La commission d’enquête indépendante créée par Ségolène Royal suite au scandale Volkswagen vient de rendre ses premières conclusions. Sur les 100 véhicules diesels à contrôler, les émissions polluantes de 52 véhicules de 15 marques différentes ont déjà été mesurées. Les résultats sont inquiétants : le dépassement des normes d’émissions est bien généralisé !

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Les émissions polluantes de 52 véhicules de 15 marques différentes ont été mesurées. PHOTO//Frédéric Bisson/Flickr

La seule bonne nouvelle qui ressort de ces essais : aucun dispositif permettant de tromper les cycles d’homologation n’a été détecté. Les tests ont cependant dévoilé des dépassements d’émissions significatifs en conditions réelles de circulation. Par ailleurs, les systèmes de dépollution utilisés par plusieurs constructeurs ne fonctionnent de façon optimale que dans de faibles plages de températures.

Sur les 15 constructeurs testés, 9 constructeurs français et étrangers – Renault/Dacia, Kia, Fiat/Chrysler, Mercedes Benz, Volkswagen, PSA, Nissan, Opel et Ford présentent des anomalies. Selon les résultats de l’enquête, « sur les 23 véhicules Euro 6 testés, 10 émettent lors de l’essai sur piste 5 fois plus que la limite d’émissions (80 mg/km) et 3 dépassent cette même limite de plus de 10 fois ». Concernant les émissions de CO2 sur piste, « les écarts sont significatifs, les trois quarts des véhicules testés présentant des émissions supérieures de 20 % à 50 % à la déclaration des constructeurs ». Cela confirme « même à faibles vitesse et accélération, les écarts importants constatés par les usagers entre consommations de carburants annoncées par les constructeurs et consommations réelles ». Le groupe Renault apparaît comme l’un des plus mauvais élèves, aux côtés de Ford et d’Opel.

Des plans d’amélioration et un nouveau règlement peu ambitieux

« Pour les modèles présentant des anomalies [véhicules déjà en circulation et les véhicules neufs en cours de commercialisation], les constructeurs devront présenter rapidement des plans d’amélioration précisant le nombre de véhicules concernés, l’origine des anomalies constatées, les mesures envisagées pour que ces véhicules respectent les limites réglementaires », prévient Ségolène Royal dans un communiqué. « Pour les véhicules neufs les autorités d’homologation devront décider si les mesures proposées sont suffisantes ou s’il convient, de suspendre la vente ».

Conformément au nouveau règlement européen Real Driving Emission (RDE), des tests en conditions réelles de circulation sont prévus à partir de septembre 2017 pour les nouveaux véhicules à homologuer. Ce règlement prévoit néanmoins une tolérance de dépassement des normes d’un coefficient de 2,1 à partir de 2019 pour tous les véhicules neufs puis de 1,5 à partir de 2023 pour tous les véhicules neufs. Ségolène Royal a déploré le manque d’ambition de cette norme. Par ailleurs, la ministre de l’environnement mettra prochainement en consultation un décret qui permettra d’expérimenter des tests d’émissions de polluants lors des contrôles techniques.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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