Une enquête et une vidéo dévoilées par Welfarm dénonce les terribles conditions qui règnent dans les fermes à sang islandaises. Dans ces lieux, les juments en gestation sont saignées pour exploiter leurs hormones.

fermes à sang
En Islande, des juments sont saignées pour leurs hormones. // PHOTO : Animal Welfare Foundation / Welfarm

En Islande, des juments en gestation sont saignées vivantes et dans de terribles conditions pour récolter leur sang. C’est ce que révèle la nouvelle enquête de l’association Welfarm, œuvrant pour le bien être animal. Elle met en lumière une vidéo tournée par l’ONG allemande Animal Welfare Foundation et par l’ONG suisse Tierschutzbund Zürich, qui dénonce les conditions dans lesquelles sont exploitées les juments.

Des conditions de vie terribles

Cette vidéo révèle l’ampleur de la maltraitance infligée à ces animaux. Dans ces élevages, des juments en gestation sont entassées, battues avec des bâtons et des fouets. Les juments sont parfois poursuivies et mordues par des chiens pour les faire entrer de force dans les enclos. Ces juments sont placées dans des boxes de contention, tout juste à leur taille, pour être saignées. Les enclos sont faits de planches de bois vétustes, où les juments peuvent se coincer les jambes.

Un anesthésiant local leur est appliqué et un cathéter est introduit dans la veine jugulaire. Selon l’enquête, 5 litres de sang de l’animal sont ainsi prélevés, soit 15% de leur volume total. Cette opération est répétée de façon hebdomadaire pendant deux à trois mois. La jument, paniquée, se débat généralement jusqu’à épuisement. Cette pratique est légale en Islande. L’île fait partie des trois seuls pays, avec l’Argentine et l’Uruguay, où ces fermes sont autorisées. Il en existe plus d’une centaine dans ce pays.

Un sang plein d’hormones pour l’élevage intensif

Si le sang des juments en gestation est ainsi prélevé, c’est pour l’hormone eCG qu’il contient. Une fois récolté, le sang est alors transformé en poudre. Cette dernière est ensuite envoyée dans plusieurs laboratoires de pays membres de l’Union Européenne, dont la France. Dans l’Hexagone, deux laboratoires pharmaceutiques vendent des produits formulés à base d’hormone eCG. C’est le notamment le cas d’Intervet, une filiale de MSD. Il s’agit de l’un des principaux distributeurs européens d’hormone eCG.

Cette hormone sert surtout dans les élevages intensifs de truies, brebis, vaches, ou chèvres. Les éleveurs de ces structures utilisent l’eCG pour ​​programmer et synchroniser la période d’ovulation des femelles. Le but est alors d’augmenter le taux de reproduction, et donc le nombre de naissances et la cadence de production de lait. Désormais, l’association Welfarm a lancé un appel pour faire interdire les importations et la production d’hormones eCG au sein de l’Union européenne.

Ouns Hamdi

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