Les entreprises du CAC 40 vont verser 51 milliards d’euros à leurs actionnaires. Leur chiffre d’affaires s’est pourtant effondré globalement de 55% cette année. Mais où les actionnaires trouvent-ils l’argent pour se rémunérer ?

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Un groupe de militants bloque l’entrée de la tour Total à La Défense en avril 2019. //PHOTO Guénolé LE GAL / Les Amis de la Terre / ANV-COP 21 / Greenpeace

Un dossier publié ce mardi par l’Observatoire des multinationales explique que les groupes du CAC 40 vont verser 51 milliards d’euros à leurs actionnaires cette année. “Cela signifie que les grands groupes français ont distribué aux actionnaires l’équivalent de 140% de leurs profits annuels, explique la publication. Autrement dit, ils ont reversé aux actionnaires 100% de leurs profits, et puisé dans leur trésorerie pour verser les 40% restants”.

Or le versement de dividendes aux actionnaires n’est pas obligatoire. Généralement, ces derniers décident de les diminuer, voire de les annuler quand la trésorerie bat de l’aile. Justement, tous groupes confondus, le CAC 40 a perdu 55 % de son chiffre d’affaires cette année. Pourtant, les dividendes versés aux actionnaires ont augmenté de 22% par rapport à l’année dernière. “Le reste de l’économie (PME, petits commerces, services publics, secteur culturel et non lucratif) reste enfoncé dans la crise”, dénonce l’observatoire des multinationales.

Lire aussi : L’Observatoire des multinationales fustige les entreprises du CAC40

Des aides sans conditions

L’État français et l’Europe ont débloqué des sommes record pour aider les entreprises à passer la crise et renflouer leur trésorerie. Chômage partiel, plans d’urgence, plan de relance et soutien de la banque centrale européenne : toutes ces aides sont accordées sans conditions. Pas non plus de contrepartie sociale, fiscale ou environnementale, souligne le dossier. C’est ainsi que l’argent public qui devait servir à maintenir la trésorerie des entreprises a servi à maintenir les dividendes d’une minorité au détriment d’une majorité.

Une situation indécente vis-à-vis des plus précaires puisque les aides sociales (comme les APL) ont été diminuées. Un certain nombre de députés LREM ont même porté un dossier parlementaire proposant “l’interruption du versement des dividendes (…) lorsqu’elle bénéficie d’une aide”, rapporte l’Observatoire des multinationales. Ses fondateurs lancent d’ailleurs une campagne citoyenne “pour la transparence des aides publiques, la mise en place de véritables conditions à ces aides, et leur réorientation vers les secteurs et les acteurs économiques qui nous sont vraiment utiles et qui en ont vraiment besoin”.

Fanny Bouchaud

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