Alerte au feu en Arctique. Les feux “zombies”, qui couvent dans les tourbières, ont tendance à reprendre après des étés chauds, prévient une étude parue hier dans Nature. Les chercheurs soulignent que ces feux pourraient devenir plus fréquents avec le changement climatique.

feux zombies arctique
Les feux zombies devraient se multiplier en Arctique sous l’effet du réchauffement climatique. // PHOTO : modifié de Pierre Markuse / Sentinel

Alors que l’Antarctique se disloque et libère son plus gros iceberg, l’Arctique souffre sous des feux zombies. Pendant l’hiver, ces feux brûlent sous terre et sous la neige avant de ressurgir en été. Des chercheurs ont voulu en savoir plus. Grâce à des données satellites, ils ont retracé la saison des incendies en Alaska et dans le nord-ouest du Canada sur une période de 17 ans, entre 2002 et 2018. Il en ressort que des températures extrêmes l’été et une saison intense d’incendies permet à certains feux de pénétrer dans le sol des tourbières riche en carbone, qui les alimente pendant l’hiver. En 2020, ces feux ont provoqué de gigantesques incendies dans toute la région.

Quand les gens pensent aux feux de forêts, ils pensent à des arbres qui brûlent”, avance Sander Veraverbeke, chercheur à l’université libre d’Amsterdam et co-auteur de l’étude. “Mais dans ces zones du grand Nord, dans les forêts boréales, environ 90% du carbone émis vient du sol”. La neige joue aussi un rôle d’isolant, poursuit-il.

Des feux zombies qui s’accentuent sous l’effet du réchauffement climatique

Selon cette étude, ces feux “zombies” restent relativement rares et ont contribué à 0,8% des zones brûlées entre 2002 et 2018. Mais cela varie fortement en fonction des températures estivales. Par exemple, le chiffre a grimpé à 38% des zones brûlées en Alaska en 2008.

Selon les chercheurs, le phénomène pourrait s’aggraver avec le réchauffement climatique. En effet, les températures augmentent plus vite dans les régions polaires que dans d’autres zones du globe. L’Arctique dans son ensemble a connu sa deuxième année la plus chaude jamais mesurée en 2020. Le mercure a monté à 2,2° au-dessus de la moyenne 1981-2020. Pour Sander Veraverbeke, prévoir où ces feux “zombies” vont émerger, en se basant sur les incendies de l’année précédente, permettrait de mieux les combattre.

Matthieu Combe avec AFP

VOTRE SOUTIEN À NATURA SCIENCES EST CAPITAL !

Natura Sciences est un média indépendant qui permet à tout le monde de s’informer sur les enjeux écologiques et climatiques. Nous avons fait le choix de refuser les publicités pour préserver notre indépendance.

Mais l’information a un coût. Nous faisons donc appel à vous pour financer nos travaux et rémunérer notre équipe. C’est à ce prix que nous pourrons vous proposer rapidement encore davantage de contenus, de reportages et d’enquêtes.

Nous avons besoin de vous, merci pour votre soutien !


La rédaction vous conseille aussi :