Nous passons environ 80 % de notre temps dans un espace fermé, que cela soit au travail, à la maison, à l’école, dans les magasins ou les transports. Cet air intérieur est bien plus pollué que l’air extérieur et peut entraîner plusieurs impacts sanitaires. Lumière sur cette pollution sournoise.

air intérieur

Bouche d’aération obstruée et couverte de moisissures. Attention à bien les entretenir !

Parmi les polluants présents dans l’air intérieur, les Composés Organiques Volatils (COV) sont particulièrement fréquentes. Il s’agit de substances chimiques qui se volatilisent à température ambiante. Certains d’entre eux sont toxiques : c’est notamment le cas du formaldéhyde et du benzène, tous deux cancérogènes.

Le formaldéhyde est présent dans tous les logements et est notamment relâché par les colles, les peintures, les moquettes, les meubles fabriqués en bois aggloméré et par presque tous les produits d’entretien. Le benzène est quant à lui issu de phénomènes de combustion : gaz d’échappement, cheminée, cigarettes, encens, etc.

Un cocktail de polluants dans l’air intérieur

Mais on retrouve aussi dans l’air intérieur des poussières, des phtalates, des retardateurs de flamme et d’autres perturbateurs endocriniens. La concentration de ces polluants dépend de plusieurs facteurs : pollution extérieure, tabagisme, type de bâtiment, ventilation, présence d’animaux de compagnie, matériaux de construction et de décoration, mobilier et équipements, produits d’entretien, etc.

80 % des logements ont une teneur en formaldéhyde de 5 à 50 fois supérieure à celle de l’extérieur. D’autres polluants sont présents à des concentrations 10 fois supérieures à celles de l’air extérieur. Une étude publiée par l’observatoire de la qualité de l’air intérieur effectuée dans 567 résidences, réparties dans 74 villes, a révélé que près de 10 % des logements étaient pollués par 3 à 8 composés chimiques présents à des concentrations élevées.

37% des logements en France métropolitaine sont aussi contaminés par des moisissures. Dans près de 600 000 logements, cette contamination est visible et supérieure à 1 m2. Il s’agit en réalité d’une flore de moisissures, composées d’une cinquantaine d’espèces différentes.

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Quels sont les impacts sanitaires ?

Face à toutes ces sources de polluants, les impacts sanitaires potentiels sont nombreux : pathologies du système respiratoire (rhinites, bronchites), maux de tête, fatigue, irritation des yeux, nausées, altération des facultés intellectuelles, asthme, allergies, maladies chroniques, cancers… Les moisissures peuvent aussi être impliquées dans des mécanismes infectieux, et des effets toxiques et irritatifs leur sont aussi attribuables.

Les enjeux sanitaires et économiques sont importants. En France, l’asthme frappe 3,5 millions de personnes, les insuffisances respiratoires graves en touchent 50 000 et un tiers de la population connaît un problème d’allergie. On estime entre 10 et 40 milliards d’euros par an le coût de la mauvaise qualité de l’air intérieur, dont 1 milliard pour le remboursement des médicaments anti-asthmatiques.

Un plan d’action sur la qualité de l’air intérieur, développé en octobre 2013, vise à réduire cette pollution. Il mise notamment sur l’information du public, le développement de l’étiquetage pour les produits susceptibles d’émettre des polluants dans l’air (meubles et produits d’entretien), l’amélioration de la ventilation des logements et la généralisation des matériaux de construction les moins émetteurs.

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Comment diminuer la pollution de l’air intérieur ?

Pour réduire la pollution de l’air intérieur, il est recommandé d’aérer les lieux de vie au minimum 30 minutes par jour, hiver comme été. L’aération est indispensable en cas de pollution ponctuelle : activités générant de l’humidité, cuisson, travaux de bricolage, peinture, aspirateur… Il est également conseillé d’entretenir les appareils  à combustion, nettoyer les grilles et les bouches d’aération une fois par an et ramoner les conduits de cheminées une fois par an.

Pour réduire la pollution émise par les équipements de votre maison, il est conseillé de préférer le bois naturel au bois aggloméré, d’utiliser des peintures à faible teneur en COV, préférer les produits fabriqués avec des colles qui ne contiennent pas de formaldéhyde et d’éviter les peintures à base de formaldéhyde.

Pour le ménage, favorisez les produits naturels, comme le bicarbonate de soude ; presque tous les produits d’entretien de l’industrie émettant du formaldéhyde et des particules fines. Évitez de stocker des produits d’entretien dans la cuisine et n’utilisez ni encens ni bougies parfumées !

Lire aussi :  Comment limiter notre exposition aux perturbateurs endocriniens ?

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com

La rédaction vous conseille aussi :

  • Pitiouw

    Il serait bon de parler des plantes dépolluantes qui permettent d’assainir l’air intérieur.
    Je me permet de mettre un lien en listant quelques une: http://www.consoglobe.com/maison-plantes-depolluantes-connaissez-2815-cg

  • L’ADEME considère que l’argument « plantes dépolluantes » n’est pas validé scientifiquement au regard des niveaux de pollution généralement rencontrés dans les habitations et des nouvelles connaissances scientifiques dans le domaine. En matière d’amélioration de la qualité de l’air intérieur, la priorité reste la prévention et la limitation des sources de pollution accompagnées d’une ventilation ou plus généralement d’une aération des locaux !

  • Georges

    et allez un plan d’actions et un autre ! non mais franchement la qualité de l’air intérieur c’est du bon sens c’est tout ! EN pleine période de crise, avons nous le luxe de pouvoir nous offrir un plan (qui va coûter des millions) dont les conclusions seront : aérez 10mn par jour votre logement !
    Vous avez beau aérez ou mettre des sytèpes super innovants super efficace (qui vous couteront cher à l’entretien… et dont les pièces de rechange seront introuvables), si la qualité de l’air extérieur est mauvaise c’est pas la peine !
    Moi je propose un plan d’actions sur la qualité du citoyen, chiche ? Un plan d’actions sur la qualité mentale de ceux qui écrivent ce type d’objectif ?

  • Merci pour cet article sur une thématique qui mérite d’être plus connue…certes la qualité de l’air est du bon sens mais encore faut-il avoir les données du problème pour faire les bons choix. Combien de personne savent que leur mobilier en séchant diffuse dans leur habitat des solvants toxiques? qu’une fuite peut permettre l’installation de moisissures dont certaines sont toxiques? pour ma part, je suis content de voir que les choses bouges…je vous conseille notre blog : respironslasante.fr

  • Arf désolé pour cette vilaine faute. Il faut croire que les solvants m’ont attaqué les neurones…;-)

  • Bonjour à tous,
    Saviez-vous que plus de 80% des habitations présentent une qualité de l’air intérieur moyenne ou mauvaise?
    Dans tous les cas, il est utile de réaliser un test de qualité de l’air intérieur.
    Ceux que propose Kudzu Science sont simples à réaliser, fiables et économiques.
    A faire suivre pour ceux qui s’intéressent à la qualité de l’air intérieur.