Dans son nouvel avis, l’Anses pointe le manque de données pour estimer les risques sanitaires liés aux nouvelles fréquences qui seront prochainement déployées. Face à la controverse, l’agence sanitaire a décidé de mettre son avis et le rapport de ses experts en “consultation publique” pendant six semaines. Pas de quoi faire oublier le déploiement forcé de cette nouvelle génération de téléphonie mobile aux opposants.

opposition au déploiement de la 5G
Le déploiement de la 5G se poursuit malgré l’opposition d’une partie de la population. Ici, lors de la marche pour le climat des jeunes à Paris, le 19 mars 2021 // PHOTO : Chaymaa Deb, Natura Sciences

Dans son nouvel avis rendu public aujourd’hui, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) estime que la téléphonie 5G ne présente, au vu des connaissances actuelles, “pas de risques nouveaux” pour la santé. Cet avis arrive dans un contexte que l’agence qualifie elle-même de “controverse publique”. Et ce, alors que les déploiements s’accélèrent ces dernières semaines.

Un manque de données pour estimer les risques sanitaires liés aux nouvelles fréquences

L’Anses rappelle qu’au-delà de l’exploitation des bandes de fréquences déjà utilisées (700 MHz à 2,5 GHz) par les autres technologies mobiles, la 5G utilise désormais la bande 3,5 GHz. Ces dernières sont attribuées aux quatre opérateurs mobiles fin 2020. D’ici quelques années, la bande 26 GHz viendra compléter le réseau pour la communication entre objets connectés.

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L’agence sanitaire s’appuie notamment sur des travaux réalisés sur les fréquences utilisées pour les précédentes générations de téléphonie. Ainsi, elle estime “peu vraisemblable à ce stade que le déploiement de la 5G dans la bande de fréquence autour de 3,5 GHz constitue un nouveau risque pour la santé”. Concernant l’exposition à la bande des 26 GHz, l’Anses juge que “à l’heure actuelle, les données ne sont pas suffisantes pour conclure à l’existence ou non d’effets sanitaires”.

L’avis recommande donc de poursuivre les recherches sur l’exposition aux diverses fréquences d’ondes et leurs éventuelles conséquences sanitaires. Elle souligne aussi la nécessité de suivre l’évolution de l’exposition des populations à mesure du déploiement du parc d’antennes et de l’augmentation de l’utilisation des réseaux.

Un avis qui n’apaise pas les tensions sur les risques de la 5G

Les ministres concernés (Écologie, Économie, Santé et Numérique) se sont immédiatement félicités d’un rapport qui “conforte les choix du gouvernement sur le lancement de la 5G”. Et ils se sont engagés à “renforcer les efforts de recherche sur (…) d’éventuels effets sanitaires” liés aux fréquences, notamment des 26 GHz.

La Fédération Française des Télécoms et ses membres Bouygues Telecom, Orange, SFR se sont aussi félicité des conclusions “rassurantes” de l’Anses. Ils assurent dans un communiqué souscrire “aux recommandations de l’Agence pour des études complémentaires”. Et ils aspirent à un “déploiement, dans un climat apaisé, de cette technologie au service du développement de notre pays”.

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Mais les ONG Agir pour l’environnement et Priartem (association contre les risques liés aux technologies électro-magnétiques) ne sont pas de cet avis. Elles ont au contraire dénoncé la “stupéfiante incertitude” du rapport. Ce dernier laisse “beaucoup de questions et peu de réponses”. Ces ONG qui avaient contesté en justice le déploiement ont une nouvelle fois fustigé le “passage en force du gouvernement sans attendre les expertises”.

Pour des expertises réalisées préalablement déploiement de technologies nouvelles

Emmanuel Macron avait refusé un éventuel moratoire, pourtant demandé par la Convention citoyenne pour le climat, qu’il avait lui-même convoquée, en attendant des études sanitaires et environnementales. L’Anses conclut son avis en souhaitant qu’à l’avenir les expertises soient réalisées “préalablement (au) déploiement” de technologies nouvelles.

L’Anses met donc son avis et le rapport de ses experts en “consultation publique” pendant six semaines. Elle pourra éventuellement compléter ces documents pourront éventuellement à la suite de cette consultation.

Matthieu Combe avec AFP

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