Les résultats récents de la Campagne nationale logements 2 montrent que de nombreux polluants chimiques restent fréquents dans les habitations françaises. Les conséquences pour la santé sont bien réelles.

Les résultats de la Campagne nationale logements 2, menée récemment par l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs(OQEI) dans 571 logements en France, confirment la présence fréquente de polluants chimiques dans l’air intérieur. « Certains polluants comme les particules fines, le limonène, les xylènes, ou le NO2 sont encore présents dans des proportions importantes, parfois à des niveaux jugés préoccupants », prévient l’étude.
Parmi les 170 polluants mesurés, le formaldéhyde est l’un des plus répandus. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) rappelle que « le formaldéhyde est l’un des polluants les plus fréquemment mesurés dans l’air des logements ». Les panneaux de bois aggloméré, les colles et certains revêtements comptent parmi les principales sources d’émission de ce composé chimique.
D’autres polluants apparaissent également dans les mesures réalisées par l’OQEI, comme le dioxyde d’azote, souvent associé à la cuisson au gaz, ou encore le benzène, qui peut être émis par certaines sources de combustion. Dans certains logements, les concentrations observées dépassent les valeurs sanitaires de référence. L’OQEI indique ainsi que « 70 % des logements dépassent l’objectif cible de 10 µg/m³ fixé pour les particules fines (PM2,5) ». De plus, « 6 % des logements dépassent la valeur de gestion provisoire pour le formaldéhyde » et « 3 % dépassent la valeur guide pour le dioxyde d’azote ».
Le tabac, une source majeure de pollution intérieure
Parmi les sources de pollution domestique, la fumée de tabac reste l’une des plus préoccupantes. Elle contient plusieurs milliers de substances chimiques et contribue fortement à la dégradation de la qualité de l’air intérieur.
L’Organisation mondiale de la santé rappelle que « la fumée de tabac contient plus de 7 000 substances chimiques, dont plusieurs centaines sont toxiques et environ 70 cancérogènes ». Dans un logement, ces polluants peuvent rester en suspension dans l’air ou se déposer sur les surfaces, exposant également les personnes non fumeuses.
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Outre les fumeurs eux-mêmes, le tabagisme passif constitue un risque pour les autres occupants du logement, en particulier les enfants. De leur côté, les cigarettes électroniques, qui fonctionnent par vaporisation d’e liquides plutôt que par combustion du tabac, produisent des aérosols. Si ceux-ci contiennent généralement moins de substances toxiques que la fumée issue de la combustion du tabac, il reste conseillé de vapoter en extérieur afin de limiter l’exposition aux aérosols.
Un enjeu majeur de santé publique
Les conséquences de la pollution de l’air intérieur sur la santé sont aujourd’hui bien documentées. L’exposition à certains polluants peut favoriser des irritations respiratoires, des allergies ou aggraver des maladies comme l’asthme.
Les travaux menés en France par l’ANSES et l’OQEI montrent que l’impact sanitaire de ces pollutions est loin d’être négligeable. Une évaluation nationale estime qu’environ 20 000 décès prématurés par an en France sont associés à plusieurs polluants présents dans l’air intérieur, notamment les particules fines, le benzène, le radon ou la fumée de tabac. Cette étude souligne également le poids économique de ces pollutions, évalué à près de 19 milliards d’euros par an.
Certaines populations sont particulièrement vulnérables à ces polluants. Les enfants, dont le système respiratoire est encore en développement, les femmes enceintes ou les personnes souffrant d’asthme peuvent être plus sensibles aux effets de la pollution domestique. Ces données rappellent que la qualité de l’air se joue aussi dans les logements, au cœur de nos habitudes quotidiennes, et dans les choix que nous faisons pour aménager, chauffer ou entretenir nos espaces de vie.












