Au supermarché, l’origine des fruits et légumes frais est clairement affichée. Il est néanmoins beaucoup plus difficile de connaître l’origine des ingrédients des plats transformés ou des produits surgelés. Et les différentes mentions « cuisiné en France », « élaboré en France », « fabriqué en France », « recette française »… qui pullulent sur les emballages participent à désorienter les consommateurs. Arborant le drapeau tricolore ou la carte de l’hexagone, ces produits constituent de « véritables arnaques » selon une enquête de Foodwatch.

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Foodwatch a passé au crible les étiquettes de 10 produits vendus en supermarché pour y trouver les arnaques du « made in France ». PHOTO//Foodwatch

« Grandes marques, marques de distributeurs mais aussi bio mettent en avant le « made in France » pour des aliments qui ne contiennent parfois pas le moindre ingrédient français », révèle Foodwatch. Ils jouent sur le champs lexical du made in France, à grand renfort de logos bleu blanc rouge. En réalité, les produits qu’ils contiennent sont importés. Ils sont simplement assemblés en France. Ainsi, les industriels leurrent les consommateurs qui pensent, à tort, soutenir les agriculteurs français.

Ces arnaques existent aussi en bio. Car la seule mention obligatoire précise uniquement « agriculture UE » ou « agriculture UE et non UE ». Elle ne donne pas beaucoup d’informations sur l’origine des ingrédients. Le produit peut être transformé en France uniquement à partir d’ingrédients étrangers et portera la mention « fabriqué dans la région X ». Le consommateur l’assimilera à un produit local, alors que tous ses composants viennent de l’étranger. Notons toutefois que les indications « UE » ou « non UE » peuvent être remplacées par le nom d’un pays lorsqu’au moins 98 % des matières agricoles constituant le produit proviennent de ce pays.

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10 produits passés au crible par Foodwatch

Selon l’enquête de Foodwatch, les cornichons Charles Christ « Conditionnés dans le Loir-et-Cher » viennent d’Inde. L’étiquette des raviolis Panzani vante une « viande bovine française » avec un logo bleu-blanc-rouge. Mais ce produit renferme aussi du porc « origine Union Européenne ». Mêmes constats pour la rosette d’Auchan, la crème glacée vanille de Madagascar La Laitière de Nestlé et les lardons mes Allumettes Nature de Madrange.

Pour la purée de pêches-pommes sans sucre ajouté Charles & Alice, les pommes sont « 100% France ». Les pêches composent 60% du produit, mais leur origine n’est pas précisée. Il y a pire : la tarte aux framboises Carrefour est « cuisinée en France », avec des framboises provenant de Serbie, d’Amérique du Sud et d’Union européenne. Il n’y a aucune indication sur les autres ingrédients.

Côté bio, les choses ne sont pas mieux. La ratatouille provençale Rochefontaine est « fabriqué en France », mais à base d’ingrédients d’origine « UE/non UE ». Même constat pour les boudoirs Babybio affublés d’une carte de l’hexagone. Le cidre bouché Bio village, Marque Repère E.Leclerc,est « Fabriqué en France », avec un visuel de l’hexagone. Mais en « agriculture UE », les pommes peuvent venir de n’importe quel pays européen. Pour voir, le détail complet, cliquez ici.

Plus de transparence pour le made in France?

Les choses évoluent lentement. Depuis le 1er janvier 2017 et pour une expérimentation de deux ans, les plats préparés contenant de la viande et les produits laitiers fabriqués en France doivent afficher sur l’étiquette l’origine de ces ingrédients. Les industriels avaient jusqu’à fin mars pour écouler les produits déjà étiquetés. Selon le décret n°2016-1137 et l’arrêté du 28 septembre 2016, cette mention est obligatoire pour tout produit dont la part de viande est égale ou supérieure à 8 % du poids total d’un plat préparé. Pour les produits laitiers, elle est obligatoire dès lors que la part de lait est égale ou supérieure à 50 %.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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