Pour la première fois, GIEC et de l’IPBES publient un rapport conjoint sur les liens entre le changement climatique et la perte de biodiversité. Les crises climatiques et de la biodiversité doivent être pensées et traitées ensemble, en veillant à éviter de nuire à l’une en cherchant à protéger l’autre, soulignent des experts de l’ONU à quelques mois de deux importantes réunions internationales sur ces sujets.

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Les impacts du changement climatique et la perte de biodiversité sont de plus en plus alarmants. // PHOTO : Valmedia / Shutterstock

“Les impacts du changement climatique et la perte de biodiversité sont deux des principaux risques et défis posés aux sociétés humaines”, écrivent dans un rapport publié ce jeudi des représentants des groupes d’experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES) et le climat (Giec). Ces crises sont “liés de façon mécanique et par des retours d’expérience”.

Il s’agit du premier rapport commun produit par des experts (50 au total) des deux instances. Cette publication arrive alors que des Conférences internationales sur la biodiversité et le climat sont prévues respectivement en octobre et en novembre. Ces travaux, issus d’un séminaire en ligne tenu en décembre 2020, n’ont toutefois pas bénéficié du processus habituel d’évaluation et d’approbation et ne sont donc pas formellement endossés par le Giec et l’IPBES.

Quels risques pour le climat et la biodiversité ?

“Le changement climatique exacerbe les risques pour la biodiversité et les habitats naturels ou aménagés. Dans le même temps, les écosystèmes et leur biodiversité jouent un rôle clé dans les flux de gaz à effet de serre et dans les actions d’adaptation,” insistent les experts onusiens.

La préservation et la restauration des écosystèmes est donc “de la plus haute importance”. Ces “solutions basées sur la nature” peuvent jouer un rôle important dans l’atténuation ou l’adaptation au changement climatique. Mais le rapport met en garde contre une réflexion en silos, où une mesure peut finalement produire un effet induit néfaste.

Gare à la compensation en plantant des arbres !

Ainsi, la compensation carbone en plantant des arbres, très prisée des secteurs pollueurs, peut favoriser le remplacement de forêts d’espèces diverses par une monoculture plus fragile. “Les forêts de plantation peuvent être un vrai désastre et sont extrêmement vulnérables à la sécheresse ou aux parasites,” a ainsi souligné lors d’un point presse Camille Parmesan, de l’université britannique de Plymouth, une des experts du rapport. “Un tiers seulement des mesures de compensation de destruction de biodiversité démontrent qu’elles respectent le principe de zéro-perte nette,” insiste le rapport. De son côté, le développement de certaines énergies renouvelables peut entraîner l’exploitation de certains minerais rares avec des dommages environnementaux.

Seule la prise en compte des questions climatiques et de biodiversité comme “faisant partie d’une même problématique complexe, incluant également les aspirations des populations” permettra de s’y attaquer de manière efficace, souligne le rapport. “Un avenir durable pour l’humanité et la nature est possible mais nécessite des changements systémiques (…) rapides et d’envergure”, relève cependant Hans-Otto Portner du Giec, co-président du comité scientifique du rapport.

Natura Sciences avec AFP

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