Si le nucléaire est souvent apparu comme l’énergie la plus compétitive pour produire de l’électricité, la baisse récente du prix des énergies renouvelables change la donne. Où en est-on ?

éolienne photovoltaïque nucléaire

L’électricité d’origine éolienne et photovoltaïque coûtent déjà moins chers que l’électricité de l’EPR de Flamanville. PHOTO//DR

Début 2012, la Cour des Comptes estimait que l’électricité du futur EPR de Flamanville coûterait entre 70 et 90 euros le MWh. C’était sans compter un nouvel alourdissement de 2,5 milliards d’euros de la facture de construction, portant le total à 8,5 milliards d’euros, contre 3,3 milliards en 2005 lors du lancement du projet. Le MWh de Flamanville devrait donc coûter plus de 100 euros. Si la construction des autres EPR devrait être moins chère, il apparaît déjà que l’éolien terrestre et le photovoltaïque sont compétitifs avec l’énergie nucléaire !

Un prix du photovoltaïque qui baisse drastiquement

Faisons un petit tour des coûts actuels pour un mégawattheure (MWh) d’électricité produite. Le nucléaire historique coûte entre 50 et 55 €/MWh. Pour l’éolien terrestre, le prix se situe entre 80 et 85 €. L’éolien offshore reste encore beaucoup plus cher à environ 220 €/MWh. Si l’électricité solaire photovoltaïque coûtait encore 300 €/MWh il y a quelques années, les nouvelles installations coûtent aujourd’hui 100 €/MWh. En 2014, les prévisions sont à 80 €/MWh, ce qui en fera une énergie moins chère que l’éolien terrestre. En 2020, c’est 50 €/MWh, un prix égal au nucléaire historique ! C’est donc une énergie qui va s’imposer rapidement, d’autant plus que le déploiement peut être très rapide. « On peut imposer des gigawatts de solaire en 18 mois, c’est-à-dire à peu près 5 fois plus rapidement que la plupart des autres sources d’énergie », note Thierry Lepercq, Président de Solairedirect, producteur intégré d’électricité solaire.

Lorsque l’on compare toutes les énergies, on s’aperçoit que le prix des énergies renouvelables baisse, alors que celui des énergies fossiles historiques a tendance à augmenter. « Quand on regarde les prix vers lesquels on va, que ce soit pour l’éolien, le solaire, les nouveaux moyens de production en nucléaire ou en fossile, on est en train de converger vers une gamme entre 80 et 120 € du MWh », affirme Jean-Louis Bal, Président du Syndicat des énergies renouvelables. « Pour les années à venir, les énergies renouvelables ne seront plus un facteur d’augmentation du prix de l’électricité, mais au contraire un facteur de stabilité du prix », précise-t-il. Le développement de ces énergies nécessite toutefois de nouveaux réseaux et une technologie de stockage.

Cela étant dit, les instabilités réglementaires et tarifaires, des procédures d’appels d’offres pas forcément les plus adaptées et un fond chaleur de l’ADEME sous-dimensionné font que les objectifs du Grenelle de l’environnement de 23 % d’énergies renouvelables en 2020 sont encore loin d’être atteints. Pour le Président du Syndicat des énergies renouvelables, « On est plutôt parti pour faire du 17-18% que du 23% ». Le débat national sur la transition énergétique doit redresser la barre.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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