Quiconque s’est penché sur la quantité d’études prouvant l’intelligence des orques ne sera pas surpris par la nouvelle. Wikie est une orque captive du Marineland d’Antibes. Elle répète des mots du langage humain, tels que les termes anglais « Hello » et « Bye-bye ». Ils lui ont été enseignés par son dresseur. Si seulement il avait la présence d’esprit de lui apprendre comment dire « Faites-moi sortir d’ici ! ». Une tribune de PETA France pour Natura-sciences.com.

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L’aileron dorsal est des orques mâles captifs est anormalement courbé. © PETA France

Les orques ont toujours utilisé une méthode complexe pour communiquer entre elles. Elle leur est propre et les humains ne la comprennent pas. En outre, dans la nature où est leur vraie place, chaque groupe familial d’orques a sa propre culture. Et utilise un dialecte unique qui se transmet de génération en génération. Un fait bien plus fascinant que de faire répéter à une orque prisonnière des mots basiques d’un langage humain. Ce n’est pas un enfant en bas âge s’apprêtant à rentrer en maternelle.

Les orques ont des traditions fortes

Au contraire, les orques ont des aptitudes cognitives bien au-delà de notre compréhension et une impressionnante capacité à ressentir des émotions. Dans l’océan, les orques tissent de forts liens sociaux avec leur mère et leurs frères et sœurs ainsi qu’avec les autres membres de leurs communautés bien soudées. Ce sont des animaux curieux et joueurs qui enseignent à leurs petits comment parcourir leur environnement à la recherche de nourriture. Ils peuvent nager plus de 200 kilomètres par jour, en atteignant une vitesse de 55 kilomètres par heure.

Mais dans les parcs marins, comme le Marineland d’Antibes, les orques sont forcées de vivre à l’étroit dans des bassins sans aucun enrichissement. Leurs traditions culturelles, l’enseignement qui se transmet d’une génération à l’autre, et leurs liens familiaux sont détruits. Elles sont même privées des activités basiques qui sont essentielles à leur bien-être mental, émotionnel et physique. Des activités simples comme le fait d’œuvrer ensemble pour trouver de la nourriture. Ou tout simplement de prendre part à leur migration annuelle et d’élever leurs petits.

L’orque qui pouvait parler est emprisonnée

Ironiquement, cette recherche scientifique, qui démontre une nouvelle fois l’intelligence de ces êtres, a été menée dans le bassin bétonné d’un parc marin. Il est inconcevable qu’un animal assez intelligent pour apprendre à parler notre langage soit emprisonné à vie dans un minuscule espace triste pour le divertissement de quelques-uns et l’enrichissement d’autres. La couverture médiatique étendue de cette « orque pouvant parler » souligne de manière encore plus prononcée cette ironie tragique.

Nous sommes maintenant absolument certains que les orques souffrent en captivité. Elles se brisent les dents à force de ronger les barreaux en acier de leurs bassins. Elles se cognent le crâne contre les parois en béton, et s’utilisent parfois les unes les autres comme souffre-douleur. Des images diffusées par l’association « Sans Voix » montrent des animaux couverts de morsures et de blessures, dû au fait que les individus prisonniers ne peuvent échapper à des congénères agressifs. Certains établissements droguent même leurs orques avec du diazépam (Valium) et d’autres drogues psychoactives, à cause du stress et de la frustration de leur vie en captivité.

L’enfer de la vie en captivité

Le documentaire Blackfish fait état des souffrances de ces êtres de manière détaillée. Ils sont pourchassés et capturés dans la nature, arrachés à leurs mères et confinés à vie dans des bassins minuscules. Les orques y sont ensuite dressées et punies quand elles n’exécutent pas parfaitement le tour demandé: privation de nourriture, isolement… Les femelles sont inséminées de force, l’aileron dorsal est anormalement courbé chez les mâles captifs. Enfin, les responsables les échangent d’un parc à l’autre comme de vulgaires marchandises. Ils brisent alors des liens sociaux et des relations familiales.

Aucune attaque sérieuse d’orque sur un humain n’est survenue dans la nature. Mais le stress constant et la frustration profonde dont souffrent les orques captives les rendent souvent dangereuses et imprévisibles. Le documentaire Blackfish se centre autour de l’orque Tilikum, responsable de la mort de trois personnes. De nombreuses autres orques ont attaqué leurs dresseurs. C’est notamment le cas de Wikie, cette fameuse orque « qui parle ». Et de Valentin, l’orque jusque-là le plus célèbre du Marineland d’Antibes. Ce dernier a tristement succombé à une infection moins d’une semaine après que le parc a été dévasté par l’inondation de 2015 qui a ravagé la Côte d’Azur. Officiellement, le parc a cité « une torsion de l’estomac » comme cause de sa mort, niant toute responsabilité dans le décès prématuré de l’animal. En 2002, il avait saisi le pied de son dresseur John Hargrove dans ses mâchoires. Et l’avait traîné au fond du bassin.

Autre signe de frustration et de détresse : en 2016 l’orque Morgan du Loro Parque (qui appartient au même groupe que le Marineland d’Antibes, Parques Reunidos) s’était échouée volontairement sur le bord de son bassin lors d’une représentation. Un acte s’apparentant à une tentative de suicide selon certains.

Vers la fin de la reproduction dans les parcs ?

L’année dernière, Ségolène Royal a pris la décision éclairée de faire interdire la reproduction des cétacés dans les parcs marins. À terme, cela aurait signifié la fin de cette triste vie de captivité pour ces magnifiques êtres. Mais la semaine dernière, le Conseil d’État a annulé cet arrêté. Un immense pas en arrière pour la France et pour le bien-être animal.

Lire aussi : PETA: Un immense pas en avant pour les cétacés!

Il est grand temps que les orques soient libérées de ces prisons de béton. La reproduction en captivité doit cesser une fois pour toute et aucune orque ne devrait être capturée dans la nature. Il est essentiel que les orques captives soient relâchées dans des sanctuaires côtiers, afin qu’elles puissent enfin jouir d’un semblant des conditions naturelles dont elles ont été privées depuis si longtemps. Nous demandons à Nicolas Hulot de prendre cet arrêté à nouveau, mais cette fois-ci dans les formes, pour faire interdire la reproduction des cétacés captifs.

Tribune d’Anissa Putois, pour PETA France


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