Si les fast-food sont des cancres des déchets, des solutions existent pour les inciter au changement. Réduire les déchets à la source, remplacer le jetable par du réutilisable et des consignes… voici quelques solutions simples à mettre en place !

fast-foods déchets

En absence de réduction à la source et de tri, les déchets des fast-foods s’accumulent un peu partout. PHOTO//CCo Domaine public

L’association Zero Waste France a porté plainte, le 18 octobre, contre un McDonald’s et un KFC, situés place de la République à Paris. Elle les accuse de violer leurs obligations en matière de gestion des déchets. Le même jour était diffusé le percutant reportage Déchets : les fast-foods hors-la-loi d’Envoyé spécial (France 2). En remontant tout le circuit des déchets, les journalistes montrent les carences du tri sélectif dans la restauration rapide. Mais les fast-foods ont une autre obligation, moins connue tant elle est bafouée : éviter de produire des déchets. Explications.

Réduire les déchets à la source

Le code de l’environnement hiérarchise les modes de traitement des déchets. Il faut d’abord éviter d’en générer. Si ce n’est pas possible, il faut privilégier, dans l’ordre : la préparation en vue de la réutilisation, le recyclage et la valorisation des déchets organiques par retour au sol, toute autre valorisation (dont énergétique) puis l’élimination. Selon cette hiérarchie, un fast-food doit donc éviter le tout-jetable, même s’il recycle ses déchets. Plus généralement, si une entreprise a le choix entre ne pas produire un déchet ou le recycler, elle doit choisir la première option.

Cette hiérarchie des modes de traitement est rarement respectée. Quand elle est invoquée en justice, c’est souvent en vain. Heureusement, les succès existent, comme le 12 décembre 2017. La Cour administrative d’appel de Bordeaux a ainsi annulé une autorisation de construire une usine de tri mécano-biologique. Les magistrats ont ce jour-là fait prévaloir le tri à la source des biodéchets sur le sur-tri ultérieur. Ce faisant, ils ont rappelé la valeur juridique, souvent contestée, du principe de hiérarchisation.

Lutter contre le tout-jetable

Zero Waste France fait référence à cette hiérarchie dans sa plainte contre les deux fast-foods. « Nous souhaitons faire reconnaître en justice que toute entreprise ayant recours au ‘’tout jetable’’, alors même que des alternatives concrètes existent, ne respecte pas cette norme juridique et peut faire l’objet de condamnations. »

Cette hiérarchie est importante, car la production, comme le recyclage d’un déchet, a une empreinte carbone. Un déchet évité est donc toujours préférable à un déchet recyclé. C’est pareil dans le domaine énergétique : un « négaWatt » (un watt économisé) est plus respectueux de l’environnement qu’un watt produit par une éolienne, par exemple.

Du réutilisable pour les commandes sur place

L’association Zero Waste France a publié un rapport, en mai 2017. Le document fait plusieurs recommandations pour réduire les déchets à la source dans les fast-foods. La bonne nouvelle, c’est que les fast-foods pourraient facilement réduire leurs déchets d’emballages. Par exemple, en distinguant les commandes sur place de celles à emporter. Ce que ne fait pas McDonald’s, entre autres, où le sur-place représente environ 50% des ventes.

Dans ce même rapport, Zero Waste France recommande donc aux fast-foods d’utiliser de la vaisselle réutilisable pour les plats consommés sur place. « McDonald’s utilise d’ores et déjà des tasses à café réutilisables dans ses McCafés, pointe l’association, ce qui montre que la pratique est bien envisageable. »

Un système de consigne contre les emballages superflus

Les fast-foods devraient aussi réduire les emballages de la vente à emporter. « De nombreux emballages distribués systématiquement en caisse sont en réalité inutiles », rappelle Zero Waste France dans son rapport. Chez McDonald’s, on peut par exemple citer les suremballages du menu Happy Meal ou les sacs et couverts en plastiques systématiques. « L’enseigne pourrait également inciter sa clientèle à apporter son propre sac pour transporter sa commande, en mettant en place des outils de communication à cet effet », ajoute l’association. Par exemple, dans des Starbucks américains et anglais, les clients qui viennent avec leur propre contenant obtiennent une réduction.

Toujours pour la vente à emporter, les fast-foods pourraient mettre en place un système de consigne. Les clients rapporteraient ainsi des emballages, boîtes et gobelets réutilisables. Ces solutions étant relativement simples, le boycott des consommateurs peut ainsi être porteur de changement. Même à court terme.

Auteur : Cyrielle Chazal, journaliste environnement


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