Claudine Martinez organise du 23 au 25 Mai le Salon « Ma Planète Mieux » à l’espace des Blancs Manteaux (Paris, 4e). Elle présente à Natura Sciences la particularité de ce salon, son objectif et ses nouveautés.

ma planète mieux claudine martinez

Claudine Martinez entourée de jeunes créatrices toutes présentes sur le salon MPM du 23 au 25 mai 2014. Arriere plan de gauche à droite : Samora (Communinity manager), Céline (ORIGINBY), Mireille (BOBOBOOM). Devant : Alice (Ladies and bees), Maryline (Api’sens), Claudine (MPM), Danièle (KIDIKADO)

Natura Sciences (N.S.) : Pourquoi vous êtes-vous lancés dans cette aventure ?

Claudine Martinez (C.M.) : C’est l’expérience réussie d’un pop up store dans le marais, rue des archives entre avril et juillet 2012 qui m’a donné l’idée de créer le concept du salon Ma Planète Mieux (MPM). MPM au départ est un site internet de vente de produits manufacturés éco-responsables. Au gré des rencontres que j’ai pu faire sur les divers salons nationaux, j’ai constaté que tous les acteurs du bon sens, les entrepreneurs, les créateurs, les inventeurs de génie impliqués dans les causes sociales et environnementales étaient dilués dans des halls d’exposition immenses.

Le salon MPM est parti de l’idée de « mieux partager » des valeurs communes en réunissant pendant 3 jours des hommes et des femmes impliqués dans les nouveaux choix de consommation et de conception. L’objectif est de faire voir et faire connaître des produits et services innovants par leur technologie et leur philosophie, pour le bien de l’homme et de la nature. Pour cela, MPM met à leur disposition un bel écrin, valorisant leur démarche et leurs valeurs en les réunissant sur un salon grand public à l’espace des blancs manteaux.

N.S. : Qu’est-ce que le « mieux vivre, mieux consommer, mieux fabriquer et mieux réfléchir » ?

C.M. : C’est la réunion de talents, de femmes et d’hommes, entrepreneurs à la vision moderne, qui proposent une consommation différente. C’est comment fabriquer intelligemment pour permettre de consommer mieux et valorisant.

Pour cela, il faut utiliser le savoir faire de chacun, savoir motiver et rémunérer les individus à leur juste valeur, s’attacher à améliorer leurs conditions de travail, fabriquer ou cultiver local, bio et naturel, créer des produits en recyclant des matières et des objets, intégrer le recyclage dans la chaîne de fabrication, garder l’objectif d’une économie circulaire, s’attacher à produire en « craddle to craddle », économiser les ressources naturelles et les préserver, proposer des services de partage et développer le « peer to peer ».

C’est entrer dans une démarche de responsabilité de l’homme pour lui même et pour la nature.

N.S. : Qu’attendez-vous de cette deuxième édition ?

C.M. : J’attends des exposants et des partenaires satisfaits de la qualité du salon et de l’organisation générale, de la visibilité offerte et du nombre de visiteurs qualifiés. J’attends également la promesse d’une troisième édition en fin d’année, plus grande, encore plus médiatisée, dans laquelle nous intègrerons plus de start-up. Enfin, j’attends que le public soit surpris, et qu’il soit séduit par les offres du salon, qu’il comprenne et adopte  nos valeurs, qu’il communique lui aussi sur ce qu’il a vu auprès de ses amis.

N.S. : Quelles sont les nouveautés par rapport à la première édition ?

C.M. : Cette deuxième édition est beaucoup plus aboutie. Les nouveautés sont nombreuses et variées :

– le nombre et la qualité de Nos partenaires

– le petit déjeuner organisé pour accueillir les médias (salon privatisé à l’ouverture le vendredi matin de 9h à 11h30) en collaboration avec Sofiz

– le cycle de 3 tables rondes organisé par les Ateliers Durables le vendredi à partir de 14h, dont vous trouverez les thèmes sur notre site www.maplanetemieux.com

– Les animations organisées par nos exposants sur le salon,

– La régie durant  les 3 jours de salon  et l’intervention de la radio Faubourg Simone sur plusieurs plages horaires

N.S. : Comment choisissez-vous les exposants ?

C.M. : Nous les choisissons par domaine d’activité, essentiellement la mode, le bien-être, la décoration et le design, la technologie et les services.

Généralement ils ont une histoire incroyable à raconter sur leur métier et leur démarche pour mieux fabriquer.

Enfin, c’est l’humain qui importe en priorité pour ma planète Mieux et ceux qui s’inscrivent se reconnaissent dans nos valeurs et notre mieux vivre.

N.S. : Quelle est la différence par rapport aux grands salons bio, tels que Vivez Nature, Marjolaine ou encore Naturally ?

C.M. : Nous sommes un véritable salon et nous nous situons plus haut de gamme dans l’offre produits et la mise en scène des stands.

L’offre alimentaire est quasiment inexistante sur le salon Ma Planète Mieux (sauf à être sur le segment épicerie fine, thés, cafés, chocolats ,etc,) alors qu’elle est majoritaire sur ce que j’appellerais les foires bio.

Nous nous attachons à présenter des produits manufacturés jolis et qui donnent envie, dans un cadre magnifique et valorisant. Pour certains de nos exposants, le salon Ma Planète Mieux est l’occasion d’un show room sur Paris pour inviter des prospects professionnels.

Nous sommes fiers de présenter des hommes, des concepts et des produits haut de gamme que vous ne retrouverez pas sur les organisations que vous me citez.

Enfin notre cible de visiteurs est différente.

N.S. : Quel public visez-vous ?

C.M. : Notre visiteur est jeune (25-55 ans), 60% de femmes, Csp. Il n’est obligatoirement adepte du bio  mais se pose des questions, il est curieux de voir et de découvrir un nouveau modèle de consommation, il y est déjà sensibilisée ou pas, mais il est prêt à adopter un comportement plus responsable à condition d’être séduit et de se reconnaître qualitativement et socialement dans l’offre produits.

NS : Avez-vous un rêve ?

C.M. : J’en ai plusieurs mais celui qui me fait me lever chaque matin, c’est un rêve dans lequel chacun de nous prendrait conscience de l’épuisement du modèle économique actuel et de la nécessité d’en changer. Je crois en un capitalisme social surtout lorsque je vois comment la génération qui arrive sur le marché du travail en bouscule les valeurs.

NS : Et un cauchemar ?

C.M. : Etre à côté de la plaque !

NS : Pensez-vous que l’écologie séduit assez ? Comment faire pour rendre les messages liés à l’environnement plus compréhensibles et attractifs ?

C.M. : De ce que je ressens, j’écoute et je lis, l’écologie a du mal à séduire et pour cause. Prenez tous les articles sur internet chaque matin sur les sites spécialisés, on nous parle d’écologie en grande majorité liée à des catastrophes environnementales, des scandales sanitaires et sociaux, des espèces en voie de disparition, des problèmes liés aux diverses molécules employées par nos énormes compagnies etc…

On pourrait parler beaucoup plus de ceux qui agissent, qui inventent, qui innovent qui mettent en place, des procédés, des chartes et des concepts liés à l’homme et à son environnement. Alors on rendrait l’écologie un peu plus sexy, moins rébarbative. On arriverait peut-être à transformer des sceptiques de l’écologie en curieux !

Changeons de messages, envoyons du positif, de vraies actions (cessons de parler au subjonctif dans le positif et dans le négatif) et surtout utilisons des mots simples, des mots accessibles qui ne font pas peur et dans lesquels n’importe qui peut se reconnaître à sa manière.

Propos recueillis par Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


La rédaction vous conseille aussi :