Lundi 12 octobre, plusieurs organisations ont organisé une conférence sur un monde de l’eau à +4°C face au réchauffement climatique.  Elles ont notamment donné de plus amples informations sur les programmes spatiaux à venir.

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SWOT : une mission franco-américaine lancée en 2022 pour l’étude des surfaces d’eau océaniques et continentales. © CNES/DUCROS David, 2015

Le Partenariat Français pour l’Eau (PFE), l’Initiative pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF) et le Centre National d’Études Spatiales (CNES) mettent en lumière deux missions spatiales à venir. Objectif : une meilleure gestion et une préservation de la ressource en eau, dans le cadre du réchauffement climatique global.

Les missions SWOT et TRISHNA viennent renforcer l’artillerie

Le CNES annonce avoir reçu le financement pour développer le système spatial SWOT (Surface Water and Ocean Topography, ou Mission de topographie des eaux de surface et des océans ) en coopération avec la NASA pour l’année 2022. Le principal objectif de SWOT vise à réunir en un seul satellite toutes les données océanographiques et hydrographiques, à l’échelle planétaire. Un autre objectif consiste à développer les indicateurs de suivi de l’eau terrestre. Aujourd’hui, « 26 variables sur 54 sont mesurées depuis l’espace comme la hauteur des océans et l’évolution des températures« , commente Laurence Monnoyer-Smith, conseillère environnement et climat auprès du président du CNES. Les acteurs de l’eau pourront accélérer les prises de décision grâce à l’exploitation de ces données.

Laurence Monnoyer-Smith présente aussi le satellite Trishna. Annoncé en 2018 par les autorités françaises et indiennes, il sera sur orbite à l’horizon 2022. Trishna est l’acronyme de « Thermal infraRed Imaging Satellite for High-resolution Natural resource Assessment » signifiant « satellite d’imagerie infrarouge thermique pour l’évaluation haute résolution des ressources naturelles« . Il sera équipé, comme son l’indique,  d’une imagerie infrarouge pour observer notre planète. « Trishna permettra notamment de cartographier dans les terres émergées le phénomène d’évapotranspiration« , indique la conseillère auprès du président du CNES. Ses mesures seront utiles dans de nombreux domaines comme l’agriculture, la climatologie ainsi que la météorologie. Il permettra également la gestion des risques comme les incendies ou l’activité volcanique ainsi que l’étude de la cryosphère.

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De nombreuses missions déjà en cours

Le suivi de données comme la turbidité ou la couleur de l’eau par les satellites n’est pas nouveau. Depuis plus de 7 ans, les produits aérospatiaux en hydrologie ont beaucoup évolué avec le soutien du programme européen Copernicus. Et au niveau national, par le soutien du pôle thématique des données et de services des surfaces continentales, nommé THEIA.

Ces développements sont mis à disposition de l’Observatoire Spatial du Climat (SCO). Cette initiative qui rassemble les différentes agences spatiales du monde entier met à disposition toutes les informations satellitaires. Elles permettent alors de modéliser les impacts du changement climatique sur des territoires précis.

« La technologie spatiale française est bel et bien au cœur de l’environnement, conclut Jean-Yves Le Gall, président du Centre National des Etudes Spatiales. Via des données, elle permet d’extraire des modèles, qui permettent alors d’éclairer des prises de décisions. » Le spatial constitue ainsi une arme de plus pour les scientifiques et les acteurs de l’eau pour une meilleure gestion et préservation de la ressource en eau dans le cadre de l’adaptation au changement climatique.

Auteur : Manu Lassabe, journaliste de Natura Sciences


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