Pourquoi protégeons-nous certaines espèces tandis que nous en exploitons d’autres ? Que faisons-nous manger aux animaux ? Comment apprendre à vivre avec le vivant sans chercher à le dominer ? À travers son cinquième numéro, L’Iceberg explore les multiples facettes de notre relation aux animaux. Enquêtes, analyses, reportages et entretiens invitent à dépasser les oppositions simplistes pour mieux comprendre notre place au sein du vivant.

« Nous avons voulu sortir des débats caricaturaux. Notre rapport aux animaux ne se résume pas à une opposition entre ceux qui veulent les protéger et ceux qui les exploitent. Il est traversé par des questions éthiques, économiques, culturelles et politiques qui méritent d’être abordées avec nuance », partage Chaymaa Deb, rédactrice en chef de L’Iceberg, qui publie son cinquième numéro, intitulé Animaux : comment protéger sans dominer ?, disponible sur Liceberg.fr, en kiosque et librairie (136 pages, 19 €).
Pendant plusieurs mois, la rédaction est allée à la rencontre de scientifiques, éleveurs, chercheurs, associations et acteurs de terrain afin de mieux comprendre les liens complexes qui unissent les êtres humains aux autres espèces. Le numéro invite ainsi les lecteurs à interroger leurs propres représentations, à découvrir des réalités souvent méconnues et à réfléchir aux conditions d’une coexistence plus apaisée entre les êtres humains et les autres espèces.
Comprendre plutôt que juger
Au fil des pages, la revue cherche à dépasser les prises de position binaires pour explorer la diversité des regards sur la condition animale. Pourquoi sommes-nous spontanément plus sensibles à certaines espèces qu’à d’autres ? Comment concilier les activités humaines avec le retour des grands prédateurs ? Comment les réseaux sociaux modifient-ils notre perception des animaux sauvages ? Peut-on élever… sans tuer ? « Nous avons cherché à proposer les regards de personnes qui ne partagent pas toujours les mêmes analyses mais dont le point de vue mérite d’être entendu, poursuit Chaymaa Deb. Nous voulions offrir aux lecteurs des clés de compréhension plutôt que des certitudes.«
Le dossier de 84 pages comprend des analyses, des enquêtes, des reportages en France et à l’étranger ainsi que des entretiens avec des chercheurs et des acteurs de terrain. Les lecteurs y découvrent notamment une enquête consacrée au trafic mondial d’animaux sauvages, alimenté par une demande internationale toujours plus importante. Un reportage s’intéresse aux défis de la cohabitation entre les habitants du Svalbard et les ours polaires, tandis qu’un autre raconte le quotidien d’un refuge accueillant d’anciens animaux d’élevage.
Des enquêtes et des reportages de terrain
Le numéro revient également sur les conséquences de la colonisation dans la création de certaines aires protégées africaines. Il s’interroge sur notre fascination pour les animaux sur les réseaux sociaux et donne la parole à Tiphaine Lagarde, cofondatrice de 269 Libération animale, qui défend une approche politique des abattoirs.
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Au-delà de ce dossier, la revue propose notamment un grand entretien avec le climatologue Robert Vautard, coprésident du groupe de travail I du Giec, consacré aux conséquences déjà visibles du changement climatique et aux moyens de mieux s’adapter aux vagues de chaleur. « Suite à la vague de chaleur que nous avons vécue fin mai et face à un été qui annonce plusieurs épisodes caniculaires, nous voulions faire le point sur les dernières prévisions du Giec et donner des pistes pour se protéger de la chaleur », précise Chaymaa Deb.
Créée en 2025, L’Iceberg est une revue trimestrielle indépendante et sans publicité qui consacre chacun de ses numéros à un grand défi écologique. Après avoir exploré la fonte des glaces, le tourisme, les liens entre guerre et écologie et la démocratie participative, elle poursuit avec ce cinquième numéro son ambition de proposer un journalisme de terrain, exigeant et accessible.












