Selon la nouvelle édition des Chiffres clés de l’ADEME, la consommation énergétique des bâtiments résidentiels diminue, mais s’accompagne d’une hausse des consommations des appareils électriques. Analyse.

consommation des bâtiments

La consommation baisse nettement dans le bâti le plus récent : 86 % des résidences principales neuves sont classés A ou B depuis 2013. Les éco-quartiers jouent un rôle de moteur. PHOTO// Bouygues-immobilier

L’ADEME note que les bâtiments représentent près de 41 % de la consommation finale d’énergie en France. A eux seuls, les bâtiments résidentiels englobent 26 % de la consommation finale d’énergie et 20 % des émissions nationales de CO2. La majorité de cette consommation est due aux résidences principales construites avant 1975 qui représentent 54 % du parc. « Rapportées au m2, les consommations des logements les plus anciens se situent près de 50 % au-dessus de celles des logements récents : plus de 200 kWh/m2 [kilowattheure par mètre carré] pour les logements antérieurs à 1970, 140 kWh/m2 pour les logements construits depuis 2006 », relève l’ADEME. La consommation baisse nettement dans le bâti le plus récent : 86 % des résidences principales neuves sont classés A ou B depuis 2013 et consomment donc moins de 91 kWh d’énergie primaire par m2 par an (kWhep/m2/an) pour le chauffage et l’eau chaude. Les autres appareils électriques représentant environ 17 % de l’énergie des logements, la plupart des logements neufs consomment moins de 105 kWh/m2.

Rénover pour diminer la consommation des bâtiments

La consommation énergétique des bâtiments résidentiels baisse néanmoins lentement. Les travaux de rénovation, dont l’installation de chaudières plus performantes, l’isolation thermique… ont permis de réduire sensiblement les consommations unitaires des logements. Plusieurs sites d’information, à l’instar de Quelleenergie.fr proposent aux particuliers des diagnostics pour les aider à choisir les travaux d’économies d’énergie qui feront baisser leur facture. Notamment, les défauts d’isolation (toit, murs, fenêtre, plancher bas) sont répandus dans le bâti. Aussi, il est préférable d’engager avant tout des travaux d’isolation pour bien conserver la chaleur dans le logement avant de changer une chaudière ou d’installer un poêle à bois par exemple (en savoir plus sur l’isolation thermique).

En 2012, la consommation du parc atteignait 186 kWh/m²/an en moyenne, ce qui équivaut à la classe D de l’étiquette énergie. L’objectif du Grenelle est une baisse de 38% de la consommation énergétique de l’ensemble du parc de bâtiments existants en 2020 par rapport à 2008 et de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 50 %. La consommation devra alors atteindre une moyenne de 150 kWh/an. Par ailleurs, il vise à généraliser la construction de Bâtiments Basse Consommation (50 kWhep/m2/an) à partir de fin 2012, puis la construction de Bâtiments à Énergie Positive (BEPOS) en 2020. La loi de transition énergétique pour la croissance verte vise quant à elle une consommation de 50 kWh/m2/an, pour l’ensemble du parc en 2050.

Le chauffage est le poste de consommation d’énergie qui a plus fortement diminué depuis 1990 (-33%). Mais la croissance des consommations liées aux appareils électriques fausse ces bons résultats. Depuis 1990, les consommations des appareils électriques ne concernant ni le chauffage, ni l’eau ni la cuisson, ont augmenté de 43 %. De quoi montrer l’importance que la rénovation des bâtiments anciens et la bonne performance des nouveaux bâtiments ne suffisent pas. Les bons gestes à adopter pour diminuer sa consommation énergétique sont aussi capitaux.

Lire aussi : Quelles aides pour la rénovation énergétique de votre logement ?

Un cadre réglementaire important

La loi transition énergétique pour la croissance verte impose à l’ensemble du parc immobilier, d’ être rénové en fonction des normes « bâtiments basse consommation » à l’horizon 2050. « La France se fixe comme objectif de rénover énergétiquement 500 000 logements par an à compter de 2017, dont au moins la moitié est occupée par des ménages aux revenus modestes, visant ainsi une baisse de 15 % de la précarité énergétique d’ici 2020 », stipule l’article 3. 800 000 logements sociaux devront être rénovés en 2020 pour ramener leur consommation de 230 kWhep/m2/an à 150 kWhep/m2/an.

Le Gouvernement veut s’attaquer en priorité aux bâtiments les plus énergivores. D’ici 2025, « tous les bâtiments privés résidentiels dont la consommation en énergie primaire est supérieure à 330 kilowattheures d’énergie primaire par mètre carré et par an doivent avoir fait l’objet d’une rénovation énergétique ».

La loi instaure aussi l’obligation de réaliser des travaux de rénovation énergétique, dès lors qu’un bâtiment subit de lourds travaux d’entretien. Cela comprend les ravalements importants, la réfection ou l’isolation de la toiture, l’installation d’équipements de contrôle et de gestion active de l’énergie ou encore les travaux d’aménagement de nouvelles pièces pour les rendre habitables. Pour les copropriétés, cette obligation concernera seulement les travaux affectant les parties communes.

Auteur : Raphaël Petit, journaliste du webzine Natura-sciences.com

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