Le festival de Cannes, un gâchis impensable

Paru le 15.05.13 - Dernière modification le 10.10.13 - 5 commentaires

Dans le long-métrage « Super Trash », Martin Esposito montre comment les déchets du festival de Cannes se retrouvaient dans la décharge à ciel ouvert de La Glacière, à Villeneuve-Loubet, jusqu’à sa fermeture en 2009. Petite visite guidée !

tapis rouge cannes

Une vue moins connue du célèbre tapis rouge du Festival de Cannes. © Super Trash

Le festival de Cannes s’ouvre aujourd’hui. Pendant dix jours, les grandes stars internationales du cinéma se succéderont sur la Croisette et son tapis rouge. Pour avoir un tapis toujours écarlate, les organisateurs ne s’embêteront pas à le laver entre chaque montée, ils préfèreront plutôt le changer. Et cela devrait arriver au moins trois fois par jour !

Pour tenter de mettre fin à ce gaspillage, une pétition vient d’être lancée par Greenpride sur change.org. Elle demande aux organisateurs du Festival de Cannes de n’utiliser qu’un seul tapis par jour pendant tout la durée de l’édition 2013. Seront-ils entendus ?

Mais le gâchis ne vient pas seulement du tapis rouge. Martin Esposito a filmé pendant deux ans la décharge à ciel ouvert de La Glacière. Il y a fait une découverte étonnante : cette décharge accueillait toutes les moquettes du festival de Cannes, les tapis rouges, les billets d’entrées, les badges du personnel… bref, l’intégralité des poubelles du Festival. Pendant ce temps, le Festival de Cannes revendiquait déjà un tri sélectif exemplaire sur ses panneaux publicitaires et organisait même des espaces de recyclage…

« Super Trash », un long-métrage incontournable

Pour Martin Esposito, « la décharge est le reflet de notre monde, la réalité, la vraie ». Et cette réalité n’est pas très jolie à voir. Elle nous montre un gaspillage inimaginable : des tonnes de nourriture jetées et non périmées, des camions entiers de bouteilles de verre, des livres et des déchets d’équipements électriques et électroniques à gogo. On y trouve également pêle-mêle des déchets toxiques provenant de déversements de produits pétroliers, de boues de stations d’épuration, de rouleaux de médicaments en provenance directe des laboratoires, et même… des cercueils ! Les jus formés par ces déchets se déversent dans la rivière qui se jette, non loin de là,… dans la mer Méditerranée.

Durant le tournage, Martin Esposito vit dans une cabane surélevéeé dans les bois et dort sur un vieux matelas trouvé dans la décharge. Il filme ses découvertes étonnantes dans les poubelles, s’alimente avec les produits encore emballés trouvés dans la décharge. L’odeur y est insoutenable.

Si l’avant-première du long-métrage a eu lieu le 25 septembre dernier lors de la Global Conférence d’Evian, sa sortie officielle n’est prévue que le 9 octobre 2013 dans les salles obscures.

Mise à jour du 22 mai 2013 : Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, a reçu la pétition “Cannes: pas de gâchis pour un tapis” signée par plus de 9000 personnes en une semaine. Au cours de l’entretien, Thierry Frémaux a indiqué que rien ne changerait pour l’édition en cours du Festival, mais il a cependant proposé à Greenpride, , à l’origine de cette mobilisation, de participer à une concertation dès la fin de la quinzaine, afin d’envisager ensemble des innovations écologiques pour rendre la prochaine édition plus vertueuse. Affaire à suivre, donc…

Auteur : Matthieu Combe

Discussion

Hellboy
15 mai 2013
09:23

toutes les entreprises revendiquent un tri sélectif exemplaire mais quasiment toutes s’en fichent, je vous parle de vécu lors des salons porte de versailles et autres, défilés de mode etc… et pourquoi ?
1/ c’est une perte de temps
2/ le stockage coûte plus cher
3/ ça ne leur rapporte rien du tout

jean-michel
15 mai 2013
13:04

c marrant ce film va être présenter dans des festivals lol ou on va jeter la moquette après!!!!

Aurore
15 mai 2013
15:46

Ce film va réveiller les esprits, sera primé au Festival de Cannes dont l’abolition immédiate sera décidée à l’unanimité et faire enfin changer les choses dans ce monde à la dérive. Nan, j’rigole… malheureusement.

Marie Mélanie
16 mai 2013
07:52

L’envers du décor, j’adore ! L’environnement ? Connais pas !
Conscience ? En ai pas !
Alors ça roule à cannes, que le spectacle continue !

OlivierJ
16 juin 2013
19:17

Une remarque : évitez d’utiliser le pléonasme « tri sélectif », parlez de tri ou de collecte sélective, mais n’en faites pas une seule expression :) .

 

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