Une étude parue en février 2022 dans Nature Geoscience estime le volume de glaces renfermé par les glaciers terrestres à 140.000 km3. Leur fonte ferait augmenter le niveau des mers entre 25 et 26 cm. En plus, cela poserait d’importants problèmes d’accès à la ressource en eau pour des millions de personnes. Romain Millan, auteur de l’étude, explique ces résultats.

« Si les 140 000 km3 de glaciers terrestres fondaient, notre étude estime que l’élévation du niveau des mers serait entre 25 à 26 cm », prévient Romain Millan, post-doctorant et auteur d’une étude publiée en février 2022 dans Nature Geoscience. Mais l’Antarctique et le Groenland ont un potentiel d’élévation du niveau marin beaucoup plus fort. « Si les 3 millions de km3 de glaces de la calotte du Groenland fondaient, la hausse atteindrait 7 mètres, rappelle le chercheur. Et si les plus de 28 millions de km3 de glaces de la calotte Antarctique fondaient, l’élévation du niveau de la mer atteindrait 57 mètres. »
« Depuis les années 2000, les glaciers de montagne contribuent à environ 20% de la hausse du niveau marin », poursuit Romain Millan. Dans les prochaines années le rôle de la fonte du Groenland et de l’Antarctique va largement augmenter. Selon cette étude, réalisée par des chercheurs du CNRS, de l’Université Grenoble Alpes et du Dartmouth College (États-Unis), la fonte des glaciers de montagne pose aussi une problématique à venir sur la disponibilité des ressources en eau pour les populations. Car dans certaines régions du monde, les glaciers constituent d’importantes sources d’eau potable.
La fonte des glaciers : une problématique d’accès à l’eau
Romain Millan explique. « L’hiver, les glaciers stockent l’eau sous forme de neige qu’ils libèrent ensuite au moment de la fonte, majoritairement en été. Avec le changement climatique, les températures augmentent, et nous avons de moins de glace qui s’accumule et de plus en plus de de fonte dans les basses altitudes. Donc l’équilibre est perturbé et les glaciers se retirent. La disparition progressive des glaciers pourrait donc considérablement augmenter la pression sur la disponibilité de l’eau pour des millions de personnes. »
Les plus de 140.000 km3 évalués par l’étude correspondent au volume de glace stocké dans environ 98% des glaciers terrestres, en dehors des calottes. Ce volume est environ 11% plus faible que les estimations précédentes, estime l’étude. Mais cela cache d’importantes disparités à des échelles locales et régionales.
Lire aussi : Partout, “les glaciers reculent et perdent de la masse”
« Par exemple, dans les zones tropicales des Andes, où les habitants dépendent des ressources en eau stockées dans les glaciers, l’étude estime des volumes de glace jusqu’à 26% plus faibles que les estimations précédentes », partage Romain Millan. Le réchauffement climatique pourrait ainsi exacerber les tensions d’accès à la ressource en eau dans cette zone dont dépendent plus de 4 millions de personnes. À l’opposé, dans l’Himalaya, dans les bassins de l’Indus et du Chenab, l’étude trouve des volumes supérieurs d’un tiers par rapport aux estimations précédentes.
La problématique d’accès à la ressource eau pourrait être particulièrement importante dans les Andes et en Asie. Par exemple, le GIEC estime que 70% à 90% des glaciers tropicaux se seront retirés d’ici 2100. Dans les autres régions, ce retrait pourrait atteindre de 30% à 50% selon les scénarii.
Lire aussi : La Bretagne doit vite s’adapter au réchauffement climatique