La vague de chaleur qui a frappé fin juin l’ouest des États-Unis et du Canada aurait été “presque impossible” sans le changement climatique. Voici le constat lancé par le World Weather Attribution.

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Au Canada, le record absolu de température a été battu le 30 juin dans le village de Lytton, à 49,6°C. // PHOTO : Colin Woods / Shutterstock

Fin juin, le Canada a battu plusieurs fois son record absolu de température. Il s’est finalement établi à 49,6°C dans le village de Lytton, le 30 juin. Cette vague de chaleur aurait été “presque impossible” sans le changement climatique causé par les humains. C’est la conclusion de 27 scientifiques du World Weather Attribution (WWA) qui regroupe des experts venus de divers instituts de recherche dans le monde. Ce comité estime que le changement climatique a augmenté d’au moins 150 la probabilité qu’un tel épisode météorologique de cette ampleur survienne. Avec un réchauffement de 2°C, la WWA calcule qu’un tel événement pourrait se reproduire tous les 5 à 10 ans, contre une fois tous les 1000 ans en absence de changement climatique.

Le “dôme de chaleur”

Les Etats américains de Washington et de l’Oregon se sont également retrouvés sous ce qu’on appelle un “dôme de chaleur”. Il s’agit d’un phénomène climatique extrême provoqué par de fortes pressions emprisonnant l’air chaud dans l’atmosphère. Il n’est pas inédit en soi, mais bien plus puissant que constaté jusqu’ici.

Sur Twitter, le climatologue Christophe Cassou explique que ce phénomène pourrait aussi toucher la France.

Le bilan humain exact n’est pas encore établi, mais il s’élève au moins à plusieurs centaines de décès. Le mois de juin 2021 a été le plus chaud pour l’Amérique du Nord depuis le début des mesures, a annoncé le 7 juin le service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S). Il a dépassé de 1,2°C la moyenne de la période 1991-2020. C’est 0,15°C au-dessus du précédent mois de juin le plus chaud pour cette région, en 2012.

Le rôle de la sécheresse dans la canicule

Les chercheurs du WWA ont étudié, sur plusieurs décennies, les relevés de températures des zones affectées les plus densément peuplées. Ils ont ensuite comparé le climat actuel avec celui du passé grâce à des modélisations. Une série de facteurs ont rendu cet événement possible. Les scientifiques soulignent notamment le rôle de la sécheresse ayant sévi dans la région au printemps. Des sols secs conduisent à une moindre évaporation. Or cette évaporation aurait permis de limiter la chaleur.

La WWA établit deux scénarios possibles pour l’avenir. Le premier se veut plus rassurant. Il estime que, même si la crise climatique a amplifié et rendu beaucoup plus probable un tel événement, il reste très rare. La seconde hypothèse est au contraire plus inquiétante : la hausse générale des températures pourrait avoir fait franchir un seuil. Cela conduirait à un réchauffement exponentiel plus important que ce que l’on prévoyait jusqu’à présent. Un réchauffement que les modèles actuels échouent à prédire.

Les chercheurs appellent donc à la prise de mesures pour s’adapter à ces nouvelles conditions. Par exemple, la mise en place de systèmes d’alertes aux fortes chaleurs pour les populations. Ou encore la construction de bâtiments adaptés. Mais surtout, la WWA martèle qu’il faut réduire à tout prix les émissions de gaz à effet de serre.

Jérémy Hernando avec AFP

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