C’est peut-être de l’île de La Réunion que viendra l’avenir de la vanille. Une maladie liée à la prolifération d’un champignon, le fusarium, met fortement à mal les plants de vanille traditionnelle. C’est pourquoi des chercheurs du Cirad cherchent à mettre au point une nouvelle variété de vanille. Plus résistante que la vanille classique, Handa promet également de réelles qualités gustatives.

La vanille, une épice de luxe, fragile et de plus en plus chère. Durant ces dernières années, son prix s’est envolé, atteignant même 650€ le kilo il y a un an. Ainsi, la vanille est aujourd’hui l’épice la plus chère du monde, derrière le safran. Plusieurs raisons expliquent l’envolée de son prix. Fragilité de l’orchidée, mauvaises conditions climatiques, ou encore maladie des plants nuisent à la bonne croissance de la vanille. Et l’une des maladies les plus ravageuses pour la vanille est la fusariose. C’est pourquoi une équipe de chercheurs du Cirad de Saint-Denis de la Réunion a conçu Handa. Handa est peut-être l’avenir de la vanille. Elle représente probablement la plus grande avancée agronomique pour cette orchidée terrestre depuis le XIXème siècle. Sous les serres du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), les chercheurs sont satisfaits.

Handa, une vanille plus résistante aux champignons

La fusariose est une maladie du vanillier causée par un champignon, le fusarium. « C’est un champignon du sol qui détruit les racines des vanilliers. C’est un champignon qui est répandu dans le monde entier », explique Michel Grisoni, agronome-virologue au Cirad Réunion. Or, la vanille est une orchidée terrestre qui a besoin d’aller puiser dans le sol les nutriments nécessaires à sa croissance. Cela fait plus d’une dizaine d’années que les chercheurs regroupés autour de Michel Grisoni tentent de mettre au point Handa. Plus précisément, Handa est une nouvelle sous-catégorie de la famille de la Vanilla planifolia, le nom latin de la vanille. Leur objectif est de créer une plante qui soit à la fois moins sensible à la fusariose et suffisamment productive.

Au terme de leur recherche, Michel Grisoni et son co-inventeur Jean-Bernard Dijoux ont rappelé pourquoi Handa est essentielle dans l’Océan Indien. À l’heure actuelle, le géant mondial de la production de vanille est l’île de Madagascar, voisine de La Réunion. Les difficultés météorologiques y sont les mêmes qu’à La Réunion. Or, « la pression croissante des ravageurs et des maladies dans les parcelles de production entrave fortement l’industrie de la vanille ». Aussi, les découvertes des agronomes chercheurs réunionnais sont primordiales pour apporter une solution pérenne à la production de vanille.

Le Cirad au défi de la production de gousses de vanille

Handa pourrait être une invention notoire pour les cultivateurs malgaches, de qui dépend en grande partie le marché. Rappelons qu’aujourd’hui la vanille se fait de plus en plus rare dans notre alimentation. Les restaurateurs s’en détournent, à cause de son prix. Dans l’industrie agroalimentaire, le recours à la vanille naturelle est également de plus en plus anecdotique. C’est avec de la vanilline de synthèse que sont le plus souvent parfumés les yaourts et les desserts. Ainsi, Handa pourrait également être une solution pour redynamiser le marché de la vanille naturelle, au détriment des substituts artificiels.

À l’heure actuelle, les tests sur différents plants de vanille Handa continuent pour trouver le croisement parfait afin de fournir un maximum de gousses. Aujourd’hui, 20% des plants affichent une résistance notoire à la fusariose. Ce sont sur eux que les expérimentations continuent pour parvenir à produire le plus de fruits, de gousses, possibles. Cela est un réel défi car la pollinisation de l’orchidée est très délicate. Comme à l’époque d’Edmond Albius , esclave réunionnais qui inventa la pollinisation artificielle de l’orchidée, cette étape se fait toujours à la main.

Auteur : Chaymaa Deb, journaliste du webzine Natura-sciences.com


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