Une balle de tennis mettrait plusieurs milliers d’années à se dégrader dans la nature. A la veille de Roland-Garros, lumière sur leur recyclage, à travers l’Opération Balle Jaune créée par la Fédération Française de tennis en 2008.

operation balle jaune roland garros

Une balle de tennis est broyée en granulats (au milieu) qui sont mélangés avec une résine pour former un tapis souple (à droite). © Matthieu Combe/Natura Sciences

Environ 14 millions de balles de tennis sont vendues en France chaque année. Sur ce total, la Fédération Française de Tennis (FFT) en a collecté 1,5 million en 2016 grâce à son « Opération Balle Jaune ».  Depuis le début de l’opération, plus de 8 millions de ballons ont été collectées. Mais il reste une importante marge de progrès. En effet, le taux de collecte et de recyclage des balles de tennis usagées auprès des 31 ligues de France métropolitaine est inférieur à 11%. Grâce à la collecte de ces balles, 30 tapis ont été offerts à des structures à vocation sociale, sanitaire ou éducative (hôpitaux et centres de rééducation) entre 2009 et 2016.

Les dirigeants de la FFT lancent un appel à toutes les bonnes volontés qui voudraient les rejoindre. Ils aimeraient développer de nouveaux lieux de collectes sur les territoires : écoles, centres de loisirs, bacs de récupération dans les centres de distribution et les magasins, etc.  Les fournisseurs de balles de tennis et les collectivités pourraient jouer un rôle important dans le développement de cette collecte.

Roland Garros : que deviennent les balles de tennis ?

Les balles de tennis du tournoi de Roland-Garros sont prises par les joueurs pour leur entraînement. Une partie est ensuite revendue aux visiteurs et une autre partie va dans les clubs. « Quand on est professionnel, on va souvent reprendre des balles neuves à chaque entraînement, mais les balles sont ensuite encore utilisables au niveau du club. » explique Arnaud Clément, capitaine de l’équipe de France et parrain de l’édition 2013 avec Stéphane Houdet, n°2 mondial de tennis en fauteuil.

Ensuite, lorsque les balles arrivent en fin de vie dans les clubs, l’idée est de les récolter dans des bacs de collecte. Mais la majorité échappe encore à cette collecte et finit donc incinérée ou en décharge. Les balles perdues sont abandonnées dans la nature.

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Comment se passe cette collecte?

Dans les différents clubs, les balles peuvent être déposées dans des containers prévus à cet effet. Ces derniers sont ensuite acheminés vers un ou deux centres de collecte pour chaque ligue afin d’optimiser la collecte finale. Une fois par an, une collecte nationale, menée par la société Coved, permet de récupérer les balles usagées au sein des différentes ligues. Pour optimiser le nombre de kilomètres parcourus, deux camions font le tour de France des ligues. Un camion se consacre aux ligues du nord du pays, un autre à celles du sud. La question de la logistique est une question clé, notamment à cause du rapport poids-kilomètre qui peut limiter l’intérêt du recyclage. Il faut donc aller collecter le plus de balles possible à un endroit donné pour rentabiliser le processus.

Concernant les emballages de balles de tennis, les fabricants payent leur eco-contribution à Eco-emballages. La boîte en acier ou en aluminium est donc recyclable. En revanche, la boîte en plastique n’est pas recyclable pour le moment et doit être jetée dans la poubelle ménagère.

Comment recycler une balle de tennis ?

Les balles sont broyées en granulats de 6 à 8 mm de diamètre environ. Les granulats de caoutchouc sont ensuite aspirés de façon à retirer la feutrine jaune. Néanmoins, elle ne peut pas être totalement éliminée. Le produit final en contient encore de 10 à 15 %. Les granulats récupérés sont ensuite mélangés à une résine polyuréthane pour former un revêtement dit « souple ». Son épaisseur se situe entre 1,5 cm et 2 cm. Placé sur une surface plane, ce revêtement formera un sol sportif ou un tapis d’évolution. 50.000 balles de tennis broyées donnent environ 1 tonne de granulat. Il permet de fabriquer 100 m2 de tapis. Enfin, les ligues de la FFT financent la pose de la surface à destination d’une structure locale.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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