Hier, lors du sommet pour le climat organisé par les USA, les grandes puissances mondiales ont annoncé leurs plans pour lutter contre le réchauffement climatique. Que s’est-il dit lors de cette conférence ? USA, Chine, Russie, Brésil et Canada se disent prêts à agir pour le climat !

sommet climatique etats-unis
Au sommet climatique de Joe Biden, plusieurs pays réputés pour leurs fortes émissions ont renforcé leurs engagements. // PHOTO : Montage avec Shutterstock (Lev Radi, Frederic Legrand – COMEO, Naresh777 et Marcelo Chello)

40 leaders mondiaux  “donnent un coup d’accélérateur” aux ”efforts collectifs pour faire face à la crise climatique”, félicite António Guterres, le secrétaire général de l’ONU. Réunis ce jeudi 22 avril au sommet international de Joe Biden, chaque pays y a présenté ses objectifs pour lutter contre le changement climatique. 

En apparence, le changement climatique a finalement su leur parler. Ses effets pourraient faire perdre jusqu’à 18% du Produit intérieur brut mondial d’ici 2050 par rapport à une estimation sans changement climatique, a chiffré Swiss Re,  fournisseur d’assurance… aux autres assureurs. Les participants sont tous d’accord : lutter contre le changement climatique sera bénéfique pour la croissance mondiale. Ils plaident en faveur d’investissements verts massifs et d’une taxe carbone élevée.

Les USA de retour dans la lutte climatique

Les États-Unis ont ouvert le bal avec l’ambition de réduire de moitié leurs émissions par rapport à 2005, à l’horizon 2030. “L’heure est venue d’écouter la science”, a déclaré Joe Biden. Puis il a encouragé les dirigeants mondiaux à prendre des mesures strictes en faveur du climat. “Les coûts de notre inaction ne cessent d’augmenter”, a-t-il asséné. Puis il a souligné les opportunités d’emplois et les avantages économiques que pourraient apporter une transition énergétique. D’ici 2024, les États-Unis envisagent d’ailleurs de doubler leur contribution à l’aide internationale par rapport à 2010. Cette aide est destinée aux pays en développement. Elle les aidera à faire face au changement climatique.

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La Chine s’engage sur le charbon

La Chine est encore très dépendante du charbon pour produire son électricité. Selon Le Monde, le pays a produit 1,8 milliards de tonnes de charbon en 2020 et en a importé 174 millions. De son côté, la Chine s’est donc engagée à “diminuer progressivement” sa production de charbon entre 2026 et 2030. Et ce en “contrôlant strictement” cette industrie au cours des cinq prochaines années, rapporte Radio Canada

En termes d’émissions, la Chine dépasse de loin les autres pays avec ses 2777 millions de tonnes de carbone rejetées dans l’atmosphère en 2019, selon Global Carbon Project 2020. Xi Jinping, son président, a donc rappelé qu’il visait la neutralité carbone d’ici 2060. Il faut aussi souligner que  la Chine s’était engagée à coopérer avec les USA sur le climat. Malgré leurs nombreux différends politiques.

Poutine se dit prêt à agir 

Malgré un passé climato-sceptique, la Russie met un pied dans le débat. Hier, Moscou s’est engagé à passer “limiter considérablement les émissions” de la Russie d’ici à 2050. Sans toutefois donner de chiffres. Mercredi, Vladimir Poutine avait même déclaré que le volume d’émissions de la Russie toute entière devra passer en dessous de celui de l’Union Européenne lors des 30 prochaines années. Il avait alors parlé de réformer l’industrie et de promouvoir le recyclage. 

Le président russe a assuré que “c’est avec responsabilité que la Russie met en œuvre ses obligations internationales” et qu’elle travaille “énergiquement à la mise en place d’une législation moderne” pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre. Il a aussi rappelé que les émissions actuelles de gaz à effet de serre de la Russie sont deux fois moins importantes qu’en 1990. Principalement grâce au nucléaire.

Bolsonaro crée la surprise en pleine déforestation

Surprise générale. “J’ai décidé que la neutralité carbone au Brésil serait atteinte en 2050”, a annoncé Jair Bolsonaro lors de ce sommet. C’est-à-dire, dix ans plus tôt que l’objectif prévu. Suite à quoi, il s’est engagé à “éliminer la déforestation illégale au Brésil d’ici 2030”. Une annonce déroutante puisque la forêt amazonienne brésilienne n’a cessé de reculer depuis son arrivée au pouvoir. Mais cela n’a pas empêché le président Brésilien de demander la “contribution de pays, d’entreprises, d’entités et de personnes disposées à agir de façon immédiate, réelle et constructive à la solution de ces problèmes”. 

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Bolsonaro a même appuyé les crédits carbone. Un changement de ton qui fait grincer des dents. “Le Brésil est sorti de ce sommet comme il y est entré : discrédité. Bolsonaro a passé la moitié de son discours à demander de l’argent pour des avancées environnementales déjà acquises par le passé, mais que son gouvernement tente de détruire depuis deux ans“, a réagi sur Twitter Marcio Astrini, du collectif d’ONG Observatoire du climat. Les ONG avaient même prié Biden de ne pas croire les “mensonges” de Bolsonaro. 

Le Canada, autre grande puissance à s’engager

Le Canada, tout d’abord, a revu ses objectifs à la hausse. D’ici 2030, Justin Trudeau veut que le Canada diminue ses émissions de 40 à 45 %, par rapport à 2005. Au lieu des 30 % qu’il avait annoncés avant le sommet. Le chef du gouvernement s’est même engagé à inscrire ce nouvel objectif dans une loi en vue de la neutralité carbone en 2050. Le pays à la feuille d’érable possède d’ailleurs l’une des plus fortes taxes carbone. Ce que M. Trudeau a rappelé en soulignant que le Canada est le quatrième pays producteur de pétrole du monde.  

Je sais très bien que ce n’est pas facile“, a-t-il concédé. Mais pour lui, “l’ambition climatique et l’ambition économique vont de pair“. Une ambition qui “déçoit les environnementalistes” du pays. “Le Canada devient « un retardataire » en matière de protection du climat”, dénoncent-ils dans un article de Radio canada. “Le Canada est « capable » de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 60 % d’ici 2030, par rapport à leur niveau de 2005”, écrit même l’agence La Presse.

Fanny Bouchaud avec AFP

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