L’Arctique se réchauffe beaucoup plus rapidement que la moyenne de la planète, entraînant un recul de la banquise et une augmentation de l’humidité dans l’air. Ainsi, les scientifiques prévoient une augmentation importante des précipitations sur ces régions d’ici la fin du siècle. Mais elle devrait se faire sous forme de pluie plutôt que de neige.

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La pluie pourrait remplacer la neige en Arctique beaucoup plus tôt que prévu. // PHOTO : Tony Skerl / Shutterstock

Dans une étude publiée dans Nature Communications, des chercheurs estiment que le basculement vers un régime de précipitation annuel dominé par la pluie et non par la neige se produira en Arctique « une ou deux décennies plus tôt ». « En automne par exemple, où le changement est le plus important, la zone centrale de l’Arctique pourrait faire la transition autour de 2070 selon les récents modèles, comparé à 2090 selon les anciens », explique à l’AFP l’auteure principale Michelle McCrystall, chercheuse de l’université de Manitoba au Canada. 

Tout dépendra toutefois de l’ampleur du réchauffement. Au rythme actuel, la pluie devrait devenir majoritaire globalement sur l’Arctique avant la fin du siècle, mais limiter le réchauffement à +1,5°C, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, pourrait permettre de préserver une région dominée par la neige, selon l’étude. Dans tous les cas, les scientifiques attendent des effets en cascade du basculement entre neige et pluie.

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Des effets en cascade

Par exemple, la multiplication des épisodes de pluie tombant sur la neige risque d’augmenter la mortalité des rennes et caribous dont dépendent les communautés locales. Les animaux ne pourraient en effet plus accéder à leur nourriture, sous la couche de glace impénétrable qui se formerait alors. La diminution de la couverture neigeuse va également réduire l’effet d’albedo (capacité à réfléchir l’énergie solaire), exacerbant ainsi le réchauffement, note l’étude.

Mi-août, de la pluie avait été observée pour la première fois au sommet de la calotte glaciaire du Groenland, à plus de 3.000 mètres d’altitude. Il s’agit d’un événement « inquiétant » dans cette zone qui devrait pourtant rester dominée par la neige au XXIe siècle, estime Michelle McCrystal, même s’il n’est pas possible à ce stade de dire si c’est un événement isolé ou un signe que la réalité pourrait être pire que les modèles.

Natura Sciences avec AFP

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