La conférence « A l’écoute des peuples amérindiens », organisée par ALTERECO, s’est déroulée vendredi dernier dans l’auditorium de l’ESCP Europe. Trois représentants de communautés péruviennes et brésiliennes étaient invités pour sensibiliser le public aux enjeux du bassin amazonien. L’échange a été favorisé autour des différentes actions menées par ces communautés.

« Lorsque nous plantons 10 000 arbres, 10 millions sont coupés »

« Lorsque nous plantons 10 000 arbres, 10 millions sont coupés »

Les communautés amérindiennes mettent tout en œuvre pour préserver leur environnement et leur culture. Haru, de la communauté Kuntanawa du Brésil, annonce que les projets menés par son peuple n’ont rien à voir avec ceux du monde occidental. « Notre université c’est la nature, les plantes, les arbres » précise-t-il. Les projets concernent la reforestation, la protection de l’environnement, notamment les forêts natives et les cultures traditionnelles. Matsini, de la communauté Yawanawa du Brésil, ajoute que son peuple développe des centres de médecines de la forêt où les anciens transmettent leur savoir sur les pouvoirs médicinaux des plantes.

Sensibiliser le monde entier

Les différents projets de protection de l’environnement et de reforestation se heurtent à l’efficacité de l’adversaire. « Lorsque nous plantons 10 000 arbres, 10 millions sont coupés », détaille Manuel Tuanama Fasabi, représentant la communauté Kechua d’Anaq Shamboyacu au Pérou.

Il est donc nécessaire de sensibiliser le monde entier à ces problèmes pour ces trois représentants amérindiens. L’objectif principal est alors de redonner au monde développé le goût d’une vie en harmonie avec la nature.

Se regrouper pour parler d’une seule voix

Manuel insiste sur la nécessité de se regrouper en coopératives d’agriculture familiale. Ainsi, les revenus obtenus par les ventes et les primes du commerce équitable, permettent de financer les projets et de résister face au gouvernement et aux entreprises qui convoitent leurs terres. S’agissant de petits producteurs de café et de cacao destinés à l’exportation, la compétitivité se fait sur la qualité, non sur la quantité.

Un grand projet réunissant 13 peuples de la région est en cours avec pour objectif la protection de la biodiversité et le partage, notamment des solutions à apporter face au péril. Pour Haru, « les peuples ont des projets locaux mais ils cherchent un projet commun », cela en réponse à « une tradition d’union ».

La situation amazonienne

L’Amazonie est une zone clé dans la régulation de notre écosystème. Selon la FAO, 1350 mètres carrés de forêt disparaissent par seconde. Cela correspond à la surface d’un terrain de football toutes les 7 secondes. Cette destruction s’accompagne de la destruction de la faune et donc de la biodiversité mondiale. La préservation de la biodiversité amazonienne va de pair avec la préservation des peuples amérindiens y résidant. Ces derniers sont aujourd’hui les premières victimes de la déforestation et leurs territoires sont convoités par les entreprises pétrolières, forestières et minières.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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