Le skippeur Yvan Bourgnon dévoile la version finale du Manta, le bateau qui ira dépolluer les mers dans le cadre du projet The Sea Cleaners. Découvrez le projet en vidéo.

Yvan Bourgnon est fier du Manta qu’il nous dévoile à Paris. Doté d’une capacité de collecte de déchets de 5 à 10.000 tonnes par an, son bateau ira dépolluer les océans. Le projet The Sea Cleaners cible principalement les zones à forte pollution plastique en Asie, en Afrique et en Amérique du sud. Il ciblera les zones côtières, les rivières et embouchures des grands fleuves, ainsi que les estuaires.

« C’est un bateau géant qui fait 56 mètres de long et qui peut collecter sur 46 mètres de large », avance Yvan Bourgnon. La construction devrait début en 2022 pour une mise à l’eau en 2024.

Le Manta piège et traite les plastiques

Les déchets sont piégés entre les coques du bateau avec des systèmes de tapis roulants qui emmènent les déchets à l’intérieur du bateau. Le système comprend aussi des filets de collecte qui piègent les déchets jusqu’à 1 mètre de profondeur de chaque côté du bateau. Enfin, des grues permettent de relever les plus gros déchets, comme les filets dérivants.

La grande nouveauté, c’est les « Mobula ». « Ces petits bateaux collecteurs qui sont sur le Manta», peuvent être mis en action « dans les ports et les rivières quand on arrive aux escales », explique Yvan Bourgnon. En plus des solutions pour piéger les déchets flottants, le projet misera sur la sensibilisation. Il permettra aussi de favoriser les filières de recyclage et de traitement des déchets. « On a déjà des équipes qui se mettent en place en Indonésie, bientôt au Cambodge et au Vietnam », partage le skippeur.

« Dans une usine embarquée à l’intérieur du bateau, on va trier les déchets et on va fabriquer une partie de l’énergie dont on a besoin à bord avec la pyrolyse et le turboalternateur qui va fabriquer de l’énergie en direct », partage Yvan Bourgnon.

Un projet ambitieux pour The Sea Cleaners

Un bateau Manta Manta coûte 30 millions d’euros. « On a financé à peu près un tiers du chemin. On a l’ambition de financer le deuxième tiers entre 2021 et 2022. Le troisième tiers, on pourra le financer pendant la construction », explique Yvan Bourgnon.

Mais The Sea Cleaners ne compte par s’arrêter là. « On a l’ambition de développer à la fois ces Mantas en centaines d’unités, mais aussi ces Modulas, ces petites unités qui coûtent beaucoup moins cher, 150-160 000 euros. Elles peuvent être déployées à des centaines, des milliers d’exemplaires. »

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Yvan Bourgnon répond aux critiques

« En fait, c’est hyper facile de dire qu’il faut mieux mettre l’argent dans la sensibilisation. Mais on sait très bien que dans la réalité économique c’est pas le cas. C’est se fermer les yeux. Moi, ça me rend dingue. On sait que la pollution va tripler en 2060 et on dit quoi? On dit «on continue à sensibiliser, on fait rien sur l’eau, on laisse les déchets tuer les oiseaux». Il va y avoir 10 millions d’animaux marins tués en 2060 et ça gêne personne? C’est juste irresponsable de penser comme ça. Au contraire, il faut continuer à agir à terre. On le fait nous même. Mais bon dieu, il faut aussi aller collecter en mer. Est-ce que les gens se posent des questions en se disant qu’il ne faudrait nettoyer les rues parce qu’on consomme du gasoil à nettoyer ces rues? Non, on le fait, il n’y a pas le choix. Donc il n’y a pas le choix non plus d’aller collecter ces déchets et d’aller aussi agir en mer. Il faut agir à terre et en mer. »

« Nous on joue cette carte là comme il y en a qui inventent des robots qui nettoient dans les ports, comme il y en a qui inventent des péniches, comme il y en a qui inventent des barrières flottantes. De toute façon à un moment donné, il faudra un cumul de plein de technologies pour arriver à éradiquer une partie du problème. »

Matthieu Combe


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