La France compte désormais plus de 10 000 mégawatts (MW) éoliens raccordés au réseau électrique. Ce cap a été franchi avec un retard de 3 ans sur les objectifs définis par l’Etat. Les acteurs cherchent à accélérer la cadence pour se rapprocher des objectifs de 2020 qui, néanmoins, ne pourront pas être atteints.

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Selon le SER, les objectifs de développement des énergies renouvelables définis pour 2020 ne seront pas atteints. PHOTO//Pixabay

Dans le cadre de sa programmation pluriannuelle d’investissements pour la production d’électricité de 2009, la France s’était fixé comme objectif intermédiaire l’installation, à terre, de 10 500 MW d’éolien au 31 décembre 2012 et 19 000 MW en 2020. La France vient de franchir la barre des 10 000 MW, avec un retard de 3 ans. « Ce retard est dû à l’existence de freins de plusieurs natures, dont bon nombre ont été levés », rassure le syndicat des énergies renouvelables (SER) dans un communiqué.

Le rythme annuel de croissance de l’éolien a été assez faible entre 2011 et 2013. Le maximum annuel de développement de l’éolien a été atteint en 2009 avec une puissance installée cette année de 1 250 MW. Le minimum de développement a été observé en 2013 avec 621 MW d’installé. Mais l’éolien est reparti à la hausse en 2014, suite à des mesures de simplifications administratives et à la sécurisation du tarif d’achat éolien.  En 2014, la puissance éolienne installée gagnait 963 MW.

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Les objectifs de 2020 ne seront pas atteints

Depuis le début de l’année 2015, la reprise dans l’éolien se confirme. Mais le rythme actuel reste encore insuffisant pour atteindre l’objectif de 2020. En effet, pour raccorder 9 500 MW d’éolien supplémentaires entre 2015 et fin 2020, il faudrait installer au moins 1 600 MW par an. Cela serait pourtant faisable avec un peu de volonté politique : 4 000 MW sont raccordés chaque année chez nos voisins allemands.

Plus globalement, la France s’est fixé pour objectif d’atteindre une part de 23 % d’énergies renouvelables dans sa consommation d’énergie en 2020.« Aujourd’hui, il est certain que les objectifs affichés pour 2020 ne pourront pas être tenus. Au rythme des dernières années, et sur la base d’une consommation énergétique stable, en 2020, les énergies renouvelables représenteront près de 18 % de notre consommation et l’objectif de 23 % ne sera atteint qu’en 2028 », regrette le SER.

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La transition énergétique veut accélérer le développement des renouvelables

Mais la loi de transition énergétique pour la croissance verte promulguée le 18 août dernier pourrait changer la donne. Pour ce faire, le SER souligne que les décrets d’application et les arrêtés devront être ambitieux et lisibles. Cela « permettrait de ramener à 2023 l’objectif de 23 % d’énergies renouvelables » et « devrait permettre d’être au rendez-vous de 2030 avec 32 % d’énergies renouvelables ». En 2020, les énergies renouvelables pourront alors représenter au mieux 20 % de notre consommation énergétique.

Concernant l’éolien, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte simplifie le cadre juridique. « Ainsi l’autorisation unique, qui ne concernait que 7 régions, sera expérimentée sur l’ensemble du territoire national et, après la phase d’expérimentation, devrait être pérennisée », rappelle le SER. Mais pour accélérer la cadence, le SER propose trois mesures phares : dispenser les parcs éoliens des formalités liées à l’urbanisme ou encore définir des procédures d’autorisation simplifiées pour le renouvellement des parcs existants par des éoliennes plus performantes ; réviser les règles de balisage et de cohabitation avec les radars et définir un dispositif de rémunération du kWh sécurisé et adapté à la filière.

La loi de transition énergétique fixe une part d’énergies renouvelables de 32 % dans la consommation finale d’énergie primaire en 2030 et de 40 % dans la production électrique nationale en 2030. La Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE), attendue pour 2016, définira les nouveaux objectifs intermédiaires pour les différentes filières énergétiques pour y parvenir.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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