L’Europe n’arrive toujours pas à se mettre d’accord sur une définition communautaire de ce qu’est un perturbateur endocrinien. Alors que ces produits contaminent nos corps, l’exposition aux perturbateurs endocriniens peut être considérablement diminuée en suivant quelques conseils simples. Étudions-en quelques-uns, souvent donnés par les ONG et les médecins sensibilisés au problème.

exposition perturbateurs endocriniens

Dans Plastic Planet [1] des habitants présentent tous les objets en plastique qu’ils détiennent chez eux.

L’alimentation est la source d’exposition principale aux phtalates et au bisphénol A. Des règles simples peuvent considérablement la diminuer. Il convient ainsi d’éviter les emballages en polycarbonates (plastique n°7), les conserves, les canettes et la vaisselle en plastique. Préférons les contenants en verres et les autres matériaux. Évitons les contenants en plastique lorsque nous chauffons un plat au four à micro-ondes et ne réutilisons pas nos bouteilles en plastique. En effet, le plastique usé rejette davantage ses plastifiants.

Les emballages plastiques doivent être réservés aux aliments frais qui se consomment rapidement. Plus le temps de contact sera réduit, plus le relargage sera faible. Si vous n’avez pas le choix, préférez les plastiques numérotés 2, 4 et 5. Ceux-ci sont considérés comme sûrs selon l’Institut national d’information en santé environnementale (Canada) et le Réseau environnement santé (France).

Ces recommandations concernent aussi les ustensiles de cuisine (bouilloires et passoires en plastique, paniers en plastique des cuit-vapeur électrique), ainsi que les poêles et moules avec revêtement TEFLON (PTFE, PFOA).

Lire aussiDes perturbateurs endocriniens plein les cheveux des écolos

Limiter les cosmétiques

Les cosmétiques constituent également un important terrain d’améliorations. Ne mettez pas quotidiennement du parfum, du vernis ou des crèmes inutiles. Gardez-les pour les occasions spéciales !

Préférons les produits dont un label garantit l’absence de phtalates. Les cosmétiques bio peuvent être une solution. Une autre est de privilégier des produits plus simples tels que le savon de Marseille ou des pains surgras. Au passage, leur emballage en papier sera plus écologique qu’une bouteille en plastique dur. Faîtes particulièrement attention aux produits que vous utilisez si vous êtes enceinte et à ceux destinés aux jeunes enfants.

Il convient de limiter les déodorants et laques à vaporiser. Si ceux-ci sont inflammables ou extrêmement inflammables, c’est parce qu’ils sont propulsés au propane !

Quelques précautions à suivre à la maison…

Dans votre maison, les substances chimiques présentes dans vos différentes affaires sont lentement relâchées dans l’air. Elles rejoignent alors les poussières qui seront respirées par toute la famille. Pour la décoration de votre appartement, évitez donc tous les objets qui peuvent contenir un nombre important de phtalates notamment si des enfants en bas âge le  fréquentent. Évitez les revêtements plastifiés pour le sol et les murs et privilégiez les peintures et enduits naturels. Au salon, attention au canapé et aux tapis qui ont pu être traités avec des composés perfluorés. Préférez les meubles en bois plein plutôt que ceux en aggloméré. Ces derniers sont souvent imprégnés de formaldéhyde et de benzène, qui sont cancérigènes.

Pour faire le ménage chez vous, préférez la simplicité. Les détergents nocifs et irritants ne sont pas toujours obligatoires. Bien souvent, de l’eau peut suffire. Les produits naturels comme la cire d’abeille, le vinaigre blanc, le jus de citron et le bicarbonate de soude sont également des solutions. Les produits sans parfum et sans colorant lavent tout aussi bien et permettent d’éviter les émanations de phtalates utilisés en tant qu’agent fixateurs ! Passez régulièrement l’aspirateur pour éviter les accumulations de poussières. Veillez à ce que votre aspirateur ait un filtre pour qu’il ne dissémine pas les particules dans la pièce. Si tel n’est pas le cas, aérez en même temps pour les entraîner vers l’extérieur.

Évitez d’utiliser des insecticides dans vos foyers. Ne parfumez pas non plus l’intérieur avec des désodorisants, des bougies parfumées, des huiles essentielles ou des diffuseurs électriques. Ceux-ci sont issus de la pétrochimie et contiennent des produits nocifs dont de nombreux allergènes selon une étude de l’association UFC-Que Choisir, qui recommande aux consommateurs de ne pas les utiliser.

Les vêtements neufs peuvent être une source de contamination… Lavez-les ou aérez-les pour éliminer les retardateurs de flamme (PBDE). Ceux-ci seront néanmoins rejetés dans le milieu naturel après passage par les stations d’épuration. Mieux vaut donc privilégier en amont les labels garantissant des textiles sans produits chimiques (label EKO, Naturtextil, BioRe,ou Oeko-tex 100). Évitez  les cuirs synthétiques et les vêtements plastifiés.

Protéger les enfants contre les perturbateurs endocriniens…

Les enfants sont particulièrement exposés aux substances contenues dans les jouets. Ne leur offrez que des jouets adaptés à leur âge. Les règlementations ne sont en effet pas les mêmes pour les enfants en dessous et au-dessus de trois ans. Pour les peluches, préférez celles en tissu ou coton bio et en fibres naturelles. Comme pour les textiles, il est préférable de laver ces produits avant leur première utilisation. La meilleure solution pour éviter toute contamination par des phtalates reste encore de choisir des jouets en bois brut sans vernis, peinture naturelle à privilégier. Évidemment, cela reste plus facile à dire qu’à faire ! Les enfants sont souvent attirés par toute sorte de jouets. Difficile de trouver un robot en bois ! Cependant, varier les jouets de façon à éviter le « tout plastique » reste la meilleure solution pour protéger votre enfant de nombreuses substances chimiques indésirables.

Si vous avez lu l’article Pourquoi retrouve-t-on les phtalates partout ? vous avez compris qu’un jouet en plastique dur contient moins de phtalates qu’un jouet en plastique flexible. Pour les jouets en plastiques, privilégiez donc ceux qui sont les plus rigides. Dans tous les cas, la prévention nous invite à aérer les produits neufs ou les rincer de façon à enlever les molécules les plus volatiles. Si un jouet sent le plastique, c’est que des plastifiants s’en dégagent par volatilisation !

L’enfant est en contact direct et prolongé avec le biberon. Il convient donc d’éviter les biberons en plastique et préférer ceux en verre. Si vous avez recours à un biberon en plastique, veillez au moins à ce que le plastique ne soit pas abîmé et évitez de le chauffer. Pour les tétines, choisissez plutôt celles en silicone ou en latex naturel. Enfin, préférez les couches lavables en fibre de bambou ou les couches jetables sans produits chimiques.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

La rédaction vous conseille aussi :

  • Lola

    Impossible à mettre en pratique donc…..

  • Jean

    Il ne faut pas être si défaitiste Lola ! Les pistes proposées sont intéressantes, c’est à chacun à présent de faire attention en connaissance de cause !

  • France Lemieux

    Merci, article combien pertinent pour rester en santé…longtemps. Je viens collaborer… avec mes petites recherches sur le Triclosan… antimicrobien et perturbateur endocrinien. Hydrophobe, on le retrouve dans les boues d’usine d’épuration…qu’on épand sur les terres agricoles de ma région et ailleurs aussi au Qc. Si on pouvait stopper à la source, ce serait merveilleux.
    Je joins mon article Le triclosan p.4

    http://www.crivert.qc.ca/Verdure/decembre11.pdf

  • France Lemieux

    Désolée, je me croyais sur un site Québécois. je crois que le triclosan est banni par UE. Est-ce le cas?

  • Pepe

    Oui alors le PVC c’est différent. Le PVC souple contient des phtalates, il faut se méfier des jouets pour enfants qui en contiennent par exemple, parce qu’ils les portent à la bouche Après pour le shampooing je sais pas si ça migre et quel effet ça peut avoir, mais à ce sujet je me méfierais surtout des parabènes qu’on trouve dans une majorité de shampooings. L’autre souci du PVC c’est son mode de fabrication qui utilise beaucoup de chlore et donc participe à des rejets massifs de dioxine (sous-produit du chlore) voilà ce que je sais du PVC. Ensuite, le BPA notamment est libéré a fortiori lors du chauffage de l’ustensile en question, et aussi en présence de corps gras (je pense aux boîtes de conserve notamment) ou acides. Quant aux bouteilles d’eau, et bien c’est encore assez peu connu mais le PET relâche graduellement du trioxide d’antimoine, un métal lourd toxique, mais à quel point ?? Donc on conseille de ne pas réutiliser les bouteilles d’eau et de faire attention aux conditions de stockage. Quant à ceux qui sont soi-disant sans danger, c’est qu’on ne les a peut-être pas encore assez étudiés .Reste le verre et l’inox, les plus durables et sains !! 🙂

  • Nous lisons tous les constats et recommandations concernants les polluants mais quand allons nous en interdire leurs utilisations

  • Cél

    Article très intéressant, par contre je m’interroge sur le fait d’éviter de parfumer son intérieur avec des huiles essentielles ?? Elles ne sont pas issues de la pétrochimie et même si effectivement des allergies peuvent exister, ce n’est pas non plus une généralité.
    Si vous pouviez m’éclairer, cela serait avec plaisir !

  • TROUILLET MATHIEU

    Je suis assez surpris de voir les huiles essentielles faire l’objet du même paragraphe que les bougies, parfums d’ambiances… sur quoi se base cette recommandation ?

  • Matthieu Combe

    Pour Cél et Mathieu : Selon l’étude de l’UFC-Que Choisir, les huiles essentielles contiennent des composés organiques volatils (COV), du formaldéhyde et du benzène et ne devraient pas être brûlées à la maison. Selon l’enquête, les diffuseurs prêts à poser sont les moins polluants. Mais pour éviter tout risque: elle recommande purement et simplement aux consommateurs de ne pas les utiliser.

  • Charlette

    bonjours vous parler de plastique 2 4 5 mais ou voie ton sa ??

  • Ces numéros sont écrits sur l’emballage : tout est expliqué sur cette page : http://www.natura-sciences.com/agriculture/alimentation-sante/reconnaitre-les-plastiques-pour-proteger-sa-sante.html

  • Voici un site sur lequel j’ai travaillé (programmation), il y a plusieurs années et qui parle des perturbateurs endocriniens : http://www.sabotage-hormonal.org/

  • Daniel Lespinas

    Bonjour
    Vous préconisez l’utilisation du savon de Marseille.Tout d’abord « savon de Marseille » est une méthode de fabrication et non une AOP. Tout savon contient essentiellement des graisses et une base (il existe aussi des savons acides). Les graisses peuvent être végétales ou animales… Parmi les savons fabriqués avec des graisses végétales le savon dit « d’Alep » fabriqués avec de l’huile d’olive (souvent de 2eme pression). Les graisses animales peuvent contenir des phtalates voire du DDT. Je ne vois pas en quoi le savon de Marseille fabriqué avec des graisses animales, serait meilleur que d’autres produits… Merci de bien vouloir éclairer ma lanterne.