Suite à la diffusion de la note de France Stratégie sur l’hydrogène, la filière française aurait pu être enterrée dans l’œuf. Mais le projet de loi relatif à la transition énergétique prévoit de nouvelles études pour développer la filière française.

hydrogène transition énergétique

La première station-service de distribution d’hydrogène a été inaugurée en France à Saint-Lô (Manche) en janvier 2015

Le véhicule électrique à propulsion hydrogène est dans la ligne de mire des politiques. En sortie de Commission spéciale pour l’examen du projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte, l’article 30 quater du texte prévoit d’avancer sur le sujet. A compter de la promulgation de la loi, le Gouvernement aura 12 mois pour remettre au Parlement un rapport portant notamment sur « la mise en œuvre de mesures incitative s» pour « promouvoir des innovations technologiques » dans « les piles à combustibles ». Il devra également proposer un plan de « déploiement d’une infrastructure de stations de distribution à hydrogène ». Par ailleurs, le projet de texte de la loi de transition énergétique a inscrit une neutralité technologique dans tous les articles qui parlent de « véhicules propres ». L’hydrogène devrait donc entrer dans les décrets d’application.

Le consortium mobilité hydrogène France a quelque peu mâché le travail des experts du Gouvernement. Il a publié en octobre 2014 les résultats de son étude visant à proposer un plan de déploiement national des véhicules hydrogène à partir de flottes captives. Recourir à des flottes captives autour des stations service permet de les rentabiliser au plus vite. Selon l’étude, le marché des véhicules hydrogène pourrait représenter 800 000 véhicules et 600 stations de distribution en 2030. Mais les experts suivront-ils ces recommandations?

Lire aussi : Le véhicule à hydrogène enterré par France Stratégie?

Réagir pour ne pas louper le virage de l’hydrogène?

Aujourd’hui, le nombre de stations à hydrogène se comptent sur les doigts d’une main. D’autres sont en projet, ce qui devrait porter le nombre de stations à une quinzaine début 2017. Une première flotte captive de véhicules se déploit sur Lyon, une deuxième sur Grenoble. Cela ne suffira évidemment pas pour imposer le véhicule à hydrogène ! Mais les industriels et les politiques veillent au grain pour déployer leurs stations de façon progressive sur le maximum de flottes captive.

Il ne faudrait pas louper le virage de l’hydrogène. « Toyota pousse maintenant très fort le véhicule électrique à hydrogène », rappelle Pascal Mauberger, Président de l’association française pour l’hydrogène et les piles à combustible (AFHYPAC). « Il y a pas mal de succès au Japon, puisque le constructeur a annoncé le triplement de sa production de voitures à pile à combusible ». Les capacités de fabrication passeront ainsi de 700 unités par an en 2015 à environ 2 000 en 2016 et 3 000 en 2017.

Le rapport prévu par le projet de loi sur la transition énergétique contiendra aussi « l’élaboration d’un plan de développement du stockage des énergies renouvelables par hydrogène décarboné ». Il devra notamment définir « un modèle économique du stockage par hydrogène de l’électricité produite à partir de sources d’énergies renouvelables » pour « encourager les producteurs d’énergies renouvelables à participer à la disponibilité et à la mise en œuvre des réserves nécessaires au fonctionnement des réseaux publics de transport et de distribution d’énergie ».

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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