En marge de la COP26, l’association COP26 Coalition organise un peu partout dans Glasgow des évènements de sensibilisation. Une façon pour eux d’aborder en profondeur les problèmes avec celles et ceux qui agissent pour la justice climatique. Parmi eux, les membres de l’association Mother Earth Project (MEP). Grâce à des parachutes transformés en toiles de peinture, MEP rend accessibles et ludiques les enjeux du dérèglement climatique.

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Barton Rubenstein, co-fondateur du Mother Earth Project nous explique comment il transforme des parachutes en toiles de peinture. // PHOTO : Léo Sanmarty / Natura Sciences

En utilisant des œuvres d’art comme catalyseurs pour rassembler les peuples, Mother Earth Project encourage les écoles, les communautés, ainsi que les grévistes et militants du climat, à créer des toiles de parachutes stylisées. Des œuvres d’art circulaires, métaphores d’un monde sûr, sur lequel nous pouvons nous poser, nous installer.

Tôt ce mardi matin, Barton Rubenstein, co-fondateur du Mother Earth Project (MEP) basé à Bethesda aux États-Unis, se prépare dans une petite salle d’un immeuble de la ville écossaise. Vêtu d’un t-shirt sur lequel on peut lire « Mother Earth Project« , il invite en souriant les curieux à s’asseoir sur des chaises disposées devant un écran géant.

L’art pour lutter contre la crise climatique

Pour rencontrer Barton Rubenstein et les membres du MEP, il aura fallu au préalable prendre contact avec l’organisation COP26 Coalition. Composée de militants, syndicats, et de représentants de peuples « invisibles aux yeux des puissants« , le groupe COP26 Coalition fait preuve d’une organisation procédurale. Téléchargement d’une application, inscription, réservation de billets, présentation d’un test Covid-19 quotidien négatif, et même un bracelet autour du poignet pour assister aux évènements. C’est à ce prix que nous avons pu accéder à Mother Earth Project et à son co-fondateur.

« Depuis la crise du Covid-19, nous n’avons pas pu nous rassembler. Je suis impatient car des représentants de communautés africaines vont venir aujourd’hui et témoigner sur la réussite de nos créations« , s’enthousiasme-t-il. « Nous allons parler de la façon dont leurs communautés ont été affectées par l’urgence climatique et des différentes actions durables qu’elles ont prises collectivement et en utilisant notre projet« , précise-t-il.

Barton Rubenstein, 59 ans et père de trois enfants, est né à Washington DC aux États-Unis en 1962. Sculpteur moderniste, il a concentré la plupart de ses efforts artistiques sur des thèmes liés à l’eau. L’art fait partie de sa vie. En 2015, sensibilisé aux enjeux de la crise climatique par ses nombreux voyages, il décide de lancer Mother Earth Project. « Nous avons décidé que nous aimerions utiliser l’art pour rassembler les communautés, car les gens aiment faire de l’art, c’est une activité amusante. L’urgence climatique est une chose très effrayante pour beaucoup de gens, et elle nous pousse à agir de notre manière quand la politique ne suit pas« , explique-t-il.

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Barton Rubenstein, 59 ans et père de trois enfants, est né à Washington. // PHOTO : Léo Sanmarty / Natura Sciences

Le parachute, un outil pour rassembler

« Les gens ont des angoisses et des inquiétudes, mais ils ont aussi des désirs et de la volonté. Beaucoup de petites voix dans le monde sont seules, invisibles. Certaines font partie de communautés très tournées vers l’urgence climatique. Le parachute est un prétexte pour donner envie à un groupe de se réunir et de s’asseoir. Ils le font autour du parachute, pour parler de leurs préoccupations« , explique-t-il. Ces parachutes sont en réalité des grandes toiles circulaires sur lesquelles sont inscrits des mots, des dessins, « des œuvres d’art » selon le sculpteur, sur le thème de l’urgence climatique.

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Pour sensibiliser les plus jeunes ou devant la Maison Blanche avec des manifestants, , ces parachutes servent à véhiculer l’image d’une planète plus sûre, pour tous. // PHOTO : Mother Earth Project

Il poursuit : « Ils peignent ensemble de grandes images d’un thème central de leur choix et inscrivent directement du texte sur le parachute. Les messages peuvent être sur l’urgence climatique, mais également sur des actions durables individuelles. Comme manger moins de viande, pour la planète. Vous savez, de nombreuses communautés descendent avec leurs parachutes dans les rues lors de marches pour le climat. Tant de communautés déploient ces toiles de parachutes aux yeux et à la barbe de leurs politiciens pour exiger de meilleures lois climatiques.« 

Aujourd’hui, Mother Earth Project est présent dans 79 pays du globe. Le mouvement a travaillé avec Fridays for future de Greta Thundberg, ou encore l’organisation Citizens Climate Lobby, « très axée sur la taxe carbone et le système de redevances pour faire payer aux pollueurs leurs pollutions« , explique Barton Rubenstein. Un parachute adopté par les grévistes et les manifestants, mais pas seulement. Dans le monde entier, ces toiles sensibilisent au dérèglement climatique.

Une association internationale

Cette présence dans le monde s’explique par la collaboration avec de nombreux partenaires étrangers. Certains d’entre eux sont ici, dans cette petite salle d’exposition. Andrew Mahame, ambassadeur au Rwanda, se réjouit d’être présent aujourd’hui à Glasgow. « Avoir un moyen de sensibiliser les jeunes de pays comme le Rwanda de cette manière est une opportunité en or. Au Rwanda nous n’avons pas toujours les moyens de montrer et de faire comprendre aux plus jeunes que le dérèglement climatique est un danger majeur de notre siècle« , affirme-t-il.

L’enjeu climatique au Rwanda est en effet d’une importance cruciale. Dans le pays, les moyens de subsistance de la population dépendent majoritairement de l’agriculture. Et il subit de plein fouet les effets de la crise. « Ces parachutes, qui sont des toiles d’expressions, font comprendre aux enfants, parfois pour la première fois de leur vie, que le danger est réel« , insiste-t-il.

Glasgow et la COP26

Barton Rubenstein admet avoir longuement hésité à venir à Glasgow pour la COP26. « Vous savez, j’ai hésité à venir ici en premier lieu. Puis j’ai été invité à faire partie de ce sommet populaire, de la COP26 Coalition, pour faire une présentation. Les dirigeants se réunissent à Glasgow pour discuter de notre avenir. Nous, nous nous organisons pour apporter la justice climatique que nous méritons« , assène-t-il. Mais Bartin Rubenstein ne croit pas aux discours des politiques. Avec Mother Earth Project, il cherche à agir sur le terrain, aux côtés de celles et ceux qui n’ont pas la parole.

Léo Sanmarty

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