Le marché des LED se développe. Utilisées dans nos écrans, nos voitures et nos ampoules, leur durée de vie exceptionnelle séduit. Mais les LED arrivées en fin de vie sont-elles recyclées ? Hervé Grimaud, Directeur Général de Récylum, éco-organisme en charge de la collecte des ampoules usagées nous fait un point de la situation.

recyclage ampoules led

Les ampoules LED présentent plusieurs formes et technologies. Comment développer un process industriel pour les recycler ensemble? © Natura-sciences.com

« En 2014, nous avons collecté environ 10 tonnes d’ampoules LED, soit près 200 000 unités sur un total de 4 600 tonnes d’ampoules », déclare Hervé Grimaud, Directeur Général de Récylum. « C’est encore très peu significatif, mais nous travaillons le sujet », explique-t-il. Car si les LED se développent depuis quelques années sur le marché de l’éclairage, il existe une très grande variété de produits, aussi bien au niveau de la forme que des consituants utilisés. Des tests sont donc en cours pour étudier la meilleure façon de les recycler.

Bien que la technologie évolue très rapidement,« recycler une lampe à LED n’est pas très compliqué », affirme Hervé Grimaud. Néanmoins, le faible volume collecté aujourd’hui nous impose de faire des tests sur les process industriels à mettre en place pour ce faire. « Aujourd’hui, on met les ampoules LED de côté dans les entrepôts pour en avoir des quantités suffisantes pour faire des essais et ainsi améliorer les process », clarifie le DG de Récylum. « On a besoin d’avoir un peu plus de lampes à LED pour avoir un volume qui nous permette de voir la diversité de ces lampes », souligne-t-il.

Un recyclage global des LED en perspective

Plusieurs analyses ont déjà été réalisées pour étudier la constitution de ces lampes. Pour cela, Récylum travaille avec le BRGM, des universités et des fabricants de machines de recyclage. Ces études représentent environ 150 000 euros en recherche et développement.

Les ampoules LED renferment notamment quelques métaux stratégiques tels que l’indium, le gallium et quelques terres rares. « Il sera intéressant de récupérer ces métaux stratégiques lorsque l’on aura des volumes significatifs. Cela ne concernera pas uniquement les LED des lampes, mais aussi les LED des voitures et des téléviseurs. Il faudra que l’industrie se développe sur la problématique LED au-delà de la problématique d’éclairage », insiste Hervé Grimaud.

Pour mettre au point le recyclage des LED, l’éco-organisme s’intéresse aussi à la problématique des chips (cartes à puces) présentes dans les LED. L’extraction des métaux stratégiques présents dans ces chips se fait par hydrométallurgie. Il faut donc arriver à fournir aux industriels les chips entières. « La problématique à résoudre est une problématique mécanique : comment éclater les lampes pour séparer les différents matériaux sans broyer la carte ? », explique Hervé Grimaud. Différents fabricants de machines de recyclage entreprennent ces tests de faisabilité.

Où mettre la limite pour la collecte?

Plusieurs produits connectés se développent : on trouve désormais des ampoules qui émettent plusieurs couleurs, des LED contenant une enceinte Bluetooth, des LED à détecteur de mouvements, etc. Ces nouveaux produits vont complexifier le recyclage.

« Il y a un foisonnement de technologies aujourd’hui qui rend l’exercice de prévision des quantités et de la qualité du contenu des lampes très difficile », prévient Hervé Grimaud. Les lampes connectées seront-elles à considérer comme lampe ou comme déchet d’équipement électrique et électronique (DEEE)? « Il faut regarder les gestes de collecte et ne pas rajouter de complexité », juge le professionnel. Puisque les consommateurs ont pris l’habitude de rapporter leurs ampoules dans les bacs de collecte, il serait donc bon de garder les consignes de tri actuelles pour l’ensemble des lampes. En fonction des lignes de recyclage mises au point, le collecteur fera ensuite au besoin un tri plus spécifique en aval. C’est le prix à payer pour continuer à augmenter le niveau de collecte tout en développant de nouveaux produits connectés !

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

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  • Chimel

    Hé hé, il n’y a pas beaucoup d’ampoules LED à recycler parce qu’elles sont récentes et durent plus longtemps. D’un autre côté, elles illuminent moins, donc il en faut plus… 🙂

    Je crois surtout qu’elles sont toujours bien trop chères. Les prix ont beaucoup baissés aux États-Unis, et la gamme s’est étoffée vers les ampoules ambiantes normales plutôt que juste les spots monodirectionnels, mais il faudrait arrêter de produire et commercialiser les ampoules fluorescentes au mercure en France et dans le reste du monde pour avoir un impact sur les prix des ampoules LED et standardiser la production, ce qui faciliterait le recyclage. Il existe maintenant des diodes LED pour toutes les gammes de lumière, par exemple ultraviolet ou infrarouge, avec ou sans transformateur, variateur ou autre composant électronique, ça complique un peu les choses, mais ça reste exceptionnel par rapport à la vaste majorité des ampoules.