A l’occasion du 18e colloque du syndicat des énergies renouvelables le 31 janvier 2017, des conseillers et porte-paroles des principaux candidats à l’élection présidentielle se sont prononcés sur les propositions du livre Blanc du syndicat. De quoi mieux cerner leur programme énergétique.

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En fonction du Président élu en 2017, quelle sera la place des énergies renouvelables en France?

Le nouveau Livre Blanc du syndicat des énergies renouvelables (SER), publié à 3 mois de l’élection Présidentielle, est l’occasion d’interroger les candidats à l’élection Présidentielle sur leur politique de déploiement des énergies renouvelables. Le SER demande notamment de respecter les trajectoires fixées par la loi de transition énergétique pour la croissance verte et la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE), de garder une bonne visibilité sur les appels d’offres et le fonds chaleur. Il plaide par ailleurs résolument pour fixer un vrai prix au CO2, réduire encore les délais d’instruction et des recours et appelle les candidats à soutenir l’offre industrielle française et européenne pour construire des champions industriels, notamment dans le solaire.

Priorité aux renouvelables pour Le Front de Gauche et EELV

Pour Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche), représenté par son porte-parole physicien Jean-Marie Brom, les énergies renouvelables doivent représenter 100% de l’énergie en 2050. Les scénarios élaborés par l’Ademe et l’association Négawatt seront la base pour définir une nouvelle trajectoire d’évolution du mix énergétique.

Pour Yannick Jadot, député européen Europe Ecologie Les Verts et candidat à l’élection présidentielle, la France est en retard sur les politiques publiques car François Fillon a mis en place un moratoire sur le solaire en 2011 et François Hollande a choisi de soutenir les deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point. Pour lui, EDF est en danger « du fait de cette obsession nucléaire ». Yannick Jadot défend une sortie progressive du nucléaire d’ici 2035.

Garder le nucléaire, contre les énergies fossiles pour Les Républicains et Le Front national

Selon Bertrand Pancher, député de la Meuse et représentant de François Fillon pour Les Républicains, les objectifs sont connus mais ne sont jamais atteints. Il souhaite mettre en place un minimum de développement annuel de 1,5 gigawatt par an et 200 millions d’euros par an dans le fond chaleur, mais ne va pas casser le nucléaire. Ainsi, François Fillon s’était engagé durant la Primaire à ne fermer aucun réacteur nucléaire, contrairement à ce qui est fixé par la loi de transition énergétique.

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Pour Philippe Murer, Conseiller Environnement et Economie du Front national de Marine Le Pen, le principal ennemi qu’il faut combattre, c’est les énergies fossiles et non pas le nucléaire car « on ne peut pas mener ces deux grands combats en même temps ». Il faudra développer les énergies renouvelables qui sont compétitives et lever l’obstacle financier. Selon ses calculs, la transition énergétique se chiffre à 1600 milliards d’euros. Elle devra être appuyée par la Banque de France pour que la transition profite à tous les français. « Il ne faut pas acheter nos panneaux en Chine et nos éoliennes en Allemagne. Il faut que la transition énergétique crée des emplois en France et favorise la croissance de nos entreprises. » prévient-il.

Respecter les objectifs déjà fixés pour En Marche

Pour Arnaud Leroy,  député des Français établis hors de France, porte-parole du mouvement « En marche » d’Emmanuel Macron, le cadre est désormais bien posé par la loi et il faut arrêter les « stop and go législatifs ». Il ne veut pas rentrer dans une surenchère d’objectifs qui ne seront pas atteints, mais essayera déjà de respecter les objectifs actuels. A savoir, la part du nucléaire sera abaissée de 75% à 50% dans la production d’élecricité à l’horizon 2025 et les énergies renouvelables devront atteindre une part de 32% dans la consommation énergétique finale en 2030 (40% pour l’électricité).

À part le porte-parole de Marine Lepen, l’ensemble des candidats s’accordent sur la nécessité de fixer un vrai prix au CO2 en France et au niveau européen. Ils souhaitent tous définir un cadre juridique stable et simplifié pour les projets. Yannick Jadot souhaite notamment garder à l’échelle européenne des constructeurs pour l’ensemble des filières d’énergies renouvelables, lorsque le Front national veut protéger en priorité les fabricants français en couplant la politique de l’offre et de la demande. Du côté de la France Insoumise de Mélenchon, on imagine un plan de développement d’énergies renouvelables qui permettrait de soutenir nos industriels grâce à la commande publique. Pour le développement de projets à l’export, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon proposent de faciliter l’installation de démonstrateurs en France. Marine Lepen défend un « état stratège » qui ne laisserait pas ses champions comme Alstom être vendus à l’étranger.

Grand absent de ce grand oral: aucun représentant du Parti socialiste de Benoît Hamon n’a souhaité faire le déplacement. Néanmoins, son programme propose 50% d’énergies renouvelables dès 2025 et la fermeture des centrales nucléaires en fin de vie. Il devrait donc également respecter les objectifs de la loi de transition énergétique.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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