Passer des vacances solidaires et écologiques, en tant que bénévole dans une ferme bio. Voilà ce que permet le wwoofing, malgré un cadre juridique encore flou.

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Le wwoofing permet d’aider au développement de l’agriculture bio dans une bonne ambiance. PHOTO//DR WWOOF

Les vacances sont à peine terminées que, déjà, vous vous demandez quoi faire l’été prochain ? Le wwoofing, qui se pratique toute l’année mais plus facilement quand il fait beau, est peut-être fait pour vous. Le mot « wwoofing » dérive de « Wwoof » (World wide opportunities on organic farms), un réseau mondial de fermes biologiques. Via son site Internet, il met en relation des voyageurs avec des agriculteurs et éleveurs bio. Les bénévoles sont logés et nourris, en échange en 4 à 6 heures de travail par jour. Les tâches dépendent bien sûr des fermes et des saisons.

Le reste du temps, les bénévoles peuvent librement faire du tourisme, ou simplement se détendre en restant dans la ferme. Certains bénévoles restent moins d’une semaine, d’autres plusieurs mois.

Ce réseau est né en 1971 en Angleterre, à l’initiative de Sue Coppard. Cette secrétaire londonienne avait constaté que les fermes biologiques manquaient de main d’œuvre. En parallèle, des citadins désireux de passer du temps à la campagne n’en avaient pas toujours les moyens.

Des wwoofers aux profils variés

Aujourd’hui, les wwoofers ont des profils variés. Il peut s’agir de voyageurs jeunes ou non, seuls, en couple ou en famille. Ils donnent du sens à leurs vacances en soutenant la bio. D’autres bénévoles envisagent de s’installer eux-mêmes comme agriculteurs ou éleveurs bio. Ils font alors du wwoofing pour éprouver la réalité du métier.

D’autres bénévoles font du wwoofing pour des raisons humaines et économiques. Partir au bout du monde, en ne payant que le transport, et faire des rencontres enrichissantes… Beau programme ! On croise aussi de nombreux étudiants en agronomie, souhaitant approfondir leurs connaissances académiques.

Le wwoofing : un statut juridique ambigu

Le wwoofer est un bénévole. Mais en France, il n’a pas encore de statut juridique précis. Le wwoofer n’est pas censé effectuer des journées complètes de travail. Ainsi, il n’aide qu’entre 4 et 6 heures par jour.Et il a au moins deux jours de repos par semaine.

Les agriculteurs prennent souvent des pincettes pour évoquer les missions à réaliser. Ils ne peuvent pas imposer des tâches aux wwoofers. Ces derniers n’ont aucune obligation de rentabilité ni de subordination. Sur place, les consignes sont parfois prudentes. « Si tu as envie, tu peux aller désherber. » Mais en pratique, un wwoofer qui refuserait la moitié des missions ne serait pas vraiment utile. D’où l’importance de bien caler les conditions de son séjour en amont, par mail ou téléphone, avec son hôte.

Sur Wwoof France, on peut cocher des séjours de quelques jours à un mois. En pratique,les bénévoles peuvent rester plusieurs mois. Mais le wwoofing doit rester temporaire. Un wwoofer présent en permanence évoquerait plutôt un travail dissimulé.

Signer un contrat de wwoofing

Pour se protéger en cas de contrôles de l’Etat, vos hôtes peuvent vous faire signer un contrat de wwoofing. Il faut savoir qu’en 2008, dans le Vaucluse, agriculteur a été condamné à 500 euros d’amende. Selon les inspecteurs de la Mutualité sociale agricole, il aurait dû déclarer ses wwoofers en tant que salariés.

La fédération CFDT de l’agroalimentaire a par exemple souvent accusé le wwoofing de constituer du « travail illégal ». Et de nombreux maraîchers conventionnels (non bio) critiquent le wwoofing. Ils évoquent une concurrence déloyale, subie par les ouvriers agricoles.

Partager la passion de la bio

Luc Risetti, maraîcher bio à Braux, en Côte d’Or, réfute cette accusation de concurrence déloyale. Il accueille plusieurs wwoofers par an, dans sa propriété de 4 hectares. « Un wwoofer n’a rien à voir avec un ouvrier formé. » Les défenseurs du wwoofing expliquent que former un bénévole prend du temps. La pratique est rarement rentable.

De nombreux paysans, parfois anciens wwoofers, veulent simplement partager leur passion. Ou faire des rencontres internationales. « Poussons la logique jusqu’au bout, plaisante Luc Risetti. Est-ce que ce ne serait pas plutôt les désherbants chimiques des agriculteurs conventionnels qui concurrenceraient les ouvriers agricoles ? ».

Le dossier de la semaine est consacré au woofing. À venir :

Auteur : Cyrielle Chazal, journaliste environnement


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