Depuis début septembre, les affrontements se multiplient sur le site de construction du Barrage de Sivens, dans le Tarn. La mort d’un manifestant ce dimanche, Rémi Fraisse, a mis le feu aux poudres. Depuis le début de la semaine, les prises de paroles politiques se succèdent. Le rapport commandé le 8 septembre par Ségolène Royal a été rendu public hier.

barrage sivens rémi fraisseL’autopsie du jeune Rémi Fraisse, âgé de 21 ans, a révélé qu’il avait été victime d’une « explosion ». Mardi après-midi le procureur d’Albi a fait savoir que les traces d’explosifs retrouvées sur ses vêtements et sur des lambeaux de son sac à dos semble accréditer la thèse de l’offensive de la part des gendarmes. « On a retrouvé des traces de TNT sur certains scellés » des vêtements de Rémi Fraisse, a-t-il fait savoir. Le procureur d’Albi s’est alors dessaisi de l’affaire au profit du parquet de Toulouse. En effet, avec les avancées de l’enquête. Il faut désormais une juridiction militaire pour instruire ce dossier.

La famille de Rémi Fraisse a par ailleurs fait savoir lundi qu’elle allait déposer plainte pour homicide volontaire « par une ou plusieurs personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Que préconise le rapport d’experts?

Le rapport d’experts commandé par Ségolène Royal début septembre a été rendu public ce lundi. Les deux experts ingénieurs généraux des ponts, eaux et des forêts dénoncent des besoins surestimés, une étude d’impact « de qualité très moyenne » et un financement du projet jugé « fragile ».

Très critique sur le projet, le rapport promeut la poursuite du chantier, mais de l’adapter, « compte tenu de l’état d’avancement des travaux et des engagements locaux et régionaux pris avec la profession agricole ». Le rapport dénonce notamment « une surestimation du volume de substitution destiné à l’irrigation d’au moins 35 % ». « L’estimation des besoins a été établie sur des données anciennes et forfaitaires », jugent les experts.

Enfin, selon les experts, les solutions alternatives n’ont pas été correctement étudiées. « Le choix d’un barrage en travers de la vallée a été privilégié sans réelle analyse des solutions alternatives possibles. Ceci est d’autant plus regrettable que le coût d’investissement rapporté au volume stocké est élevé », note le rapport.

Qui manifeste contre le barrage de Sivens?

Aux écologistes pacifistes de la première heure se sont joints des groupes radicaux. Dans un communiqué de presse, le directeur général de la gendarmerie nationale déclare que « les gendarmes ont été pris à partie par des individus violents, pour certains cagoulés, qui les ont attaqués à coup de cocktails molotov, d’engins explosifs et de projectiles ». Ces manifestations violentes sont condamnées par l’intégralité de la classe politique, mais ne doivent pas faire oublier le débat de fond.

Hier, près d’une dizaine de manifestations réunissant des centaines de personnes ont eu lieu dans toute la France, à Albi, Paris, Bordeaux, Rennes ou Nantes. A Nantes, terre des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, plusieurs débordements ont été reportés.

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Réactions d’autres manifestants sur place

Auteur : Raphaël Petit, journaliste du webzine Natura-sciences.com


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