Malgré leurs annonces en faveur de la neutralité carbone, les grandes banques britanniques sont à “l’avant-garde du financement du pétrole, charbon et autres hydrocarbures”, dénonce l’ONG Reclaim Finance. Elles sont très en retard sur les banques françaises notamment.

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Reclaim France dénonce le peu d’engagements des banques britanniques pour se désinvestir des financements charbon. // PHOTO : Parilov / Shutterstock

Pour Reclaim Finance, les cinq principales banques britanniques soutiennent encore trop le secteur du charbon. Selon ses calculs, elles “ont apporté 56 milliards de dollars en aide aux entreprises de la liste mondiale sur la sortie du charbon (GCEL) entre octobre 2018 et octobre 2020″. L’ONG fustige le “terrible trio” de Barclays, HSBC et Standard Chartered. Ensemble, elles “représentent plus de 94% du financement du charbon de la part des banques britanniques”.

Depuis 2017, il existe une “Liste mondiale de sortie du charbon” (GCEL pour Global Coal Exit List en anglais). Cette base de données liste les sociétés participant à la chaîne de valeur de l’industrie du charbon thermique. Elle fournit des statistiques clés sur plus de 770 sociétés. Leurs activités vont de l’exploration et l’exploitation du charbon au commerce et au transport du charbon. Elles comptent aussi la production d’électricité à partir du charbon et la construction de centrales à charbon.

Du charbon, loin des engagements pour la neutralité carbone

Ces informations contrastent avec les engagements vers la neutralité carbone du gouvernement britannique, qui s’apprête à accueillir la COP26. “Notre analyse constate que 19 institutions financières françaises ont des politiques robustes sur le charbon, alors qu’aucune n’en a au Royaume-Uni”, relève l’ONG.

Une seule institution financière britannique (M&G) prévoit d’exclure les entreprises qui bâtissent des mines et usines à charbon” de leurs investissements, “contre 26 en France”, insiste le rapport. Reclaim Finance dénonce une hypocrisie “proche de la farce quand on considère que le Royaume-Uni est co-fondateur et co-président de l’Alliance pour l’énergie post-charbon”.

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Barclays et HSBC défendent leurs engagements

Interrogé par l’AFP, Barclays affirme s’être “engagé depuis 2019 à ne pas fournir de financement pour des projets de construction ou d’expansion importante de centrales à charbon ou le développement de mines pour charbon thermique partout dans le monde”.

HSBC aurait fourni plus de 15 milliards de dollars à des entreprises de charbon en deux ans. “Nos politiques interdisent le financement de nouvelles mines de charbon thermique [pour alimenter les centrales électriques, NDLR] et de clients dépendant de l’énergie au charbon, et nous n’avons pas financé de projets de nouvelles centrales électriques au charbon depuis 2018″, assure le géant bancaire dans une déclaration à l’AFP.

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Nous publierons d’ici fin 2021 un plan pour sortir du financement de toute centrale thermique au charbon d’ici 2030 dans l’union européenne et l’OCDE et d’ici 2040 dans les autres marchés”, avance la banque. Elle précise vouloir aider “les clients à décarboner progressivement“. Standard Chartered, de son côté, est “le plus gros financier d’usines à charbon”, pointe aussi Reclaim Finance.

Matthieu Combe avec AFP

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