Certaines offres d’électricité verte figurent désormais parmi les moins chères du marché. Mais toutes les offres ne se valent pas.

Sur les comparateurs d’offres d’électricité, un constat surprend de plus en plus de consommateurs : des contrats présentés comme « 100 % renouvelables » apparaissent en tête des classements… y compris sur le critère du prix. Une situation qui tranche avec l’image longtemps associée aux énergies vertes, réputées plus coûteuses.
Ces offres s’expliquent par une transformation rapide du secteur énergétique, entre baisse des coûts de production, ouverture du marché et développement de nouveaux mécanismes de certification. Mais cette évolution brouille aussi les repères : derrière une même appellation d’électricité verte, les pratiques diffèrent fortement.
Des énergies renouvelables compétitives
La baisse des coûts de production des énergies renouvelables constitue le premier levier de cette évolution. En une décennie, le solaire photovoltaïque et l’éolien terrestre ont connu une chute spectaculaire de leurs coûts, liée aux progrès technologiques et aux économies d’échelle.
Dans son rapport World Energy Outlook, l’Agence internationale de l’énergie souligne que « les projets solaires offrent désormais certaines des formes d’électricité les moins coûteuses jamais observées » dans de nombreuses régions du monde. Une fois les installations amorties, produire de l’électricité à partir du soleil ou du vent ne nécessite ni combustible ni importation, ce qui limite fortement les coûts variables.
Garanties d’origine : un système central mais controversé
Le développement d’offres d’électricité verte à bas prix s’appuie en grande partie sur un mécanisme spécifique : les garanties d’origine. Comme le définit le Code de l’énergie, « une garantie d’origine est un document électronique servant uniquement à prouver au client final qu’une part ou une quantité déterminée équivalente de l’énergie fournie a été produite par une source d’énergie primaire donnée ou par cogénération » quelque part en Europe.
Cependant, il est possible d’acheter ces certificats indépendamment de l’électricité elle-même. Autrement dit, un fournisseur peut proposer une offre dite “verte” sans s’approvisionner directement auprès de producteurs renouvelables. Ce découplage permet de proposer une offre “verte” à faible coût, sans modifier le coût réel de production de l’électricité. Il alimente les critiques : certains observateurs y voient une forme de verdissement à moindre coût.
Certaines offres 100 % renouvelables figurent même parmi les moins chères du marché. Des fournisseurs alternatifs comme la bellenergie proposent des contrats reposant sur des garanties d’origine couvrant la consommation des clients, avec un prix du kilowattheure inférieur de plus de 10% au tarif réglementé.
VertVolt, pour une électricité verte engagée
Face à ces limites, l’ADEME a lancé en 2021 le label VertVolt afin de mieux informer les consommateurs. L’agence explique que « toutes les offres d’électricité verte ne se valent pas » et que le label vise à « distinguer les fournisseurs selon leur niveau d’engagement dans le développement des énergies renouvelables en France ».
VertVolt introduit ainsi deux niveaux – engagé et très engagé -, qui différencient les offres reposant uniquement sur des garanties d’origine de celles impliquant un approvisionnement direct auprès de producteurs en France, voire un soutien au développement de nouvelles capacités. Treize offres sont actuellement labellisées.












