A l’occasion du Salon International de l’agriculture 2016, Airinov présente les dernières avancées de son drone agricole appliqué à l’optimisation des engrais pour les cultures de blé et de colza.

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Airinov permet de cartographier le besoin en engrais des champs de blé et colza. PHOTO//Airinov

Plus de 5 000 agriculteurs ont déjà fait appel aux services d’Airinov. 10 000 vols de drones étaient enregistrés fin 2015 pour cartographier 100 000 hectares de blé et colza.

Airinov : un réseau national

La solution est abordable. « Le prix va de 10 à 15 € par hectare pour l’agriculteur sur le colza. On fait deux cartographies : une en décembre et une en janvier, qui vont donner une cartographie de préconisations d’engrais à apporter », explique Florent Mainfroy, Président d’Airinov. Du côté des économies réalisées, Airinov soutient un gain financier de 73 €/ha. L’agriculteur serait donc à un gain net d’environ 58 €/ha. Le package du drone, du capteur et de la formation théorique ULM, coûte quant à lui environ 25 000 €. Son achat effectué par des entrepreneurs agricoles notamment, et parfois par des distributeurs, est rentabilisé dès la deuxième année d’utilisation.

Avec une centaine de distributeurs et un réseau de 50 opérateurs, Airinov souhaite rester au plus près des territoires de ses clients. Chambres d’agriculture, coopératives et négoces agricoles sont les principaux relais de cette technologie. Les opérateurs se déplacent de ferme en ferme pour y réaliser des vols : ils se déploient dans leur région pour répondre aux demandes des agriculteurs.

Le drone peut être utilisé sur toute taille d’exploitation. « On regroupe les agriculteurs par coopératives ou par Chambres d’agriculture, donc la taille d’exploitation importe peu. On regroupe les parcelles proches ensemble pour les analyser dans un même vol », précise Florent Mainfroy. Son développement européen, en fin d’année 2015, concrétise ces succès : à travers l’Europe, de fermes en fermes, le réseau s’élargit. La technologie est désormais présente au Royaume-Uni, en Allemagne, en Scandinavie et aux Pays-Bas.

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Drone agricole : mode d’emploi !

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Airinov fournit une carte des besoins en azote géolocalisée sur l’exploitation. PHOTO//Airinov

Le vol est assuré par l’un des opérateurs déployés sur le territoire. Le vol est automatique et rapide : le drone survole 3 hectares par minutes, à 150 mètres au-dessus des parcelles.

Lancé à la main, le drone va commencer son vol automatique. Il est programmé pour photographier et enregistrer la lumière reflétée par le feuillage (réfléctance). Pour ce faire, il est équipé d’un capteur qui enregistre la couleur des plantes dans quatre parties distinctes de la lumière (vert, rouge, proche infra-rouge et infra-rouge). Il est muni d’un capteur de lumière pour corriger les variations d’éclairement et s’affranchir des passages nuageux. A partir de la « vraie » couleur des feuilles obtenue après ces corrections, Airinov produit des informations agronomiques inédites, comme la biomasse, l’azote absorbé et la matière sèche.

Une fois ces données enregistrées, elles sont entrées dans un modèle agronomique qui va les traduire en cartographie de besoins de la culture. La carte est délivrée en 4 jours maximum, après analyse et vérification par un ingénieur agronome. Elle résume les mesures et constitue un véritable « scan » de l’exploitation. Elle fournit des préconisations pratiques pour traiter au mieux les cultures et faire ainsi des économies d’engrais.

Comme toute bonne start-up, Airinov mise sur l’innovation. Si l’optimisation des traitements phytosanitaires est encore en recherche et développement, l’entreprise espère pouvoir proposer rapidement une offre commerciale pour optimiser également l’épandage de ces produits.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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