Les colorants, édulcorants, arômes, conservateurs et autres additifs entraînent fatalement des troubles du comportement alimentaire. Certains aspects sanitaires sont identifiés : allergies, développement de troubles ou maladies cardiaques et vasculaires. D’autres sont supposés, mais encore mal évalués : cancers, maladies neurologiques. Les produits bio sont-ils à l’abri de tels risques ?

additifs bio toxiques

Les informations données sur les packaging peuvent induire le consommateur en erreur. Qui dit « fabrication française » ne signifie pas  » ingrédients français » © Natura Sciences

Pour compenser les pertes de qualités nutritionnelles et organoleptiques dues aux transformations industrielles, les transformateurs ajoutent à leurs produits des exhausteurs de goût, des agents de texture, des arômes ou encore des vitamines de synthèse…

 Tous les additifs sont-ils autorisés en bio ?

Si un produit conventionnel peut contenir des dizaines d’additifs différents, un produit bio en contient rarement plus de cinq. Sur plus de 300 additifs alimentaires autorisés en conventionnel, le bio n’en autorise qu’une cinquantaine. A priori, il s’agit de ceux considérés comme sûrs. Pour chacun d’entre eux, la réglementation bio précise les types d’aliments où il est possible de les trouver. Le dioxyde titane (E171) et le dioxyde de silicium (E551) sont, par exemple, bannis. Ces derniers contiennent en effet des nanoparticules potentiellement dangereuses pour l’homme. Deux conservateurs problématiques restent autorisés : le nitrite de sodium (E251) et le nitrate de potassium (E252). L’UFC Que Choisir propose une grille d’appréciation des additifs alimentaires autorisés, des plus acceptables à ceux qu’il faudrait éviter.

Le bio autorise uniquement deux colorants et ceux-ci sont naturels. Le bio interdit les édulcorants, ce qui signifie ni aspartame (E951) ni acésulfame-K (E950). L’aspartame a été grandement médiatisé, notamment par le documentaire Notre poison quotidien de Marie-Monique Robin. Cet édulcorant se retrouve dans tous les sodas lights et les bonbons et chewing-gums « sans sucres ». La plupart des études indépendantes concluent à des effets sur la santé de l’aspartame.

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Et pour les arômes et les conservateurs ?

Les produits transformés ont recours à plus de 3.500 arômes, synthétiques ou naturels. Seuls les arômes dits «naturels» peuvent entrer dans la composition d’un produit bio. Cela permet déjà de s’affranchir d’un tas de produits synthétiques. Les « arômes naturels » peuvent toutefois être extraits par des procédés chimiques au moyen de solvants ou provenir de micro-organismes. La mention « naturel » signifie que les substances proviennent de champignons microscopiques, ou de bactéries transformées.

Une cinquantaine de conservateurs sont actuellement utilisés dans l’industrie agro-alimentaire , mais seulement 8 sont autorisés en bio. Attention aux allégations trompeuses. De façon générale, en bio ou en conventionnel, la mention « Sans colorants ni conservateurs» ne signifie pas « sans additif ». Un produit « sans conservateur » peut, en effet, contenir des antioxygènes qui sont aussi des conservateurs, mais pas au sens réglementaire du terme. Cette mention n’exclut pas non plus que l’aliment ait subi un traitement physique tel que la pasteurisation ou l’irradiation. Identifiez les produits avec la mention « Sans conservateurs* », l’astérisque renvoyant à la légende « conformément à la réglementation en vigueur ». Vous verrez qu’ils sont nombreux. Cette mention signifie simplement que le produit concerné respecte la législation. En effet, c’est le mode de fabrication qui impose généralement cette interdiction.

Les produits bio n’étant pas renforcés par des arômes artificiels, certaines personnes pourront les trouver plus fades, mais cela leur permettra de redécouvrir leurs goûts authentiques. Les consommateurs occasionnels de bio privilégieront le bio pour les produits bourrés d’additifs, tels que les gâteaux et les plats préparés. Plutôt que d’acheter des yaourts aromatisés, ils choisiront pour des yaourts naturels mélangés à des confitures maison.

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Comment connaître la provenance des ingrédients ?

Les industriels spécifient très rarement l’origine géographique des différents ingrédients utilisés dans les produits transformés. La seule indication « agriculture UE et non UE » ne donne pas beaucoup d’informations sur l’origine des ingrédients. Le produit peut être transformé en France uniquement à partir d’ingrédients étrangers et portera la mention « fabriqué dans X région ». Le consommateur l’assimilera à un produit local, alors que tous ses composants viennent de l’étranger. Lorsqu’au moins 98 % des matières agricoles constituant le produit provient d’un pays, les indications « UE » ou « non UE » peuvent être remplacées par le nom de celui-ci.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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