airinov drone agricole

Décollage du drone eBee sur culture de blé. PHOTO//Airinov

Plus de 8.000 agriculteurs ont déjà fait appel aux services d’Airinov en France. Fin 2016, environ 250.000 hectares de cultures avaient été cartographiés par ses drones agricoles. L’entreprise profite du salon de l’agriculture 2017 pour en lancer deux petits nouveaux. En plus de son traditionnel drone eBee déployé par son réseau de 60 opérateurs, l’entreprise propose désormais son nouveau drone Ebee SQ et le quadricoptère 3 DR Solo. « Nos drones constituent l’oeil déporté de l’agriculteur, plus puissant et objectif », résume Romain Faroux, Président d’Airinov

Parrot est entré au capital de l’entreprise en 2014. Cela a permis à Airinov de délaisser la production de ses drones. Ils sont désormais assemblés en Suisse par senseFly, filiale de drones professionnels de Parrot. Leur production est ainsi industrialisée, ce qui a fait chuter les prix. Airinov se concentre donc aujourd’hui sur l’agronomie, la logistique et le service aux agriculteurs.

Airinov répand les drones agricoles

Quel est l’intérêt de ces nouveaux drones? Par rapport à l’eBee, la version SQ a une autonomie prolongée à 45 minutes, contre 30 minutes. « Il est donc adapté à un usage intensif et permet de cartographier plusieurs centaines d’hectares en un seul vol », se félicite Tiphaine Croville, responsable de la communication d’Airinov. Le capteur a été miniaturisé et sa production industrialisée. Les deux drones sont rapides. Ils survolent 3 hectares par minutes, à 150 mètres au-dessus des parcelles.

La différence découle surtout de l’utilisation qui en est faite. Au-delà de ses distributeurs et de son réseau d’opérateurs, Airinov souhaite rester au plus près des territoires de ses clients. « Le drone eBee est réservé à notre réseau d’opérateurs qui se déplace de ferme en ferme, alors que le drone eBee SQ est plutôt destiné à des agriculteurs qui veulent  à la fois réaliser les vols au-dessus de leurs parcelles et diversifier leur activité en survolant, par exemple, les parcelles de leurs voisins », précise Tiphaine Croville. Et il est plus abordable : son prix passe de 14.990 HT à 9.490 HT. De quoi démocratiser les drones dans les champs.

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Le drone agricole de plus en plus abordable

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Le drone 3 DR devient le drone personnel des agriculteurs et sert aux chercheurs agronomiques. PHOTO//Airinob

L’autre petit nouveau drone agricole, c’est le 3 DR Solo. Doté d’une autonomie de 25 minutes, il survole 1 hectare par minute. Proposé à 4.990 HT, il est voué à être le drone personnel de l’agriculteur. « Les agriculteurs réalisent eux-mêmes les vols, en toute indépendance », note la jeune communicante.

« Le prix va de 10 à 15 € par hectare pour l’agriculteur sur le colza. On fait deux cartographies : une en décembre et une en janvier, qui vont donner une cartographie de préconisations d’engrais à apporter », explique Romain Faroux. Du côté des économies réalisées, Airinov soutient une augmentation de marge nette pour l’agriculteur d’environ 69 €/ha/an pour le blé. Et de 107 €/ha/an pour le colza. Ces chiffres ont été obtenus grâce au suivi sur 3 ans des performances avec Ocealia, une coopérative collectrice de céréales. 205 parcelles de colza et 500 de blé ont été suivies. En fonction de la taille de son exploitation, le retour sur investissement peut donc être très rapide.
De nouveaux services et de la recherche

Jusqu’à présent, Airinov proposait ses cartographies pour les besoins d’engrais des plantes en montaison. L’entreprise propose désormais de piloter la fertilisation dès le stade épi 1 cm. En plus, la start-up propose une offre « tour de plaine ». Celle-ci consiste à suivre le développement du couvert (aux de chlorophylle), le stress hydrique et les dégâts aux cultures. Par ailleurs, une offre est dédiée aux recherches agronomiques menées par exemple par les coopératives et les semenciers, avec le drone 3 DR. Airinov continue aussi de développer ses modèles numériques. D’autres projets sont dans les cartons, notamment sur les arbres fruitiers, la vigne et la hauteur d’herbe optimale pour les prairies.

Drone agricole eBee : mode d’emploi !

Le vol est assuré par l’un des opérateurs déployés sur le territoire ou par les agriculteurs lorsqu’ils sont équipés. Lancé à la main, le drone va commencer son vol automatique. Il est programmé pour photographier et enregistrer la lumière reflétée par le feuillage (réfléctance). Pour ce faire, il est équipé d’un capteur qui enregistre la couleur des plantes dans quatre parties distinctes de la lumière (vert, rouge, proche infra-rouge et red-edge). Il est muni d’un capteur de lumière pour corriger les variations d’éclairement et s’affranchir des passages nuageux. A partir de la « vraie » couleur des feuilles obtenue après ces corrections, Airinov produit des informations agronomiques inédites, comme la biomasse, l’azote absorbé et la matière sèche.

Une fois ces données enregistrées, elles sont entrées dans un modèle agronomique qui va les traduire en cartographie de besoins de la culture. La carte est délivrée en 4 jours maximum, après analyse et vérification par un ingénieur agronome. Elle résume les mesures et constitue un véritable « scan » de l’exploitation. Elle fournit des préconisations pratiques pour traiter au mieux les cultures et faire ainsi des économies d’engrais.

Le drone agricole peut être utilisé sur toute taille d’exploitation. En 2016, Airinov estime avoir assuré plus de 80% des vols professionnels de drones déclarés pour l’agriculture en France. Son développement européen concrétise ces succès. À travers l’Europe, de fermes en fermes, le réseau s’élargit. La technologie est désormais présente au Royaume-Uni, en Allemagne, en Scandinavie et aux Pays-Bas. Elle débarque aussi en Afrique, notamment au Ghana, en Côte d’Ivoire et au Maroc. Une quarantaine d’opérateurs se répartissent à l’étranger, pour environ 2.000 agriculteurs.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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