déchets nucléaire mémoireComment assurer la préservation des documents, des connaissances et de la mémoire des déchets radioactifs génération après génération sur plusieurs siècles et même millénaires? Cette question complexe intéresse les chercheurs et les professionnels. Pour avancer sur plusieurs pistes de réflexion, la conférence internationale « Mémoire pour les générations futures », organisée par l’Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire, avec le soutien de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) s’est tenue du 15 au 17 septembre 2014 à Verdun.

90% des déchets radioactifs sont destinés à être stockés dans des centres de stockage de surface dédiés, où ils seront surveillés pendant au moins 300 ans, le temps que leur activité nucléaire ait suffisamment décru. Par ailleurs, si le centre de stockage profond des déchets nucléaires à vie longue, Cigeo, voit le jour à Bure, les premiers colis devraient y arriver en 2025. Ils seraient alors entreposés pendant plusieurs centaines de milliers d’années. Dans cette perspective, les participants ont confirmé la validité des principes directeurs suivants de la préservation des documents, des connaissances et de la mémoire (DCM) qui sont cités dans la Déclaration collective du Comité de la gestion des déchets radioactifs de l’Agence pour l’énergie nucléaire:

  • Les documents sont destinés à être utilisés plus par des futurs membres de la société que par leurs créateurs. Il faut donc prendre en compte les besoins de ces utilisateurs en termes de facilité de lecture et d’intelligibilité et, notamment, fournir des informations pertinentes sur le contexte dans lequel ces documents ont été créés.
  • Les stratégies de préservation des documents, des connaissances et de la mémoire doivent inclure des dispositions concernant la reconstruction des connaissances et la transmission d’informations aux générations futures avec ou sans la participation des générations intermédiaires.
  • Il n’existe aucun moyen de préservation unique qui soit optimal à toutes les échelles de temps. Tous les canaux de communication doivent être étudiés.
  • Des orientations et un encadrement réglementaires doivent être développés afin d’appuyer l’approche systémique retenue pour la préservation des documents, des connaissances et de la mémoire.

Interview présentant les enjeux de la mémoire pour les générations futures

Auteur : Raphaël Petit, journaliste du webzine Natura-sciences.com


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