La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) prévoit la généralisation du tri à la source, de la collecte séparée, de la valorisation des biodéchets d’ici fin 2023. Entre zones rurales et zones urbaines, les solutions diffèrent. Alors que la question sera au cœur des Assises des Déchets de Nantes, Natura Sciences participe au débat en livrant l’analyse de deux pionniers.

tri à la source des biodéchets
La généralisation du tri à la source des biodéchets mobilise les collectivités locales. // PHOTO : Pixavril / Shutterstock

Comment les collectivités locales s’organisent-elles pour faire face à la généralisation du tri des biodéchets à la source? Quelles solutions et quelles modalités de communication ont-elles déployées ? Quelles sont les clés et les contraintes pour relever ce défi? Le défi de la collecte des biodéchets sera au cœur de l’atelier Les multifacettes des biodéchets aux Assises des Déchets de Nantes le 12 janvier prochain. En tant que partenaire de l’événement, Natura Sciences participe au débat.

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Prendre en compte la réalité des zones rurales

« Il faut comprendre qu’il n’y a pas de vérité pour la collecte des biodéchets, insiste Nicolas Soret, vice-président APVF et maire de Joigny, commune de 10.000 habitants, située dans le département de l’Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté. Il faut faire la différence entre les zones très urbanisées et les zones rurales et appliquer le principe de subsidiarité en laissant le choix de la solution retenue aux maires et communautés de communes. »

Ainsi, Joigny refuse la collecte en porte-à-porte des biodéchets. Depuis dix ans, la ville a mis équipé environ 80% des foyers de composts de jardins. Elle a en plus mis en place du compostage collectif en pied d’immeuble pour l’habitat collectif. Associé à la redevance incitative et à l’extension des consignes de tri, le tri des biodéchets a grandement réduit le poids des poubelles des habitants. La ville est ainsi passée de 7.000 tonnes de déchets traitées en 2008 à près de 2.700 tonnes aujourd’hui.

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Adapter la collecte aux bassins de vie

Odile Begorre-Maire est vice-présidente, déléguée à l’environnement et à la transition énergétique de la communauté de communes du bassin de Pompey, situé au Nord de Nancy. La communauté de communes comprend 13 communes pour un total de 40 000 habitants. Odile Begorre-Maire partage : « Il s’agit de zones urbaines, avec un bassin de vie sidérurgique historique et doté d’une composterie intercommunale. Nous faisons environ 60% de la collecte en porte-en-porte dans les zones pavillonnaires, mais avons aussi des composts partagés en pied d’immeuble et des points d’apport volontaire dans les zones très denses. Nous collectons les biodéchets une fois par semaine en même temps que le tri sec.« 

Que dit la loi AGEC?

La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) qui transpose en droit français la Directive cadre déchets de 2018 prévoit l’obligation de tri à la source des biodéchets pour tous les producteurs, au 31 décembre 2023. Les collectivités sont libres de déployer la méthode de collecte de leur choix – compostage domestique ou collectif, porte-à-porte, point d’apport volontaire. Pour rappel, l’obligation concerne déjà les acteurs économiques produisant plus de 10 tonnes de biodéchets par an. Ce seuil passe à 5 tonnes par an au 1er janvier 2023.

Mais à ce jour, le compostage de proximité tout comme la collecte séparée des déchets alimentaires ménagers restent encore peu développée en France. Selon la dernière synthèse de l’ADEME d’avril 2020, la collecte séparée des biodéchets couvrait 6 % de la population française en 2016. Aux Assises des déchets, Alexandra Gentric, coordinatrice de la gestion des biodéchets et tarification incitative à l’ADEME partagera des enseignements complémentaires sur les clés et les contraintes pour relever le défi de la généralisation du tri à la source des biodéchets.

Matthieu Combe

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