Pour relever les défis vers un monde neutre en carbone, Mines Paris – PSL, école d’ingénieurs de référence pour la recherche en lien avec la transition bas carbone, annonce aujourd’hui le lancement de « The Transition Institute 1.5 » (TTI.5). Cette formation adressée aux étudiants ingénieurs et les doctorants veut imaginer un monde décarboné.

Nichée dans le 5ème arrondissement de Paris, l’école des Mines Paris-PSL s’affiche comme un établissement d’excellence. L’école est une composante de l’Université PSL qui forme des ingénieurs à même de relever les défis de demain. « 75% de l’activité de l’école est liée à la recherche. Nous formons nos étudiants, nos futurs ingénieurs, aux enjeux climatiques », se félicite Vincent Laflèche, directeur de Mines Paris-PSL.
Avec la nouvelle formation « The Transition Institute 1.5 », lancée officiellement ce vendredi soir, l’école s’inscrit dans une démarche scientifique. Elle vise à apporter des réponses scientifiques transdisciplinaires concrètes aux déséquilibres de la planète. Pour le bien de l’environnement, « nous devons faire passer la science dans le débat public », explique Nadia Maïzi, directrice de TTI.5, professeure à Mines Paris – PSL, auteure principale du 6ème Rapport du GIEC.
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Former aux enjeux climatiques
Nadia Maïzi est l’autrice principale du volet « solutions » du dernier rapport du GIEC paru début avril. Et « c’est dans cette continuité que se situe cet institut. Nous voulons traiter la question de la transition écologique en profondeur. Trouvons ensemble des moyens de passer à un monde décarboné. Nous sommes dans l’urgence », explique-t-elle.
Le nom de l’institut TTI.5 fait référence à l’objectif d’élévation maximale de température moyenne du globe d’ici 2100 par rapport à la période préindustrielle. L’institut s’articule autour de ses élèves pour les former sur cette thématique. Ainsi un parcours doctoral, ainsi qu’un parcours académiques sont proposés pour former aux enjeux climatiques. La finalité est de proposer des thèses scientifiques qui vont dans le sens d’un monde en pleine transition écologique.
Un institut construit sur 4 axes
« Cet institut associe sciences de l’ingénieur et sciences économiques et sociales, tout en alliant des approches empiriques et théoriques autour d’un programme scientifique ambitieux, décliné en 4 axes », explique Nadia Maïzi. Le premier axe se nomme « design de la transition ». Il consiste à expliciter les mécanismes à adopter pour garantir la décarbonation souhaitée. Le second s’intitule « une planète électrique ?« . Cet axe vise à questionner les implications d’une vision associée à la décarbonation qui « passerait par une électrification massive », explique la directrice de TTI.5.
« La planète inclusive » est le nom du troisième volet de l’institut. L’idée est de se consacrer à l’identification des solutions et des outils permettant d’engager l’ensemble des acteurs dans la transition. Et enfin le dernier axe de la formation : « la planète comme enjeu d’influence ». « Aujourd’hui le climat est devenu un objet de pouvoir pour certaines grandes puissances mondiales », constate Nadia Maïzi.
Le positionnement et le mécénat
TTI.5 doit permettre à Mines Paris – PSL de se positionner « en lieu d’influence en interaction forte avec la société pour éclairer le débat public », explique Vincent Laflèche. L’institut doit aiguiller « les choix des décideurs autour de la crise climatique », ajoute Nadia Maïzi. Elle insiste : « nous sommes dans l’action ».
Pour financer la recherche, les thèses, et tout ce qui entoure l’institut, l’école « a besoin de 10 à 15 millions d’euros ». En conséquence TTI.5 sera composé d’un comité de scientifiques, mais également de représentants de mécènes. Vincent Laflèche assure néanmoins l’indépendance de l’institut.


