La SPA a déposé une plainte devant le Procureur de Paris pour dénoncer les maltraitances animales. Corridas, chasse à courre, gavage, fourrure, spectacles dans les cirques, abattage sans étourdissement et expérimentation animale… Plusieurs activités sont dans le collimateur de l’association. L’objectif : faire débattre l’opinion publique et faire évoluer la législation sur la protection animale.

SPA plainte cruauté animaux

La SPA vient de porter plainte contre les sévices graves et actes de cruauté envers les animaux. PHOTO Wikimedia

Pour la SPA, la coupe est pleine. L’association de protection des animaux a décidé de porter plainte pour défendre les taureaux et les chevaux. La plainte pointe du doigt des « sévices graves et actes de cruauté ». Nulle difficulté pour comprendre qu’il s’agit notamment de dénoncer (encore une fois) la corrida. Les toreros, les organisateurs et les municipalités sont spécifiquement visés par cette plainte contre X. En effet, la menace pesant sur ces parties est réelle car le délit dénoncé par la SPA est bien reconnu pénalement. Il est passible de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende.

Le message que veut faire passer la SPA est clair, comme l’explique sa présidente Natacha Harry. Il s’agit de « s’engager de manière énergique sur un grand plan d’actions judiciaires contre les tortionnaires des bêtes ». L’action judiciaire lancée ces derniers jours ne sera pas la seule. Dans les neuf prochains mois, quatre autres seront lancées. Elles concerneront les animaux de divertissement (notamment dans les cirques) et les animaux d’élevage (et leurs conditions d’abattage). Mais aussi les animaux d’expérimentations et les animaux domestiques. Le but de cette manœuvre serait de faire reconnaître ces animaux « personnalité juridique ou technique ».

La SPA lutte contre les bêtes de foire

La plainte intentée donne le ton : la SPA ne veut plus que les animaux soient des bêtes de foire. Natacha Harry explique qu’il faut « donner un coup d’accélérateur à la lutte contre les maltraitances animales sous toutes ses formes, comme la corrida qui met en spectacle la souffrance animale pour divertir les humains ». Face à cette initiative, l’Observatoire des cultures taurines a dénoncé un « coup de bluff » de la SPA. « C’est une manière habile, mais perverse, de faire une campagne de communication à coût zéro car pendant 48 heures, on parle de la SPA » déclare son président André Viard.

Cela ne plaira certainement pas à ce dernier, mais l’action de la SPA n’est pas qu’anecdotique. La question de la protection animale se pose également hors de nos frontières hexagonales. En Italie, la Chambre des députés a décidé que les animaux ne seraient plus utilisés à des fins de divertissement. Une décision similaire a été prise en Irlande. Dès le 1er janvier prochain, il ne sera plus possible d’avoir des animaux sauvages dans les cirques. En effet, il sera interdit d’avoir recours à des animaux « qui ne sont pas habituellement domestiqués dans le pays » explique le ministre irlandais de l’Agriculture Michael Creed.

Des décisions encourageantes pour les animaux

La décision du ministre irlandais n’a pas manqué de ravir PETA. L’association de protection des animaux avait fortement lutté en faveur de cette décision. L’actrice américaine Pamela Anderson avait par ailleurs apporté son soutien à leur pétition. D’autres pays européens pourraient également montrer l’exemple à la France. L’Autriche, la Belgique et les Pays-Bas ont déjà procédé à cette interdiction. PETA invoque également la dimension de cruauté inhérente aux divertissements mettant en scène des animaux.

En France, la SPA n’est pas la seule à porter cette revendication. Le Parti animaliste prône également l’abolition des corridas, mais aussi des combats de coqs. Pour ce qui est des cirques, il demande que soit prononcée l’interdiction de détenir des animaux. De son côté, Aves France milite contre les spectacles des montreurs d’ours. L’association est dernièrement fièrement parvenue à faire annuler un spectacle mettant en scène un ours à Beauvais.

Portée par de telles actions, la SPA pourrait espérer faire évoluer les mentalités sur l’épineuse question du bien-être animal.

Auteur : Chaymaa Deb, journaliste du webzine Naura-sciences.com


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