Les questions écologiques ont brillé par leur absence lors du grand débat télévisé de l’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Mais quelles sont les propositions écologiques des deux candidats?

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L’environnement a brillé par son absence dans le débat de l’entre-deux-tours.

Pas un mot sur la transition écologique et énergétique. Pas un mot sur le réchauffement climatique, les problématiques environnementales, la pollution, la croissance verte… A aucun moment Marine Le Pen ou Emmanuel Macron n’ont décidé d’en parler d’eux-mêmes. Sur les réseaux sociaux, nombre d’électeurs se sont indignés. Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, a regretté ce manque sur BFMTV suite au débat. Dans un entretien au Monde, Nicolas Hulot se dit « affligé » par l’absence de l’environnement du débat présidentiel.

Sur les 11 candidats du premier tour, la transition écologique était une priorité pour seulement deux d’entre eux : Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Ils proposaient tous deux la sortie du nucléaire et 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050. Avec les deux finalistes, on en est loin. Mais leurs positions sont très opposées.

Macron vs. Le Pen sur le nucléaire

Le prochain locataire de l’Elysée arrivera à une période charnière. Son quinquennat jusqu’en 2022 sera capital pour atteindre les objectifs contenus dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte votée en août 2015. Celle-ci prévoit notamment la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % en 2025 (au lieu de 72,3% en 2016). Elle plafonne la capacité du parc nucléaire à sa puissance actuelle de 63,2 gigawatts (GW).

Marine Le Pen a fait savoir que si elle était élue, elle ne réduirait pas la part du nucléaire et ne fermerait pas la centrale de Fessenheim. Elle prolongerait la durée de vie des réacteurs à 60 ans. A l’opposé, Emmanuel Macron s’est engagé à respecter la réduction de la part du nucléaire et la fermeture de la centrale de Fessenheim, conditionnée à la mise en service de l’EPR de Flamanville. Pour la fermeture des 18 réacteurs prévus pour respecter la loi de transition énergétique, il se référera à l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire.

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Le Pen vs. Macron sur les énergies renouvelables

La loi prévoit de lentement remplacer le nucléaire et les énergies fossiles par les énergies renouvelables. Le texte prévoit une baisse de 50 % de la consommation énergétique en 2050 par rapport à 2012, avec un objectif intermédiaire de 20 % en 2030. Spécifiquement sur les énergies fossiles, la consommation énergétique primaire baissera de 30% en 2030. L’objectif est d’avoir 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie d’ici 2030. 40 % pour l’électricité, 38 % pour la chaleur, 15 % pour les carburants et 10 % pour le gaz.

Marine Le Pen mettra la priorité sur la fin des énergies fossiles. Elle déclare vouloir développer les énergies renouvelables compétitives, mais uniquement si elles sont produites en France. Elle souhaite néanmoins instaurer un moratoire sur le développement de l’éolien, car elle considère les éoliennes comme une pollution visuelle. Le candidat d’En Marche projette de doubler le parc éolien et solaire lors de son quinquennat. Il souhaite mettre fin au charbon durant le quinquennat.

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D’autres dispositions

Emmanuel Macron considère que le cadre fixé par la loi de transition énergétique est bien posé. Il ne souhaite pas rentrer dans une surenchère d’objectifs qui ne seront pas atteints, mais essayera déjà d’en respecter l’ensemble des objectifs. Avec Marine Le Pen, les mesures seront choisies à la carte.

Tous deux veulent faire de la rénovation et de l’isolation de l’habitat une priorité, conformément à la loi de transition énergétique. Celle-ci prévoit la rénovation de l’ensemble des bâtiments à l’horizon 2050 en fonction des normes basse consommation. Ils sont tous deux opposés à l’exploitation du gaz de schiste et aux OGM sauf dans le cadre de la recherche.
Emmanuel Macron envisage une prime de 1.000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride, neuf ou d’occasion. Il propose une proportion de 50% d’aliments bio ou local dans les cantines scolaires et d’entreprises d’ici 5 ans. Il veut atteindre 100% de plastique recyclé d’ici 2025 et augmenter le prix de la tonne de carbone émise par les industries. Enfin, Marine Le Pen est hostile au rapprochement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence, contrairement à Emmanuel Macron qui y est favorable.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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