Un nouveau satellite d’observation a été lancé samedi 21 novembre depuis la base aérienne de Vandenberg, en Californie. Pendant cinq ans, Sentinel-6 Michael Freilich effectuera des relevés topographiques pour mesurer la hausse du niveau des océans du monde. Ainsi, il fournira de nouvelles données sur les conséquences du réchauffement climatiques sur les espaces maritimes mondiaux.

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Illustration d’artiste de la libération du satellite Sentinel-6 et de la fusée Falcon-9. PHOTO//Esa

Prochainement, un nouveau satellite ultra-performant prendra place en orbite pour réaliser des relevés topographiques des océans pour une durée de cinq ans. Le Sentinel-6 Michael Freilich a été lancé ce samedi 21 novembre à 17h17 (GMT) depuis la base aérienne de Vandenberg (Californie), à l’aide d’une fusée Falcon-9 de la société américaine Space X. Le satellite porte également le nom de Michael Freilich pour lui rendre hommage. L’océanographe américain est décédé en août 2020.

Sentinel-6, une fierté de part et d’autre de l’Atlantique

La mise en orbite de Sentinel-6 Michael Freilich est également un événement pour Copernicus. Il sera le huitième satellite mis au service de ce programme européen d’observation de la Terre. Les données transmises permettront aux scientifiques d’évaluer les effets du réchauffement climatique sur les océans. « Le niveau de la mer est un indicateur clé du réchauffement climatique », confirme Selma Cherchali, responsable du programme Sciences de la Terre au CNES, soutien de la conception de Sentinel-6. Pour le fabriquer, plusieurs entités européennes et américaines ont en effet collaboré.

L’agence spatiale européenne (ESA), l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites (Eumetsat), la NASA ainsi que l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) sont les quatre conceptrices du satellite. La Commission européenne a également apporté son soutien au projet. « Sentinel-6 est la preuve de la bonne collaboration dont l’Europe et les États-Unis sont capables », salue Mauro Faccini, chef de l’unité d’observation de la Terre au sein de la Commission européenne.

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Un altimètre radar de haute précision rivé sur les océans

Sentinel-6 prendra place en orbite à 1.336 kilomètres d’altitude. Sa trajectoire suivra de trente secondes celle de son prédécesseur Jason-3, lancé en 2016. Ce dernier est également dédié à l’observation des océans. « Nous voulons être sûrs que les nouvelles mesures seront très proches de celles de la série historique. Les deux engins vont donc voler l’un derrière l’autre pendant douze mois », explique Craig Donlon, responsable scientifique de la mission pour l’ESA. Par rapport aux anciens relevés, ceux de Sentinel-6 seront plus précis.

Cela permettra de réduire les erreurs de prévision de la circulation océanique de 10 à 20%. De plus, les données permettront de décrire plus finement les structures océaniques côtières. Mais la mission principale de Sentinel-6 Michael Freilich est bien de quantifier la hausse du niveau des océans. Grâce à son altimètre-radar extrêmement précis, les mesures ne comporteront qu’une marge d’erreur instantanée de trois centimètres. Elle n’atteindra plus que quelques dixièmes de millimètres lorsque les scientifiques feront la moyenne des relevés de dix jours consécutifs.

Les données de Sentinel-6 accessibles au plus grand nombre

Les données issues des relevés de Sentinel-6 permettront également de vérifier des prévisions effectuées par les scientifiques. « La topographie des océans est aussi importante que la pression atmosphérique. Ces données importantes nous aideront à mieux prévoir les vagues de chaleur », affirme Alain Ratier, directeur général d’Eumetsat, et historiquement océanographe. De plus, ce dernier explique que ces données aideront les scientifiques à savoir si les projections d’accélération de la hausse du niveau des eaux mondiales se produira ou non.

Et les scientifiques ne seront pas les seuls à avoir accès à ces données. « Nous sommes complètement prêts à traiter les données collectées par Sentinel-6 pour les transformer en informations directement exploitables », déclare Pierre Bahurel, directeur général de la société Mercator Ocean. La société sera délégataire de la Commission européenne. Les données issues de Sentinel-6 seront intégrées dans « un modèle de description d’océan digital pour générer des produits qui vont servir une grande gamme d’applications », ajoute M. Bahruel. Ces produits seront ensuite proposés aux abonnés de la société. Actuellement, ils sont 25.000, et se répartissent à part égale entre le secteur privé, le secteur public, et le monde académique et scientifique.

Auteur : Chaymaa Deb, journaliste de Natura Sciences


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