8 réacteurs nucléaires sont actuellement à l’arrêt, suite aux révélations de falsifications à l’usine Creusot Forge ou pour raisons de maintenance. RTE n’écarte pas des coupures d’électricité pour assurer la sécurité d’approvisionnement. Dans ce contexte, le Syndicat des énergies renouvelables insiste sur l’importance de développer le chauffage au bois pour réduire la demande d’électricité lors des pics de consommation de novembre à mars.

chauffage au bois pointe électrique

Développer le chauffage au bois est-il une solution pour réduire la demande électrique de pointe en hiver?

On ne le sait pas forcément, mais le chauffage au bois est la première source d’énergie renouvelable en France. Pour les 8 millions de foyers qui disposent aujourd’hui d’un appareil de chauffage au bois – cheminée fermée ou à insert, poêle, chaudière… – il s’agit avant tout d’une « énergie complémentaire », selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER). En effet, 80% des maisons individuelles équipées de chauffage au bois l’utilisent en complément d’une autre énergie. Notamment, près de la moitié des maisons chauffées à l’électricité sont équipées en complément d’un tel appareil. Soit environ 3,5 millions. Le Grenelle de l’environnement, en 2007, a prévu de porter le parc français à 9 millions d’équipements en 2020.

Selon le SER, l’ensemble des équipements de chauffage au bois dans les maisons chauffées à l’électricité permettraient déjà de réduire la pointe de demande électrique de 5 à 10 gigawatts (GW) lors des grands froids hivernaux. Il serait possible de diminuer du même montant la pointe en équipant les 3,5 autres millions de maisons chauffées à l’électricité qui ne bénéficient pas encore de ce complément de chauffage. De quoi répondre en grande partie aux surplus de besoin en électricité en hiver et pour garantir la sécurité d’approvisionnement. Ces équipements permettraient par ailleurs de limiter le recours aux centrales de production de pointe utilisant les énergies fossiles polluantes (fioul, charbon, gaz).

Néanmoins, les effets conjugués des baisses de coût du fioul, des hivers doux et d’une réglementation thermique (RT 2012) complexe ont fait diminuer l’énergie bois dans les maisons neuves depuis 2013. Le SER dresse donc plusieurs propositions pour encourager le recours des ménages français à cette énergie. Il demande en particulier une prime à la casse pour les vieux appareils de chauffage pour diminuer les pollutions. Les professionnels souhaitent aussi une promotion plus large des pouvoirs publics, la préservation de l’installation d’un conduit de fumée dans les maisons neuves, et la baisse de la TVA sur l’achat de combustible de 10% à 5,5%.

Des emplois non délocalisables

Depuis la fabrication des produits jusqu’à la commercialisation des combustibles bois, la filière représente près de 20.000 emplois non délocalisables. Par ailleurs, plusieurs fabricants d’appareils entretiennent le savoir-faire français. C’est par exemple le cas de l’entreprise Oliger qui vend en direct des poêles à bois en faïence 100% français, fabriqués à la main. En reconnaissance de son savoir-faire artisanal qui perpétue les traditions, l’entreprise a été labellisée « entreprise du patrimoine vivant » en 2011.

Des appareils qui polluent de moins en moins

Le label Flamme Verte a vu le jour en 2000 et les émissions de polluants des appareils ont depuis sans cesse baissé. Pour inciter les particuliers à acheter les appareils les plus performants, l’acquéreur d’un appareil labellisé Flamme Verte 5, 6 ou 7 étoiles bénéficie ainsi actuellement d’un crédit d’impôt pour la transition énergétique de 30%, sans conditions de ressources. Pour en bénéficier, il doit faire appel à un professionnel qualifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Le crédit d’impôt est cumulable avec un éco-prêt à taux zéro, les aides locales de l’agence National de l’Habitat (ANAH) pour les foyers à revenus modestes, des certificats d’économie d’énergie (CEE) et le taux réduit de TVA à 5,5 %.

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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