La start-up Myfood lance la commercialisation de ses serres pour atteindre l’autonomie alimentaire en agriculture urbaine. Avec ses serres de 3,5 m2, 14 m2 ou 22 m2, Myfood permet de produire la totalité de ses fruits et légumes bio à domicile. Mais aussi de faire de la pisciculture pour une famille jusqu’à 4 personnes. Une solution pour manger local et bio tout au long de l’année sans engrais, ni pesticides chimiques.

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Les serres Myfood associent permaculture et aquaponie pour atteindre l’autonomie alimentaire. PHOTO/Myfood

Myfood lance la commercialisation de ses serres associant aquaponie et permaculture. En 2016, les solutions de Myfood ont été déployées chez 30 pionniers en Europe, notamment en France, Espagne, Belgique, et au Luxembourg. La solution convient aux particuliers, mais aussi aux écoles, restaurants, maisons d’hôtes… « Chez nos pionniers, on est environ à 70% de particuliers et 30% de professionnels et institutions », précise Sophie Muller, directrice du développement de Myfood. Et aujourd’hui, plusieurs mairies et lycées sont intéressées par nos serres ». Fin juillet 2017, Myfood se rapproche de la 50e serre connectée installée, l’équipe installe entre 3 et 4 serres par semaine.

« La R&D se concentre sur le développement d’une solution pour une ferme de maraîchage, nous confie Sophie Muller. Nous recherchons actuellement un agriculteur 2.0 pilote pour se lancer dans l’aventure ». L’entreprise voit grand. « Notre projet est aussi d’intégrer directement la serre avec les architectes en début de projets comme solution d’autonomie alimentaire », continue-t-elle.

Myfood allie aquaponie et permaculture

L’aquaponie exploite la symbiose naturelle entre les végétaux et les poissons. Concrètement, sur la serre de 22 m2, entre 16 et 24 tours verticales, surplombent un bassin contenant une vingtaine de poissons. Celles-ci hébergent les racines des plantes et l’écosystème bactérien. Elles permettent de faire pousser hors-sol tous les légumes à racines courtes, des salades, tomates, aubergines, concombres et plantes aromatiques. Mais aussi des fruits, comme des fraises. Les poissons peuvent être variés, selon les préférences des clients : truites, carpes, tilapias… Ils ont un cycle de croissance compris entre 3 et 4 mois. « Certains de nos pionniers ont même lancé la culture d’écrevisses ou homards », s’amuse Sophie Muller.

Le système fonctionne en boucle fermée. Dans le bassin, l’eau se charge en nutriments grâce aux déjections des poissons. Cette eau est filtrée, pompée et injectée au goutte à goutte dans les tours verticales où elle irrigue les racines des végétaux. Le substrat en polyéthylène téréphtalate (PET) alimentaire contient l’écosystème bactérien nécessaire à la transformation de l’ammoniac. Le système nécessite entre 1.000 et 1.200 litres d’eau par an. Le seul intrant est donc la nourriture bio pour les poissons.

Dans la serre, des légumes bio à racines longues – carottes, blettes, pommes de terre… – peuvent aussi pousser au sol, en permaculture. Pour cela, un mille-feuille de terre, compost et bois recrée le sol des forêts. Les semences proposées sont biologiques et biodynamiques, certifiées Demeter ou AB. Ces graines sont « ouvertes » et peuvent donc être resemées sans être achetées à nouveau. Les plans de la serre sont également ouverts, publiés selon la licence Creative Common BY-NC. « Notre solution est éducative: on peut par exemple les semis avec les enfants, explique Sophie Muller. Ce que l’on propose est de se reconnecter avec son alimentation ».

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Une serre connectée et intelligente

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Intérieur de la serre de 3,5 mètres carrés. PHOTO//Natura-sciences.com, Matthieu Combe

Des capteurs open-source surveillent les paramètres clés : pH, température, ammoniac et oxygène dissous. Ils permettent aussi d’alimenter une base de données indépendante sur la qualité de l’air et la radioactivité.

Un logiciel traite ces données et fournit les résultats sur un écran situé dans la serre. L’écran notifie l’utilisateur lorsqu’une intervention manuelle est nécessaire, que cela soit pour remplir le bac d’alimentation des poissons, récolter les cultures, retirer les algues de l’eau, nettoyer le filtre de la pompe, etc. De ce fait, les concepteurs l’assurent : le temps de maintenance journalier est inférieur à 20 minutes.

En France, les serres peuvent être autonomes grâce au déploiement de panneaux photovoltaïques semi-transparents. Ils assurent le fonctionnement des pompes, capteurs, de l’écran et de l’éclairage. Pour les régions froides, un poêle à granulés thermostaté, proposé en option, complète le chauffage.

Une serre rentable pour l’autonomie alimentaire

L’alliance de la permaculture et de l’aquaponie permet d’obtenir un haut rendement de production. Selon les concepteurs, la serre de 22 m2 permet de produire entre 350 et 500 kg de fruits et légumes et entre 50 et 60 kg de poissons par an. La commercialisation de la serre de 3,5 m2 commence à 4.000 euros, la version de 22 m2 à 8.000 euros. Avec un prix demeurant assez accessible, le retour sur investissement se ferait en moins de 4 ans.

A partir de la mi-mai, Myfood proposera aussi sa tour Balcony à 540 euros. Il s’agit d’une tour verticale, d’une emprise au sol de 1 m2. Elle permet de faire pousser 42 espèces de plances différentes: salades, aromates, fleurs comestibles… Sa base renferme 100 litres d’eau. L’aquaponie est remplacée par de la bioponie. Les plants poussent grâce à des engrais bio (purin d’ortie, minéraux, etc.).

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Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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  • Yves Boutin

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    Yves B.
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